En route pour la Grèce

En mai 2010, la Grèce devenait le premier pays de la zone euro « sous programme ». N’ayant plus les moyens de se financer sur les marchés, la Grèce obtenait des Etats membres de la zone euro une assistance financière massive – plus de 250 milliards d’euros depuis huit ans, avec les prêts du Fonds Monétaire International. Strictement conditionnés à la mise en œuvre de réformes économiques et budgétaires à l’ampleur sans précédent, trois programmes se sont succédés depuis lors pour réformer ce pays.

Huit ans plus tard, c’est la fin de cette époque qui se profile enfin. En août 2018, le troisième programme arrivera en effet à expiration, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour le pays.

Il s’agit d’un moment crucial pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro. Je suis à Athènes cette semaine pour appuyer les autorités grecques dans la préparation de ce tournant capital, et organiser au mieux avec elles les étapes qui nous séparent de cette échéance décisive.

Pour la zone euro, la conclusion du programme grec signifiera que la crise économique et financière est indiscutablement derrière nous. On le voit au G-20 ou à Davos : Growth is back in Europe ! La fin de l’assistance financière à la Grèce en sera l’ultime symbole.

Pour la Grèce, ce sera l’occasion, enfin, de redevenir un Etat-membre de la zone euro « normal », avec tous ses droits et tous ses devoirs, après des années de sacrifices souvent douloureux. Aucun Etat européen ne s’est réformé plus vite et plus profondément que la Grèce: privatisations, réforme des retraites, de la sécurité sociale, du marché du travail, de l’environnement des affaires, de l’administration, de la fonction publique, de la gouvernance, du secteur bancaire et financier, de la fiscalité, de l’éducation, redressement spectaculaire des finances publiques avec un déficit qui est passé de plus de 15% à 2009 à un surplus budgétaire en 2016… La liste est vertigineuse.

A Athènes, je viens d’abord dire que les perspectives de réussite sont là et bien là. Nous avons un horizon partagé : la Grèce doit être capable de se tenir seule debout sur ses jambes après le programme, et il faut définir ensemble le chemin qui nous y emmène. Il ne s’agit pas seulement de rétablir l’accès de la Grèce au financement de marché: le pays doit aussi renouer avec une reprise durable, riche en emplois et lui permettant de re-converger avec ses voisins de la zone euro.

Ce sera l’enjeu des prochains mois de discussions entre la Grèce, ses partenaires européens, la Commission, et les autres institutions dont la Banque Centrale européenne et le FMI. J’ai bon espoir qu’un accord soit trouvé à l’Eurogroupe du 21 juin.

Deux conditions sont nécessaires – ensemble – à cet effet. En premier lieu, la Grèce devra continuer, dans l’ère post-programme, à mettre en œuvre des politiques économiques et budgétaires saines ; les partenaires européens et les marchés auront besoin ici d’assurances raisonnables. En second lieu, les partenaires européens de la Grèce doivent tenir les engagements qu’ils ont pris concernant les mesures portant sur la dette.

Je souhaite voir demain une Grèce souveraine, prospère et européenne. C’est à portée de main, après le long et douloureux chapitre des années d’assistance financière. Préparer au mieux cet immense tournant : c’est le sens de la visite que j’entame aujourd’hui à Athènes.

Une réflexion au sujet de « En route pour la Grèce »

  1. Merci cher Monsieur d’avoir dépublier mon commentaire qui était cependant bien courtois, je pense souvent à ces électeurs de gauche du Doubs qui vous ont fait roi, ces anciens de Lip par exemple, sans lesquels, vous ne seriez rien, et qui doivent, à mon image, se battre la coulpe quotidiennement en vous voyant pérorer, à Bruxelles et ailleurs. Le débat démocratique visiblement ne fait plus partie de vos valeurs, cela n’étonnera personne….

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