Pour un eurosocialisme convaincant

Dans tout juste 18 mois, 440 millions de citoyens voteront aux élections européennes. Et le week-end dernier, à Lisbonne, les partis socialistes des pays européens tenaient un important sommet pour se mettre en ordre de bataille. J’y ai participé.

Les dernières années n’ont pas été clémentes pour les sociaux-démocrates. Dans les pays où ils étaient au pouvoir, ils ont payé le prix de la crise au prix fort. En Allemagne, corsetés par l’accord de coalition, ils ont accepté l’ordolibéralisme économique et inspiré des politiques sociales sans en recueillir les fruits. Dans d’autres pays – dont la France – ils ont dû mener des réformes difficiles et assainir les finances publiques, en pleine tourmente économique et financière. Ce choix de la responsabilité fut aussi un choix douloureux – et au final sanctionné par leurs électeurs.

Résultat : la social-démocratie européenne a été un peu partout balayée électoralement. Et tout un courant de pensée se retrouve aujourd’hui quasi-orphelin : celui occupé par la gauche pro-européenne. Car il y a bien une gauche qui prospère : celle qui est radicale, méfiante à l’égard de l’Union, voire franchement nationaliste. Tout comme il y a des partis pro-européens, au centre ou à la droite de l’échiquier, qui gouvernent une majorité de nos Etats européens. Continuer la lecture

Paradis fiscaux : ne lâchons pas le morceau !

Les Ministres des finances de l’Union européenne ont adopté ce matin la première liste noire des paradis fiscaux.

Certains critiqueront cette liste, qui ne contient pratiquement aucune des juridictions mentionnées ces derniers mois dans les scandales révélés par les journalistes et les ONG. En effet, seul Panama y figure. Les îles Cayman, Jersey et Guernesey, Singapour ou d’autres juridictions régulièrement citées sont, elles, absentes.

Dès lors se pose la question de la crédibilité de cet exercice.

Je ne vais pas ici justifier les choix faits par les Ministres des finances ce matin. Ils ont pris leurs responsabilités: cette liste est la leur. Il leur revient de répondre de cette liste, devant les citoyens, la représentation européenne et la société civile.

Cette première liste est bien sûr insuffisante pour répondre au problème global des paradis fiscaux. 

Mais elle a le grand mérite d’exister. Et après deux ans de bataille personnelle, je ne vais pas médire sur le travail accompli. Il est substantiel. Cette liste est un pas en avant, elle peut servir de première marche vers un résultat plus ambitieux. Si des suspects évidents ne sont pas sur cette liste, c’est parce qu’ils ont formellement pris des engagements à modifier leur législation, dans un calendrier précis. Ces 47 pays sont sur une « liste grise » – sous surveillance – qui est tout aussi importante que la liste noire elle-même. Continuer la lecture