Rentrée !

Cette fois, c’est la rentrée ! Avant celle de l’éducation nationale, des professeurs, de leurs élèves et étudiants, c’est celle des politiques, des médias, des débats. Ce rituel démocratique est sans doute formel – l’actualité ne chôme pas pendant les vacances, et celle de cet été, de Charlottesville à Caracas, en passant par les attaques terroristes à Barcelone, Bruxelles, Londres et Turku – a été dense et dramatique. Il est aussi important, car de la qualité d’une rentrée dépendent l’action et le climat politique, économique et social d’une année.

En France, cette rentrée s’effectue dans des conditions inattendues et compliquées. L’état de grâce est passé, les oppositions – pourtant loin d’être remises en selle – repartent à l’offensive, les commentateurs, hier plus que bienveillants, se font plus critiques voire dubitatifs. Les débuts du quinquennat se sont inscrits dans l’effet de souffle d’une élection renversante. Un univers politique avait  disparu , un « nouveau monde » émergeait, tout souriait au Président et à sa majorité. Il y avait là, sans doute, une part d’illusion. La politique n’est pas une magie, mais un combat et un art, qui a ses règles, ses rythmes, où rien n’est jamais définitivement gagné ou perdu. Il était absurde, en juin, de promettre au nouveau pouvoir un parcours sans faute ni anicroche. Eh bien, il est tout aussi absurde de lui prévoir aujourd’hui une descente aux enfers, sans espoir ni rédemption ! L’impatience est compréhensible, l’exigence est normale, mais la légitimité de l’exécutif et sa capacité à gouverner ne sont pas entamées. Continuer la lecture