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Pourquoi je souhaite une victoire du oui en Grèce !

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 03/07/2015 à 15:15

Pourquoi je souhaite une victoire du oui en Grèce !  

Beaucoup de citoyens, de responsables politiques ou de journalistes me parlent de la Grèce ces derniers jours.

Beaucoup de citoyens, de responsables politiques ou de journalistes me parlent de la Grèce ces derniers jours. Une impression domine : le gâchis – pour les Grecs, pour la zone euro, pour l’idéal européen. Je partage en partie ce constat d’occasions ratées et de rendez-vous manqués ces derniers mois.

En décembre 2014, je consacrais ma première visite comme Commissaire européen à la Grèce, pour témoigner la solidarité de la nouvelle Commission.

En décembre 2014, je consacrais ma première visite comme Commissaire européen à la Grèce, pour témoigner la solidarité de la nouvelle Commission. A l’époque, le pays avait une des plus fortes perspectives de croissance de la zone euro. Nous étions à deux doigts – et à quelques jours – d’un accord pour enfin conclure le programme d’assistance financière et tourner la page de la troïka. L’avenir semblait à nouveau ouvert au peuple grec, durement marqué par cinq années de récession économique et sociale. Les efforts de beaucoup et les sacrifices de certains portaient leurs fruits et le pays semblait pouvoir repartir sur des bases économiques plus saines.

Je ne vais pas refaire ici l’histoire de ce retournement dramatique des évènements en six mois. Les responsabilités sont multiples.

En six mois, ce scénario optimiste s’est totalement retourné. Le pays a perdu de son potentiel de croissance, pour entrer de nouveau en récession, et les ouvertures vers de nouvelles opportunités sont devenues des impasses économiques et sociales dont il faudra bien sortir. La Grèce semble isolée sur la scène européenne. Son appartenance à l’euro est mise en question comme au pires heures de la crise. Je ne vais pas refaire ici l’histoire de ce retournement dramatique des évènements en six mois. Les responsabilités sont multiples.

Je pense fermement, je veux sincèrement, je souhaite ardemment que la Grèce conserve toute sa place en Europe, et dans l’euro.

Mon esprit est aujourd’hui tourné vers l’avenir du peuple grecCar il y aura un lendemain au referendum grec pour le pays, et ce lendemain sera européen. Je le dis depuis plusieurs mois. Et je crois nécessaire de le redire simplement à quelques heures d’un vote important pour la nation grecque : je pense fermement, je veux sincèrement, je souhaite ardemment que la Grèce conserve toute sa place en Europe, et dans l’euro.

Voilà pourquoi je souhaite une victoire du oui dimanche soir.

Mais, je pense aujourd’hui avec une sincère tristesse au peuple grec, à mes amis grecs. Ils sont les victimes collatérales de jeux politiques – au sens le plus froid du terme – qu’ils n’ont pas choisis. C’est pourtant à eux que l’addition sera présentée. Six mois de retournements, de coups tacticiens, de poker menteur, d’entêtements idéologiques, de calculs à courte vue, et de logique jusque-boutiste avec en toile de fond des frictions dans la grande tectonique des plaques entre droite et gauche européennes: voilà ce qui s’est passé.

La Commission a joué son rôle de facilitateur, de bâtisseur de compromis.

La Commission a refusé de jouer ce jeu-là. Elle a joué son rôle de facilitateur, de bâtisseur de compromis. Elle l’a fait avec constance, jusqu’à la dernière minute, en lien constant avec les autres institutions- Fonds monétaire internationale et Banque centrale européenne – et sous mandat de l’Eurogroupe. Nos équipes s’y sont totalement investi, j’y ai consacré beaucoup de mon temps et de mon énergie aux côtés du Président.

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Réaction aux écoutes de la NSA

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 30/06/2015 à 15:55

Réaction aux écoutes de la NSA

J’ai pour les Etats-Unis une amitié ancienne, et solide. Je considère ce pays, avant tout, comme un partenaire et un allié.

J’ai pour les Etats-Unis une amitié ancienne, et solide. Je considère ce pays, avant tout, comme un partenaire et un allié.  J’ai la conviction que nous partageons avec lui une communauté de valeurs, des intérêts souvent convergents, et une vision commune de nombre de défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Tout comme j’ai la conviction que le monde est plus sûr avec une Amérique forte, et qu’elle a évidemment le droit d’assurer sa sécurité.

Certaines de mes conversations téléphoniques ont été écoutées par la NSA, à commencer par celles que j’ai eues sur mon téléphone portable privé.

Mon nom apparaît à plusieurs reprises dans des documents publiés par Wikileaks. Selon ces documents, certaines de mes conversations téléphoniques ont été écoutées par la NSA, à commencer par celles que j’ai eues sur mon téléphone portable privé. La période précise pendant laquelle ces écoutes ont eu lieu reste à définir. Je ne connais pas non plus leur objectif exact même si, sur la base des révélations de la presse française, le motif de l’espionnage économique semble avéré. Je ne suis pas en position aujourd’hui d’exclure que ces écoutes n’aient commencé que lorsque j’étais ministre de l’économie et des finances en France, qu’elles ne poursuivaient pas d’objectifs autres qu’économiques, ni même qu’elles aient cessé aujourd’hui.

Ces écoutes sont intolérables entre alliés et amis. Elles minent très profondément la confiance qui nous lie aux Etats-Unis, et qui doit prévaloir dans nos relations.

Ces écoutes sont intolérables entre alliés et amis. Elles minent très profondément la confiance qui nous lie aux Etats-Unis, et qui doit prévaloir dans nos relations. Je les condamne avec la plus grande fermeté, et je demande formellement des comptes au gouvernement américain sur les informations publiées. La réaction des autorités américaines doit être à la hauteur des pratiques révélées, et répondre sans ambiguïté et sans délai aux interrogations présentées ici. Il leur appartient de rétablir la confiance avec ceux qui, comme moi, les considèrent comme des amis, car cette amitié n’est pas aveugle, elle a besoin de reposer  sur des bases saines.

Le temps d’une explication exigeante est venu.

Je me refuse à faire des documents publiés par Wikileaks un prétexte pour interrompre le dialogue que nous avons avec les Etats-Unis, à tous les niveaux, à commencer par le niveau économique – comme certains y songent déjà, y compris au sein de ma famille politique. Mais le temps d’une explication exigeante est venu.


Matinale de RTL : mes réponses à Jean-Michel Aphatie sur la Grèce

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 29/06/2015 à 9:48

Ma conviction en tant que négociateur avec la Grèce pour la Commission européenne, c’est que nous sommes à quelques centimètres d’un accord. Le référendum grec sur les réformes à faire est un moment démocratique que nous devons respecter. Je souhaite très clairement que le pays, modernisé, reste dans la zone euro. La porte de la Commission est toujours ouverte pour continuer à discuter et trouver des compromis.

La Grèce est un pays membre de la zone euro. Elle doit le rester.

Voici les messages que j’ai délivré ce matin dans la matinale de RTL en répondant aux questions de Jean-Michel Aphatie :

Pierre Moscovici : Athènes étant à « quelques… par rtl-fr

 


Arrivée à la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 25/06/2015 à 14:02
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A mon arrivée à la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe sur la Grèce ce jour, j’ai indiqué venir présenter le projet d’accord des institutions : la Commission européenne souhaite que les prochaines heures nous permettent d’atteindre un accord complet. Nous poursuivons un même objectif afin que la Grèce reste dans la zone euro, et nos positions se rapprochent.

Un accord est possible, souhaitable, à portée de main, avec de la volonté politique.


Interview dans la matinale de France Inter par Léa Salamé

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 23/06/2015 à 8:49
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J’étais ce matin l’invité de Léa Salamé dans la matinale de France Inter.

Je me suis exprimé sur la Grèce, revenant sur les avancées dans les négociations hier et sur les enjeux essentiels de cette semaine pour un accord durable. Il ne faut pas d’austérité en Grèce : la finalité est plus de croissance, de justice sociale et d’emplois, avec des réformes structurelles et le respect des engagements pris. Toutes les parties prenantes font preuve de bonne volonté et une convergence se dessine.

Je suis convaincu que nous trouverons un accord cette semaine.


Pierre Moscovici : « Je suis convaincu que nous… par franceinter


Vidéo de mon arrivée à l’Eurogroupe sur la Grèce / Eurogroup arrival

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 22/06/2015 à 13:49
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Je vous invite à voir ci-dessous la courte intervention à mon arrivée à l’Eurogroupe sur la Grèce. J’y souligne l’importance des discussions d’aujourd’hui pour permettre de progresser afin de finaliser un accord.

Eurogroup meeting doorstep on Greece :


Interview dans la matinale d’Europe 1

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 22/06/2015 à 11:28
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Invité de la matinale d’Europe 1, j’ai répondu aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur la Grèce.

J’ai insisté sur l’urgence de la situation et sur l’importance de cette journée, décisive pour la Grèce, les Grecs et l’Europe toute entière. Les contre-propositions du gouvernement grec vont dans le bon sens. La volonté politique de tous est de préserver l’intégrité de la zone euro, avec une responsabilité partagée. Je crois à un accord.

Le sort de la Grèce se joue en bonne part aujourd’hui.


Moscovici : « Le sort de la Grèce et de l’Euro… par Europe1fr


Morne plaine

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 19/06/2015 à 8:03
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L’Europe commémorait hier le bicentenaire de la bataille de Waterloo, qui a eu lieu à moins de 25 kilomètres du siège de la Commission européenne.

L’Europe commémorait hier le bicentenaire de la bataille de Waterloo, qui a eu lieu à moins de 25 kilomètres du siège de la Commission européenne. Hasard du calendrier, l’Eurogroupe – la réunion des ministres des finances de la zone euro – s’est réuni également en ce 18 juin pour tenter de trouver une ultime issue aux négociations avec la Grèce. Les parallélismes historiques sont souvent artificiels, et je ne veux pas ici forcer le trait. Mais à mon poste de Commissaire, à la fois au carrefour et en surplomb des intérêts européens, le souvenir de cette bataille m’évoque quelques réflexions.

 Notre histoire européenne est faite de conflits: nous ne pouvons éternellement tenir le bilan comptable de nos aigreurs envers l’un ou l’autre de nos voisins.

Notre histoire européenne est faite de conflits: nous ne pouvons éternellement tenir le bilan comptable de nos aigreurs envers l’un ou l’autre de nos voisins. Tous sont des partenaires indispensables. On peut entretenir la mémoire sans nourrir la rancœur. Le gouvernement grec a commis des maladresses dans la négociation, qui ont braqué ses homologues et envenimé les débats. Il est contre-productif de raviver les tragédies collectives et de renvoyer l’Allemagne à son passé douloureux: elle a aussi été aux côtés de la Grèce, dont elle est aujourd’hui le principal créancier parmi les Etats-membres – c’est-à-dire l’Etat qui a le plus prêté à Athènes. Tournons-nous donc plutôt ensemble vers l’avenir.

 Waterloo, c’est un symbole sur lequel chacun projette des aspirations et intérêts qui peuvent profondément diverger.

Deuxième élément, frappant depuis le lieu de croisement des voies européennes où je me situe: Waterloo, c’est un symbole sur lequel chacun projette des aspirations et intérêts qui peuvent profondément diverger. Défaite pour les uns, qui cherchent néanmoins aussi parfois à y voir de l’héroïsme; coup d’arrêts aux ambitions impérialistes pour les autres, qui l’envisagent comme le juste fracas des rêves de gloire de l’Empereur face à une alliance des nations européennes coalisées contre un seul pays. Les deux côtés n’hésitent parfois pas, encore aujourd’hui, à instrumentaliser la renommée de cette bataille. La Belgique, prudente, a placé ces commémorations sous le thème « victoire, défaite, lieu de mémoire ». Au fond, nous sommes face à un jeu à somme nulle.

Je relève aussi qu’aujourd’hui encore la confrontation des intérêts européens reprend le dessus, là où tout l’enjeu est justement d’arriver à les dépasser. Car l’euro sans la Grèce, c’est la défaisance externe, l’euro sans règles, c’est la défaisance interne, et aucun de ces scénarios n’est acceptable.

Comme Commissaire européen, je souhaite que l’Etat grec honore les engagements, pris au nom de son pays.

Comme Commissaire européen, je souhaite que l’Etat grec honore les engagements, pris au nom de son pays. Aux Grecs aussi de s’aider eux-mêmes, face à des déséquilibres accumulés depuis des décennies et  à une sclérose profonde des structures économiques. Sortir de l’impasse exige que le pays soit sérieux, engagé et responsable dans sa volonté de réformes. Et oui, cela implique pour les dirigeants grecs de faire un choix entre des promesses qui ne peuvent être financées, et des engagements pris au nom de l’Etat vis-à-vis de ses partenaires européens.

 Mais il faut aussi éclairer l’horizon du peuple grec et lui assurer une prospérité, alors qu’il a consenti déjà beaucoup de sacrifices.

Mais il faut aussi éclairer l’horizon du peuple grec et lui assurer une prospérité, alors qu’il a consenti déjà beaucoup de sacrifices, notamment dans les classes moyennes et les plus démunis. Nous avons retenu de l’histoire que la confrontation des Etats a souvent des conséquences dramatiques. Les positions que la Commission défend visent donc sur le même pied à aider les Grecs, qui passent complètement à côté de la reprise, et à les arrimer à la zone euro, qui doit rester l’horizon de leur avenir.  La responsabilité de la Commission, dans ces négociations menées au plus haut niveau par le Président Juncker,  et dont j’ai la responsabilité au niveau ministériel, avec les autres institutions- FMI et BCE- ainsi qu’avec les Etats membres, est enfin de préserver nos constructions communes, à commencer par la monnaie unique, et au-delà donc l’intérêt de tous les européens.

Waterloo, enfin, a abouti au Congrès de Vienne, une tentative diplomatique pour faire revenir l’ordre sur le continent, pour dépasser le conflit par le compromis et la négociation. Deux cents ans plus tard – cette fois le conflit n’est pas armé – ce rôle est coordonné, dans les négociations avec le gouvernement grec, par la Commission, qui a travaillé inlassablement à créer les conditions pour une voie de sortie. Elle n’est pas un créancier de la Grèce. Notre rôle – sous mandat de l’Eurogroupe – est donc d’abord d’être un médiateur, un facilitateur, dans les échanges. Cela nous amène à faire entendre la voix de la raison, à identifier les marges de manœuvre, à proposer des compromis. En termes pratiques, nous œuvrons à rapprocher les positions des institutions entre elles, puis à rapprocher les positions des institutions et du gouvernement grec, en essayant de définir une voie médiane. Avec succès sur de nombreux points, mais avec encore du travail sur d’autres.

Nous œuvrons à rapprocher les positions des institutions entre elles, puis à rapprocher les positions des institutions et du gouvernement grec, en essayant de définir une voie médiane.

Le parallèle historique doit s’arrêter là. En langue anglaise, « Waterloo » renvoie à une défaite – un paradoxe puisque la bataille elle-même correspond en fait à une victoire britannique. La Grèce doit débourser 1,5 milliard d’euros à la fin du mois. Le plan d’aide prendra fin le 30 juin: la Grèce sera alors à court de liquidités et ne sera pas en mesure de payer ses fonctionnaires et ses retraités. Le 10 juillet, elle devra refinancer pour 2 milliards d’euros de bons du trésor. Viendra enfin le 20 juillet: la Grèce devra rembourser la BCE à hauteur de 3,5 milliards d’euros.

L’Eurogroupe du 18 juin a hélas été un échec, faute de propositions concrètes des autorités grecques. Nous sommes au pied du mur et la balle est dans leur camp. Il n’y a plus de temps à perdre si nous voulons éviter une issue catastrophique et préserver l’intégrité et l’irréversibilité de l’euro. C’est la volonté politique des Etats et des institutions, de part et d’autre, qui peut assurer une issue positive aux discussions, qui n’ont que trop traîné.

Je ne me résigne à pas à voir l’Europe connaître un nouveau Waterloo, et à devenir cette « morne plaine » dont parlait Victor Hugo.

Je ne me résigne à pas à voir l’Europe connaître un nouveau Waterloo, et à devenir cette « morne plaine » dont parlait Victor Hugo. Un accord permettant à la Grèce de se réformer tout en restant dans la zone euro est toujours possible, il est plus encore nécessaire. La Commission continuera dans les prochains jours à défendre inlassablement l’intérêt général européen et à se battre pour ce grand projet politique qu’est l’euro.