La droite européenne : une mutation dangereuse

A trois mois des élections européennes, les grandes familles politiques se mettent en ordre de bataille. A Bruxelles, à Strasbourg et dans tous les Etats membres, les partis s’organisent. Les Spitzenkandidats – les candidats à la Présidence de la Commission européenne – émergent, les têtes de liste des partis nationaux sont tour à tour désignées et les programmes se précisent.

Force est de le reconnaître : le Parti populaire européen (PPE), la droite européenne, fait aujourd’hui la course en tête, à la fois parce qu’il est le premier parti en Europe et parce qu’il se met plus vite en ordre de marche. Dès novembre 2018, l’Allemand Manfred Weber, Président du groupe PPE au Parlement européen, a été largement investi comme chef de file de la droite européenne et il est déjà parti en campagne.

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La Commission européenne est une institution politique et elle doit le rester

Le Parlement européen connaîtra bientôt les élections les plus importantes de son histoire. Fin mai, les citoyens européens voteront et décideront du destin de l’Union européenne, en déterminant le poids relatif des forces pro- et anti-européennes. Il s’agit là d’un moment démocratique décisif, qui fixera les priorités politiques pour notre continent au cours des années à venir.

Ces cinq dernières années, la Commission européenne – sous la présidence de Jean-Claude Juncker – s’est imposée comme une institution politique. Autant dire tout de suite, cette conception de la Commission n’a pas fait l’unanimité dans les capitales européennes, notamment à Berlin ou à Amsterdam. Pourtant, c’est un fait : les Commissaires européens sont collectivement responsables devant le Parlement européen, qui examine rigoureusement nos propositions, nos décisions et notre travail quotidien.  Ils sont aussi soutenus par une majorité politique. Bref, la Commission européenne est loin d’être l’administration technocratique obscure, sans aucun contrôle, ni discernement politique – c’est la caricature qu’en font certains, quand ses décisions ne leur conviennent pas.

Il est même de notre devoir de commissaires de tenir compte du contexte politique, car nombre de nos décisions ou de nos propositions ont un impact politique dans les Etats membres et sur l’opinion publique. Toutefois, cela ne signifie pas que nous exerçons notre mission de manière partisane ou partiale : nous restons les gardiens des traités de l’Union européenne et les défenseurs de ses règles.

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