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Remarques introductives au German Marshall Fund for the United States

Catégorie : Actualité,Europe / International,Voyages et déplacements | Par pierre.moscovici | 16/04/2015 à 18:58

Je me suis exprimé ce matin à Washington lors d’une table ronde au German Marshall Fund for the United States sur le thème « Reprise en Europe : la marche à suivre ». J’y présente les dernières perspectives économiques au sein de l’Union européenne et en zone euro et la stratégie économique de la Commission centrée sur le triangle vertueux vers plus d’investissement, des réformes structurelles d’ampleur et une politique budgétaire favorable à la croissance.

Roundtable at the German Marshall Fund for the United States

Washington, DC, Thursday 16 April 2015, 8.45-10.00am

 

The recovery in Europe – the way forward

Introductory remarks

 

Thank you for the introduction. I am very happy to be with you here this morning at the GMF for my first public event on the occasion of my first IMF Spring Meetings as European Commissioner.

In fact, I am a seasoned participant in these meetings as the former finance minister of France. But now I am here not as a Frenchman, but as a European – much as I continue to love the country I know best, as we say at the European Commission.

I firmly believe in the value of our transatlantic relationship.

And let me also say that I am here as a convinced Atlanticist. I firmly believe in the value of our transatlantic relationship. More than ever in this turbulent and unstable world, we need to nurture this relationship in all its forms – political, strategic, cultural, and of course economic. So I am pleased also for this reason to be hosted today by an organisation that works so tirelessly to promote understanding between the two sides of “the Pond” and to advance the transatlantic policy debate.

 

Let me briefly outline to you the outlook for the European economy and in particular for the eurozone.

The good news is that the recovery has picked up in recent months and we expect that 2015 will be the first year since before the financial crisis in which every EU economy will enjoy positive growth.

The good news is that the recovery has picked up in recent months and we expect that 2015 will be the first year since before the financial crisis in which every EU economy will enjoy positive growth. Moreover, this growth will be mainly driven by domestic demand.

A spate of developments are supporting this improved outlook: the decline in oil prices; the depreciation of the euro against the dollar; the launch of the ECB’s quantitative easing programme; but also the Investment Plan for Europe which is on track to start delivering in the coming months.

Of course, we are all too aware that we have a long way to go before the recovery is sufficiently strong for us to be able to say the crisis is truly behind us in Europe. No one in the European Commission is complacent about this – far from it.

This is reflected in the fact that both President Juncker and I have called this “the Commission of the last chance”. The crisis has cast a long shadow over our societies. It has caused great hardship for millions of households across Europe, especially, of course, for those Europeans who have lost their jobs, and those of our young people who have perhaps never yet been able to find a job.

And the European Union – perhaps inevitably, in view of its increased prominence in economic policymaking and greater presence in people’s lives – has become the target of much of popular discontent. We are well aware of this, and when we talk about a last chance, this is what we mean. These are the people for whom we need to deliver.

Europe can face up to its challenges, and we are determined to ensure that it does.

But make no mistake, our mood is not one of desperation, but of determination. Europe can face up to its challenges, and we are determined to ensure that it does.

Our economic strategy is centred on delivering a “virtuous triangle” of increased investment, more far-reaching structural reforms, and responsible, growth-friendly fiscal policies.

To increase investment, we are working with our Member States to improve the investment environment – by creating a better business environment and a genuine Europe-wide capital markets union. We are putting in place a plan, centred on a new European Fund for Strategic Investments, to deliver up to 315 billion euros in new investment by 2017.

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Déplacement à Washington / Visit to Washington

Catégorie : Actualité,Europe / International,Voyages et déplacements | Par pierre.moscovici | 16/04/2015 à 12:51

Je suis aujourd’hui, demain et samedi à Washington pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale et pour les rencontres du G7 et G20 ministériel. Je prendrai part aux échanges variés – institutionnels, bilatéraux et publics – sur les perspectives de l’économie mondiale et sur la reprise en Europe, portant les priorités de la Commission européenne vers plus de croissance, d’investissement et d’emploi.

 

Voici le programme de mon déplacement :

Jeudi 16 avril :

8h45 : Table ronde publique au German Marshall Fund of the United States « Reprise en Europe : la marche à suivre ».

10h : Conférence organisée par la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement sur le financement climatique.

13h45 : Rencontre avec M. Haruhiko Kuroda, Gouverneur de la Banque centrale du Japon.

15h : Rencontre avec M. Jeffrey Zients, Assistant du Président pour la politique économique et directeur du Conseil économique national, Maison Blanche.

17h : Rencontre des ministres des Finances du G7 et des Gouverneurs de banques centrales.

18h30 : G20 Session 1 : Economie mondiale et cadre pour une croissance forte, durabel et équilibrée.

20h30 : Diner de travail du G20 ministériel.

 

Vendredi 17 avril :

8h30 : Session de travail conjointe G20/FMI sur la réforme du FMI.

10h15 : G20 Session 3 : Investissement et infrastructure.

11h15 : G20 Session 4 : Régulation financière.

11h45 : G20 Session 5 : Enjeux fiscaux internationaux.

16h30 : Exercice d’alerte précoce – FMI.

18h30 : Rencontre avec Christine Lagarde, Directrice générale du FMI.

 

Samedi 18 avril :

Matinée : rencontres de travail au FMI.

 

I am in Washington today, tomorrow and Saturday for the Spring Meetings of the IMF and the World Bank, and for the G7 and G20 Finance Ministers and Central Bank Governors Meetings. I will take part in various exchanges – institutional, bilateral, and public – on the outlook for the global economy and the recovery in Europe, expressing the priorities of the European Commission towards a new boost for growth, investment and jobs.

This is the programme of my visit:

Thursday, 16 April:

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Dialogue économique et Semestre européen : échange de vues avec la Commission ECON du Parlement européen

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International | Par pierre.moscovici | 14/04/2015 à 15:33

J’étais ce jour au Parlement européen dans le cadre du dialogue économique pour un échange de vues  avec la Commission des Affaires économiques et monétaires sur la surveillance budgétaire et le Semestre européen.

Cette rencontre est à revoir en vidéo :


Mon interview dans Commission en Direct sur la transparence fiscale

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 13/04/2015 à 18:52

Politique fiscale européenne, paquet de transparence fiscale et échange automatique d’informations sur les tax rulings, et étapes à venir : mon interview publiée dans Commission en Direct, le magazine institutionnel de la Commission européenne, à lire ci-dessous.

La crise financière a-t-elle fait évoluer la position souverainiste des Etats membres vis à vis de la politique fiscale européenne ?

Au-delà de la question de la planification agressive, nous devons rester collectivement vigilants et renforcer nos efforts pour lutter contre la concurrence fiscale déloyale et restaurer la confiance de nos citoyens.

Depuis 2008, les points de vue ont changé non seulement en Europe mais aussi au plan mondial. Les progrès réalisés depuis en ce qui concerne la coopération et l’échange d’information en matière fiscale démontrent qu’une nouvelle dynamique est en place, grâce à la pression de l’opinion publique.

Ce contexte doit permettre aux Etats membres de se mettre d’accord sur les mesures à prendre ensemble pour lutter contre l’évasion fiscale de masse et la planification fiscale agressive des entreprises. Ces mesures sont indispensables pour rétablir la justice fiscale et bâtir un marché intérieur plus équitable sur le plan social et plus efficace sur le plan économique.

Au-delà de la question de la planification agressive, nous devons rester collectivement vigilants et renforcer nos efforts pour lutter contre la concurrence fiscale déloyale et restaurer la confiance de nos citoyens.

 

 

Quelle stratégie la Commission doit-elle adopter face aux pratiques d’optimisation fiscale agressives des entreprises ?

Nous proposerons d’ici l’été un plan d’action ambitieux pour rendre la fiscalité des entreprises plus équitable.

La planification fiscale est généralement considérée comme une pratique légitime. Devenue au fil du temps plus sophistiquée et imaginative, et désormais mondiale, cette planification permet aux entreprises de réduire l’impôt dû, en respectant la lettre de la loi mais en allant à l’encontre de son esprit.

Les révélations récentes, ainsi que l’ouverture d’enquêtes par la Commission sur la conformité de certains rescrits fiscaux (ou tax rulings) avec les règles d’aide d’Etat, ont permis aux citoyens et au monde politique de prendre conscience de la nature et de l’envergure du problème que posent la concurrence fiscale dommageable et la planification fiscale agressive dans le marché intérieur.

C’est pourquoi nous proposerons d’ici l’été un plan d’action ambitieux pour rendre la fiscalité des entreprises plus équitable.

 

 

Que proposez-vous dans le projet de directive sur l’échange automatique des rescrits fiscaux ?

Notre proposition contient des exigences de transparence fortes et juridiquement contraignantes.

Aujourd’hui, le manque de transparence sur les rescrits fiscaux pose un problème important. Les Etats échangent très peu d’informations sur ces accords qu’ils passent avec des multinationales. Si bien que chacun ignore en grande partie ce que l’autre a promis à ces compagnies, qui savent, elles, très bien en profiter pour transférer leurs profits et minimiser l’impôt à payer.

Pour répondre à cette situation, notre proposition contient des exigences de transparence fortes et juridiquement contraignantes. Nous proposons en effet que, tous les trois mois, chaque Etat membre envoie à tous les autres des informations sur les rescrits fiscaux transfrontaliers qu’ils ont décidés. Cette obligation renforcera de façon très importante la capacité des Etats membres à protéger leur base fiscale.

 

 

La directive ne semble finalement concerner que les administrations…

Je suis personnellement favorable à des obligations de transparence les plus larges possibles, pour les administrations, mais aussi pour les entreprises.

L’objectif a toujours été d’améliorer la coopération et l’échange d’informations entre les administrations. Notre proposition est une étape essentielle pour améliorer la transparence fiscale, dans le domaine de la fiscalité des entreprises, qui, jusqu’à présent, était plutôt opaque. Une plus grande transparence va en outre amener un meilleur contrôle, décourageant les Etats d’accorder des rescrits fiscaux trop avantageux.

Je suis personnellement favorable à des obligations de transparence les plus larges possibles, pour les administrations, mais aussi pour les entreprises. Cela a été discuté en détail lors de la préparation de ce paquet. La conclusion, que je soutiens pleinement, est que nous avons besoin d’analyser plus en profondeur si d’autres mesures de transparence – telles que les exigences de divulgation publique pour les multinationales – pourraient être utiles. Nous allons donc lancer une étude d’impact pour répondre à cette question.

 

 

Pour quelles raisons souhaitez-vous proposer l’abrogation de la directive relative à la fiscalité de l’épargne ?

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Mon interview dans l’émission Carrefour de l’Europe sur RFI

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 12/04/2015 à 19:06
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Invité de l’émission « Carrefour de l’Europe » sur RFI, je me suis exprimé sur la révolution fiscale en Europe pour plus de transparence, sur l’équilibre entre croissance, réformes et réduction des déficits, sur la France, ou encore sur la reprise économique et le soutien massif à l’investissement encouragé par la Commission européenne. 

Je veux impulser une révolution fiscale en Europe vers plus de transparence.

Je vous invite à écouter ou réécouter cette interview ci-dessous :


CARREFOUR DE L’EUROPE – Pierre Moscovici par rfi


Pour une nouvelle fiscalité des entreprises en Europe

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 08/04/2015 à 12:52
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Pour une nouvelle fiscalité des entreprises en Europe

Un mouvement d’une ampleur sans précédent pour une fiscalité plus juste et plus transparente est en marche en Europe.

Un mouvement d’une ampleur sans précédent pour une fiscalité plus juste et plus transparente est en marche en Europe. C’était hier une exigence démocratique, face à des pratiques de planification fiscale agressive devenues inacceptables, alors que les citoyens, dans une période de crise, ont été lourdement mis à contribution pour participer au nécessaire désendettement public. C’est un combat politique et éthique auquel je prends toute ma part.

Un combat qui est le mien depuis longtemps, en militant de la transparence, luttant avec force depuis de nombreuses années contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale ou encore l’érosion des bases fiscales.

Commissaire aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et aux Douanes, le combat pour la transparence fiscale a occupé une partie importante de mon agenda ces dernières semaines : présentation du paquet de transparence fiscale le 18 mars, paraphe de l’accord d’échange automatique d’informations avec la Suisse le 19 mars, plénière devant le Parlement européen le 25 mars, ou encore échange de vues avec la commission spéciale TAXE le 30 mars. Une séquence de combat, où la Commission a impulsé une dynamique puissante pour une nouvelle fiscalité en Europe. Un combat nécessaire, tant l’attente des citoyens européens est forte pour plus de justice fiscale, et où l’indignation publique est devenue un moteur qui nous incite à moderniser, simplifier, et améliorer le cadre fiscal européen. Un combat qui est le mien depuis longtemps, en militant de la transparence, luttant avec force depuis de nombreuses années contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale ou encore l’érosion des bases fiscales.

Nous avons voulu, quatre mois après la prise de fonctions de la Commission Juncker, concrétiser la priorité donnée à la lutte contre la concurrence fiscale dommageable au sein de l’Union européenne.

La fiscalité des entreprises a été au cœur de ces récents développements. Nous avons voulu, quatre mois après la prise de fonctions de la Commission Juncker, marquer sans ambiguïté le début de notre mandat et concrétiser la priorité donnée à la lutte contre la concurrence fiscale dommageable au sein de l’Union européenne. Complémentaires à un nouvel élan impulsé au service de la croissance, de l’emploi, et de l’investissement, nos mesures pour plus de transparence ont été – je le crois – bien comprises et accueillies par nos partenaires européens et par nos concitoyens. Elles s’inscrivent dans la volonté partagée de dessiner un monde nouveau pour la fiscalité européenne.

Le paquet que j’ai présenté le 18 mars dernier apporte des réponses concrètes contre l’évasion fiscale des entreprises.

Le paquet que j’ai présenté le 18 mars dernier apporte des réponses concrètes contre l’évasion fiscale des entreprises. Nous ouvrons une nouvelle ère en matière de transparence, avec la proposition législative sur l’échange automatique d’informations sur les tax rulings – aussi appelés rescrits fiscaux, qui sont les décisions fiscales anticipatives communiquées par un pays aux entreprises qui en font la demande. La transparence sur ces dernières permettra de mieux lutter contre l’optimisation fiscale agressive qui engendre  jusqu’à présent une concurrence fiscale nuisible et globalement inefficace entre les pays de l’Union. Ces derniers devront désormais échanger automatiquement des informations sur les décisions fiscales en matière transfrontière qu’ils ont délivrées, et ce tous les trois mois. La balle est désormais dans le camp des Etats membres avec, je l’espère, une entrée en vigueur au 1er janvier 2016.

Et – je m’exprime ici à titre personnel – je souhaite que nous allions encore plus loin. Si nous voulons une imposition plus équitable en Europe, nous devons nous montrer ambitieux.

Oui, cette proposition est une avancée essentielle contre l’évasion fiscale des entreprises au sein de l’Union. Le paquet de transparence fiscale est complété par d’autres initiatives importantes, notamment la révision du code de conduite en matière de fiscalité des entreprises et l’abrogation de la directive sur la fiscalité de l’épargne. Et – je m’exprime ici à titre personnel – je souhaite que nous allions encore plus loin. Si nous voulons une imposition plus équitable en Europe, nous devons nous montrer ambitieux. Je suis convaincu que nous devons avancer, à terme, vers une transparence fiscale complète : pour les gouvernements, pour les entreprises et pour les conseillers fiscaux. C’est une idée que je défends, mais qui implique des décisions communes et qui ne doivent pas être prise à la légère. Elle devra faire la preuve de ses avantages, sans porter préjudice à la compétitivité de l’Union européenne ou de ses entreprises. Je suis aussi ouvert à la poursuite d’un dialogue franc avec le Parlement européen en matière de fiscalité et de tax rulings, notamment en collaborant aux travaux de la Commission spéciale TAXE sur ces questions comme je l’ai fait la semaine dernière.

Le paquet sur la transparence fiscale n’est que le début de mon travail pour réformer l’impôt sur les sociétés en Europe.

Le paquet sur la transparence fiscale n’est que le début de mon travail pour réformer l’impôt sur les sociétés en Europe. La Commission a pris toute la mesure de la responsabilité qui est la sienne, en faisant de la lutte contre les stratégies fiscales agressives des entreprises une de ses priorités pour 2015. Une première pierre a donc été posée le 18 mars dernier. J’entends poursuivre la construction d’un édifice fiscal harmonisé et durable, avec de nouvelles pierres ajoutées au fil des mois, notamment en matière d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les bénéfices des sociétés, de lutte contre l’érosion des bases fiscales et de transfert de bénéfices – en lien étroit avec les travaux menés par l’OCDE et le G20 –, de coopération fiscale avec les Etats voisins en Europe, de fiscalité indirecte, ou encore de taxe sur les transactions financières.

Je vous donne rendez-vous d’ici cet été avec un plan d’action et de nouvelles mesures visant à rendre la fiscalité des entreprises encore plus équitable et plus efficace au sein du marché unique.

C’est pourquoi je vous donne rendez-vous d’ici cet été avec un plan d’action et de nouvelles mesures visant à rendre la fiscalité des entreprises encore plus équitable et plus efficace au sein du marché unique. En matière d’équité, il est essentiel que les entreprises paient leur juste participation à l’impôt, en étant imposées à l’endroit où elles réalisent leurs bénéfices, et non pas là où elles transfèrent ces bénéfices. J’ajoute que ce mouvement de progrès fiscal rapide et concret visant les entreprises doit aussi s’étendre – et nous y veillerons – à la fiscalité des particuliers, amplifiant la vague de transparence qui déferle sur le continent. Parce que la justice fiscale n’attend pas, parce que les pratiques opaques et désuètes doivent désormais appartenir au passé, parce qu’il est plus que jamais temps de créer un véritable marché unique fiscal, je serai présent et mobilisé tout au long de mon mandat pour une fiscalité toujours plus équitable et harmonisée en Europe.


Mon interview dans le quotidien suisse L’Agefi

Catégorie : Actualité,Europe / International | Par pierre.moscovici | 02/04/2015 à 11:21
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J’ai accordé un long entretien au quotidien suisse L’Agefi sur la fiscalité et les relations entre l’Europe et la Suisse. J’y insiste sur l’importance de la vague de transparence en Europe et sur des relations de confiance avec notre partenaire suisse.

A lire ci-dessous, l’intégralité de cet entretien :

Les Etats membres devront faire des rapports tous les trois mois sur les conditions accordées aux entreprises. N’est-ce pas exagéré? Pourquoi pas simplement chaque année?

Il y a une exigence de transparence qui est forte. Il est vraiment nécessaire de pouvoir agir.

Je reviens d’une audition devant le Parlement européen sur la fiscalité. Il y a une exigence de transparence qui est forte. Il est vraiment nécessaire de pouvoir agir. Cette périodicité est une périodicité raisonnable. Il est par ailleurs indispensable que la Commission européenne soit bien au cœur du système d’échanges d’informations car c’est elle qui pourra déclencher des procédures d’infractions et donc des sanctions qui seront sans nul doute exigées par les citoyens et le Parlement européen. Il est très important que la Commission européenne puisse occuper ce rôle central. On ne joue pas et on ne plaisante pas avec la transparence. Des situations de planification fiscale agressive ont toujours lieu et elles s’appuient sur des réglementations opaques, bien souvent exagérément favorables, permettant à des entreprises de bénéficier d’optimisations fiscales excessives pouvant parfois s’apparenter à des évasions. Tout cela n’est évidemment pas supportable alors qu’au même moment nos concitoyens ont été appelés à contribuer fortement par leur effort fiscal à la réduction des déficits des Etats-membres.

 

Le système devra être opérationnel l’an prochain déjà. N’est-ce pas précipité?

Il faut aller vite, très vite. Il faut prendre conscience du degré d’urgence politique que revêt cette question et de la lassitude de nos concitoyens de voir cette dissymétrie entre les personnes physiques qui font leur devoir et certaines entreprises multinationales qui donnent l’impression parfois de vouloir y échapper. C’est fondamental que ce hiatus soit résorbé. Personne ne peut ignorer cette exigence politique. Ce serait une faute que de le faire. La Commission Juncker a donc voulu aller vite et a présenté sa proposition quatre mois après sa prise de fonction. Maintenant, il revient aux Etats membres de prendre leurs responsabilités et de faire en sorte que cette directive – qui est très attendue – soit adoptée par le Conseil et puisse entrer en vigueur début 2016.

 

L’échange automatique d’informations pour la fiscalité privée se met en place également. Le cumul et la rapidité ne vont-t-ils pas créer des problèmes qui vont décrédibiliser les réformes dans les différents Etats membres?

 Il y a une révolution de la transparence qui est en marche. C’est un souffle puissant, qui emporte sur son passage les pratiques d’optimisation inacceptables pour nos concitoyens.

Au contraire. Il y a une révolution de la transparence qui est en marche. C’est un souffle puissant, qui emporte sur son passage les pratiques d’optimisation inacceptables pour nos concitoyens. Et qui met aussi fin au secret bancaire. Il s’agit d’un mouvement aujourd’hui diffusé à l’échelle mondiale dans la lignée des propositions de l’OCDE dans son projet BEPS (Base erosion and profit shifting) – que j’ai soutenu quand j’étais ministre français de l’Economie et des Finances –, et dans la lignée des accords Fatca négociés par les Etats-Unis. C’est dans le sens d’une diffusion de l’échange automatique d’informations à l’échelle mondiale qu’il faut aller. Et je me réjouis que nous ayons paraphé avec la Suisse un accord sur la transparence fiscale le 19 mars. Cela marque une avancée majeure dans la lutte contre l’évasion fiscale et une brèche fondamentale dans le secret bancaire. Il en ira de même – car nous continuons à négocier ce type d’accords – avec le Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin ou encore Andorre. Il ne doit pas y avoir de halte ni de ralentissement dans cette marche vers la transparence. Il faut être conscient que ce n’est pas contradictoire avec l’intérêt des entreprises, que ce n’est pas contradictoire avec la politique des affaires et que c’est un mouvement mondial qui correspond à une attente citoyenne essentielle.

 

Comment justifier la rétroactivité sur dix ans? Quel est le but? Obtenir des réparations et compensations?

L’objectif est de connaître les pratiques existantes depuis leur origine il y a dix ans. Car il serait quand même facile de ne vouloir légiférer que pour le futur. Les informations répercutées par la presse et les enquêtes de la Commission européenne démontrent que tout cela porte sur des pratiques existantes et non sur de nouvelles pratiques pour le futur. Il n’est pas question qu’il y ait une forme d’amnistie pour ce type d’accords fiscaux. Ce ne serait pas compris et ce ne serait pas compréhensible non plus.

 

Il pourrait donc y avoir des sanctions pour les pratiques du passé?

Nous devons d’abord éclaircir le principe du mécanisme, et permettre l’application de l’échange automatique d’informations. Ce sera aux Etats membres eux-mêmes de décider des suites qu’ils donneront aux échanges d’information qu’ils déploieront entre eux.

 

L’OCDE met en place des normes sur la fiscalité des entreprises. Elles ne sont pas encore fixées. Ça n’aurait pas été plus logique que l’UE attende pour fixer les siennes?

Nous voulons aller tout à fait dans le sens des démarches de l’OCDE. Je redis mon soutien à la démarche BEPS qui avait été engagée par Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE. Simplement, nous voulons aller aussi plus vite et plus loin! L’OCDE veut insister, on le sait, sur l’échange spontané d’informations à l’égard de certaines pratiques préférentielles. Nous sommes favorables à la Commission européenne de sauter cette étape et d’adopter l’échange automatique d’informations. Si le secret bancaire est en train de mourir, c’est parce que les Etats-Unis ont lancé Fatca. Ce qui a créé ce tsunami de la transparence.

 

Vous pourriez alors vous contenter de vous aligner sur les recommandations de l’OCDE.

Je souhaite pour ma part que l’Union européenne soit leader en matière d’échange automatique d’informations sur les rulings. Je serai très fier si cela devait être le cas.

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Déplacement aujourd’hui à Lisbonne / Visit today to Lisbon

Catégorie : Actualité,Europe / International,Voyages et déplacements | Par pierre.moscovici | 31/03/2015 à 11:20

Déplacement à Lisbonne / Visit to Lisbon

 

Je suis aujourd’hui à Lisbonne, pour y rencontrer les autorités portugaises. Je m’exprimerai à cette occasion devant le Parlement national.

Voici le programme de ce déplacement :

12h15 : Rencontre avec Mme Maria Luis Albuquerque, Ministre des Finances.

13h15 : Rencontre avec M. António Costa, Maire de Lisbonne.

14h30 : Audition au Parlement portugais par la Commission des Finances et du Budget et par la Commission des Affaires européennes. Le direct : http://www.canal.parlamento.pt/artv.asx

17h00 : Rencontre avec M. Bruno Maçães, Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

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I am in Lisbon today. I will have a series of meetings with the Portuguese authorities and MPs.

This is the programme of my visit:

12:15: Meeting with Mrs. Maria Luis Albuquerque, Minister of Finance.

13:15: Meeting with Mr. António Costa, Mayor of Lisbon.

14:30: Hearing at the Portuguese Parliament – Finance and Budget Committee and European Affairs Committee. Live:http://www.canal.parlamento.pt/artv.asx

17:00: Meeting with Mr. Bruno Maçães, Secretary of State for European Affairs.