L’Italie ou l’exigence du dialogue

La Commission européenne a adopté cette semaine deux décisions importantes sur la situation économique italienne, sur lesquelles je crois utile de revenir plus en détail ici.

Première décision : notre avis sur le projet de budget italien pour 2019. Cela peut surprendre ceux qui ne suivent pas l’actualité européenne de près, mais durant la crise économique, les Etats membres de la zone euro ont décidé de demander à la Commission de vérifier chaque année si les projets de budgets respectaient bien les règles budgétaires européennes. Et c’est au titre de cette obligation légale donnée par les Etats, que nous avons rendu notre avis sur les 19 projets de budgets nationaux de la zone euro.

S’agissant du projet de budget italien, nous avons dû confirmer l’existence d’une « non-conformité particulièrement sérieuse » aux règles du Pacte de stabilité et de croissance. 

Notre opinion est la conséquence logique et attendue de la décision des autorités italiennes de ne pas respecter les règles pour 2019, en laissant filer leur déficit public. Malgré notre premier avis du 23 octobre et mes échanges réguliers avec le Ministre des finances, M. Tria, notamment lors de ma visite à Rome, les trois questions que nous avions sur la croissance, le déficit et la dette sont restées n’ont pas trouvé de réponse convaincante. L’Italie a décidé de ne pas changer son budget, dès lors, nous ne pouvions changer notre analyse.

Nous continuons de penser que le projet de plan budgétaire présenté par l’Italie comporte des risques très sérieux pour l’économie italienne, pour ses banques, pour ses entreprises et pour ses contribuables et épargnants. Tout simplement car la hausse des déficits prévus par ce budget (2.4% du PIB au lieu de 0.8 promis en juillet dernier) ferait encore grossir la dette publique italienne.

Le niveau élevé de la dette italienne (131% de de la richesse nationale) reste notre préoccupation la plus forte. Or, la dette est un fardeau pèse déjà très lourd sur les épaules de tous les Italiens ! Plus de 1000 euros par an. Et le remboursement des intérêts de la dette par les contribuables italiens équivaut à lui seul au budget de l’éducation. Ne pas réduire une telle dette, c’est se priver d’investissements productifs pour l’avenir des Italiens.

Nous avons donc pris une seconde décision importante, en adoptant un rapport sur la dette italienne qui conclue – pour la première fois – que le critère de la dette n’est pas respecté par l’Italie et qu’une procédure de déficit excessif sur la dette est nécessaire.

Notre but n’est pas de sanctionner les autorités italiennes, ni d’intervenir dans les affaires internes de l’Italie. La Commission prend donc ses responsabilités et agit pour garantir la stabilité de l’économie italienne et celle de la zone euro. Nous agissons simplement dans le cadre du mandat donné par les Etats membres.

Ces décisions ne marquent pas le lancement d’une procédure de déficit excessif. Les Etats membres ont désormais 15 jours pour décider de confirmer ou non les conclusions de la Commission. Si les Etats membres confirmaient leur accord, la Commission devrait alors ouvrir une procédure de déficit excessif sur la base de la dette et préparer pour le Conseil, dans les prochaines semaines, une nouvelle recommandation budgétaire pour l’Italie afin de corriger son déficit et sa dette.

Peu importe le scénario, il est dans l’intérêt de tous de continuer à dialoguer et d’avancer vers des solutions communes. Je l’ai dit et je le redis : la place de l’Italie est au cœur de la zone euro et de l’Europe. Je n’imagine pas l’Italie sans l’Europe, ni l’Europe sans l’Italie. Elle est un membre fondateur de notre Union et s’est toujours imposée comme un moteur indispensable de l’intégration européenne. Je ferai tout en sorte pour qu’elle le reste encore pendant de longues années

Ma porte reste ouverte aux autorités italiennes et je suis convaincu que nous pourrons nous accorder sur des solutions partagées dans l’intérêt des Italiens et de la zone euro. C’est un chemin exigeant mais praticable ! Je veux y croire.

 

5 réflexions au sujet de « L’Italie ou l’exigence du dialogue »

  1. Anche io oggi ho preso 3 decisioni fondamentali:
    1. Le vostre decisioni non devono essere sulla situazione economica italiana, ma per la situazione economica italiana.
    2. Se quelli di prima avevano promesso uno 0.8 non è detto che quelli che ci sono adesso debbano rispettarlo. Basta stare sotto il 3.0. Se no quelli di adesso cosa li abbiamo votato a fare?
    3. Se le politiche di quelli che c erano prima hanno avuto come conseguenza un costante e continuo aumento del debito pubblico e non sono mai stati sanzionati, perché volete sanzionare quelli di adesso che non hanno neanche avuto la possibilità di provare ad invertire la tendenza?

    • 1. Infatti la Commissione è incaricata di verificare se i progetti di bilancio nazionali sono fatti per produrre un beneficio per i rispettivi Paesi
      2. Da sempre succede che vi è a consuntivo uno sforamento degli obiettivi indicati dalle manovre. Se si indica 2,4, si supererà abbondantemente il 3%, soprattutto con una crescita che, se ci sarà, sara molto modesta. I governi precedenti si tenevano molto lontani nelle previsioni dal 3%, e poi a consuntivo talvolta lo superavano. Questo governo vuole dimostrare ai suoi elettori di voler a tutti i costi mantenere le promesse, anche se fantasiose, e quindi spara cifre che NESSUNO su questa terra può condividere. Lei pensa che due vice premier senza studi ed esperienza ne sanno di più di tutti gli altri? Per finanziare le loro promesse, perché si guardano bene da tagliare spese improduttive? Perché non porta voti?
      3. Con lo stesso ragionamento si potrebbe affermare che non è detto che io, che non so pilotare aerei, non possa fare meglio di piloti che sono cascati……

  2. Quanto dichiarato dal Presidente Pierre Moscovici lo ritengo molto chiaro ed attendibile per quanto riguarda l’intero contenuto.Trattasi di un suggerimento da cogliere con fermezza da parte della politica Italiana ed attuare cio’ che Moscovici ,usando toni più che accettabili e direi amichevoli e sensati,dimostra che ci invia un messaggio allineato alle nostre esigenze.Cerchiamo di attuarlo con immediatezza senza polemizzare sul contenuto in quanto non sarebbe corretto farlo.

  3. Ce qui vaut pour l’Italie vaut naturellement pour d’autres Etats membres de la zone euro dont le déficit public comme la dette publique (notamment la France) sont du même ordre de grandeur que ceux qui justifient la réaction de la Commission à l’égard du projet de budget italien ! Amitiés ! Patrice

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