Retrouvailles avec le pays de Montbéliard

« Etre l’ambassadeur de l’Europe dans son pays » : c’est la mission explicite que le Président Juncker a confiée à chaque Commissaire européen, en début de mandat.

Tant mieux. Je ne conçois pas de rester enfermé derrière mon bureau bruxellois. La place des responsables politiques – ce que sont les Commissaires – est sur le terrain, à écouter et dialoguer avec les citoyens, les entreprises et les élus locaux.

J’ai parlé d’Europe dans de nombreuses régions françaises, depuis que j’ai pris mes fonctions. En mettant l’accent sur celles qui étaient davantage menacées par la percée du Front national, que je n’ai jamais cessé de combattre durant toute ma vie politique.

Demain et après-demain, je retrouve un territoire que je connais mieux que les autres, celui avec lequel j’ai le plus d’attaches – et pour tout dire, celui qui est le plus cher à mon cœur: le pays de Montbéliard. J’y ai été élu vingt ans, y ai travaillé et vécu vingt ans. Je lui ai beaucoup donné, j’en ai beaucoup reçu. C’est là que j’ai grandi politiquement, que j’ai construit mes racines, que mes convictions ont été testées.
C’est là que j’ai vu la politique se confronter au réel, que j’ai écouté les citoyens – et parfois leur colère ou leurs inquiétudes -, que j’ai vu aussi les richesses et les ressources de nos territoires. Bref, c’est le pays de Montbéliard qui m’a donné le goût du terrain. On comprend dès lors que ces retrouvailles soient émouvantes pour moi.

Le pays de Montbéliard, terre ouvrière en mutation, a un rapport compliqué avec l’Europe et la mondialisation. Il a souvent douté – je me souviens d’une campagne difficile, en 2005, sur le Traité Constitutionnel Européen. Mais ses électeurs ne m’en ont jamais voulu de défendre des convictions européennes. Les habitants du Doubs apprécient ceux qui ne cachent pas leurs idées et se battent pour elles. En Franche-Comté, région frontalière, on sait aussi ce que nous apportent l’ouverture et les échanges avec les voisins.

Et puis, la mondialisation, a de nombreuses facettes. Celles contre lesquelles il faut lutter de toutes nos forces, quand elles accroissent les inégalités économiques et sociales et vident nos territoires de leur substance industrielle. Et celles qu’il faut encourager, quand elles permettent d’appuyer le redressement d’un fleuron économique national comme PSA.

Quel est le sens de ma visite cette semaine ? Simplement de continuer d’œuvrer à la réconciliation de ce territoire avec l’Europe, d’expliquer les réalisations européennes, de montrer comment l’Europe est un atout pour le développement économique local. Et il s’agit aussi de lutter contre les extrémismes, qui restent puissants dans ce territoire et le nourrissent de contre-vérités.

On me demandera peut-être pourquoi j’ai attendu trois ans pour ces retrouvailles. Faire adopter des textes importants, commencer à en voir les résultats sur le terrain, prend un peu de temps – c’est le propre de toute action politique. On n’arrive pas chez un ami cher les mains vides ; je ne me voyais pas revenir à Montbéliard sans un bilan robuste à mon actif et à celui de la Commission. Je pourrai expliquer que nous avons fait reculer l’austérité, combattu efficacement la fraude et l’évasion fiscale, sauvé la Grèce, et que nous agissons pour protéger les Européens.

C’est en tout cas avec beaucoup de joie et d’émotion que je retrouverai, demain, le territoire que je connais le mieux, et ses habitants dont je me sens si proche. Je retrouverai des amis qui m’ont manqué et qui, je le sais, ne m’ont pas oublié. Et je ne laisserai pas s’écouler 3 ans avant ma prochaine visite!

Une réflexion au sujet de « Retrouvailles avec le pays de Montbéliard »

  1. Il est très émouvant de retrouver des amis et des lieux chers au coeur après plusieurs années d’absence.

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