Les populismes ne désarment pas

La vague populiste ne reflue pas.

L’année 2017 avait en apparence bien commencé. Les populistes ont essuyé un revers aux Pays-Bas. Ils ont été distancés dans l’élection présidentielle autrichienne. En France, surtout, Marine le Pen a été lourdement défaite.

Mais les optimistes auraient tort de dresser leur certificat de décès. Le dernier cycle de consultations électorales en Europe est en effet un sévère rappel à l’ordre.Cette semaine, pour la première fois depuis la guerre, l’extrême-droite a fait son retour au parlement allemand, après s’être imposée comme 3ème force politique du pays.En Autriche, l’extrême-droite du FPÖ se place en position de gouverner en coalition avec une droite durcie par un futur Chancelier ambitieux.En République tchèque, une forme de populisme antisystème triomphe. Le futur probable Premier Ministre est un milliardaire qui fait l’objet d’une enquête pour corruption et fraude fiscale, et qui s’est singularisé par son hostilité à l’égard des réfugiés et de la solidarité européenne.

A chaque fois, on a observé un recul des forces politiques traditionnelles, et une forte fragmentation du paysage politique. Ainsi en Allemagne, les conservateurs et les sociaux-démocrates n’ont fait que 56% à eux deux – leur plus mauvais score historique. Ce recul des grandes coalitions, déjà observable dans les élections européennes de juin 2014, est visible aussi en Autriche.
Et la France, dans tout ça ? Elle n’est une exception qu’en apparence. Si Marine le Pen a perdu, elle a récolté plus de 10 millions de voix au second tour – trois millions de plus qu’au premier tour et deux fois plus que son père en 2002.

Bref, si les populismes ont perdu des batailles, ils n’ont pas perdu la guerre. Et c’est aux élections européennes de 2019 que l’on comptera les points!Derrière ces votes, je vois une double insécurité, matérielle et culturelle : la montée des populismes s’observe aussi dans des pays extrêmement prospères. Mais je vois aussi et surtout une immense demande de résultats.

A nous d’y répondre, en étant fermes sur nos valeurs et convaincants sur le terrain. Pour ma famille politique en particulier, le bilan de la lutte contre les inégalités sera décisif.

La leçon est claire en tout cas: ce n’est pas le moment de baisser la garde.

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