Spitzenkandidaten : pour un débat européen sans frontières

On me demande souvent d’expliquer l’Europe. Pour moi, c’est tout d’abord la fin des frontières entre nos peuples, nos universités, nos entreprises, nos cultures. Une communauté des valeurs et de destin, cimentée par le refus de la guerre, le combat contre le nationalisme, la quête de l’égalité sous toutes ses formes. Un espace où l’on circule librement, où l’on échange sans entraves des marchandises et des services, un forum commun où l’on discute des idées sur des enjeux d’intérêt partagé.

Qu’est-ce qui fragmente l’Europe aujourd’hui ? Pas ses frontières intérieures, largement disparues. Pas son passé, maintenant qu’elle a renoué avec sa vocation de continent unifié. Pas mêmes ses cultures, qui sont aujourd’hui des atouts majeurs pour nos jeunes qui étudient à l’étranger et apprennent les langues de leurs voisins.

Non : ce qui fragmente aujourd’hui l’Union européenne, c’est la politique! L’Union, c’est une seule zone économique et monétaire, un seul espace Schengen, mais 28 espaces politiques nationaux strictement étanches. Nous construisons l’Europe dans les faits, avec des actions concrètes. Mais paradoxalement, nous n’avons pas de débat européen, sur des enjeux européens. Il n’y a pas une discussion commune entre Bratislava et Berlin sur la défense européenne, entre Varsovie et Rome sur la crise des réfugiés ou entre Amsterdam et Athènes sur l’euro. Il y en a 28 – nationales et isolées, dans leur substance comme dans leur format. Et cela nous empêche de tirer le meilleur de notre projet européen. Continuer la lecture

En route pour la Grèce

En mai 2010, la Grèce devenait le premier pays de la zone euro « sous programme ». N’ayant plus les moyens de se financer sur les marchés, la Grèce obtenait des Etats membres de la zone euro une assistance financière massive – plus de 250 milliards d’euros depuis huit ans, avec les prêts du Fonds Monétaire International. Strictement conditionnés à la mise en œuvre de réformes économiques et budgétaires à l’ampleur sans précédent, trois programmes se sont succédés depuis lors pour réformer ce pays.

Huit ans plus tard, c’est la fin de cette époque qui se profile enfin. En août 2018, le troisième programme arrivera en effet à expiration, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour le pays.

Il s’agit d’un moment crucial pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro. Je suis à Athènes cette semaine pour appuyer les autorités grecques dans la préparation de ce tournant capital, et organiser au mieux avec elles les étapes qui nous séparent de cette échéance décisive. Continuer la lecture