Quel avenir pour la social-démocratie en Europe ? Mon discours à la Conférence Olivaint de Sciences Po Paris

Bonsoir à tous et merci pour cette invitation, que j’ai acceptée avec d’autant plus de plaisir que j’étais assis à votre place, il y a quelques dizaines d’années de cela et parce que j’apprécie la qualité des échanges menés ici, à la Conférence Olivaint. Cette atmosphère, mêlée d’enthousiasme et de débats, de projets et de questions, je la connais. Alors je voudrais vous souhaiter de belles années dans cette institution, où j’ai aimé étudier et pendant longtemps aussi enseigner.

Pour votre conférence de rentrée, j’ai souhaité m’attaquer à un sujet politique, transversal et plus personnel – car c’est de ma famille politique de toujours qu’il s’agit : l’avenir de la social-démocratie en Europe, à un moment difficile pour elle et crucial pour notre continent. En faisant ce détour, je vous parlerai bien sûr de l’Europe telle que je la vois, telle que je la pratique et telle que je la souhaite. J’arrive du Parlement européen, après deux jours importants. Le Parlement a accueilli Alexis Tsipras après la fin du programme d’assistance à la Grèce, et il a fait deux votes décisifs, sur les droits d’auteur et sur l’ouverture de la procédure de l’article 7 contre la Hongrie.

Où en est la social-démocratie à 9 mois des élections européennes?

Nombreux sont les observateurs qui la classent désormais entre le tigre des neiges et le rhinocéros blanc – parmi les espèces en voie de disparition. Difficile de leur donner complètement tort, quand on constate son recul historique depuis l’ « Europe rose » des années 1990 – celle de Tony Blair, Lionel Jospin – dont j’étais le jeune ministre des Affaires européennes -, Gerhard Schröder, Antonio Guterres ou Wim Kok – ou même depuis l’époque plus récente où la France, l’Italie ou encore la République tchèque étaient dirigés par des socio-démocrates. Continuer la lecture