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Le Parti socialiste


N’enterrons pas trop vite la social-démocratie!

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 02/02/2017 à 13:16
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« La social-démocratie est morte. » Son faire-part de décès s’affiche à intervalle régulier dans les colonnes des journaux, quelque part entre les pages politiques et les nécrologies. Le cortège funèbre est déjà formé. En tête, ceux qui la pleurent et se souviennent de « l’Europe rose » des années 1990, où la troisième voie de Tony Blair, le nouveau centre de Gerhard Schroeder, l’Olivier de Romano Prodi cohabitaient avec la gauche plurielle de Lionel Jospin. Cette période fait figure d’âge d’or de la social-démocratie progressiste et européenne – la prospérité semblait acquise, le plein emploi à portée de main et la sortie de l’Histoire imminente. Puis il y a ceux qui se contenteront d’envoyer une couronne, en compagnons de route passés à autre chose. Viennent enfin ceux qui promettent déjà d’aller danser sur sa tombe – elle qui se serait rendue coupable de toutes les trahisons au nom de l’exercice du pouvoir.

C’est un fait, la social-démocratie recule là où le populisme prospère et la gauche alternative s’affirme comme nouvelle force d’opposition.

Attendons un instant avant de fermer le cercueil! C’est vrai, l’état de santé de la social-démocratie est préoccupant, au niveau mondial comme au niveau européen. Pensons au départ de Barack Obama qui nous laisse orphelins, à la défaite d’Hillary Clinton qui ouvre la voie à une expérience historique inquiétante, au retrait de François Hollande et à la démission de Matteo Renzi. Pensons aussi aux élections qui viennent et qui s’annoncent difficiles aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Italie. C’est un fait, la social-démocratie recule là où le populisme prospère et la gauche alternative s’affirme comme nouvelle force d’opposition. Avec la victoire , dimanche dernier lors de la primaire de la gauche, de Benoît Hamon, censé incarner une ligne plus « radicale », certains pensent qu’elle a rendu son dernier souffle en France.

En ce début d’année 2017, je suis convaincu que la social-démocratie a plus que jamais de l’avenir.

C’est une erreur! En ce début d’année 2017, je suis convaincu que la social-démocratie a plus que jamais de l’avenir. La social-démocratie a de l’avenir, parce que la tempête venue des Etats-Unis dépoussiérera ses valeurs. Sur le long terme, le modèle ultra-conservateur de Donald Trump montrera ses limites et révèlera ses impasses. Le repli sur soi, s’il se confirme, ne peut qu’affaiblir les Etats-Unis. Et ses politiques sociales qui serviront les plus riches, feront exploser les inégalités et fractureront davantage la société américaine.

Les réactions aux décrets anti-migrants, anti-musulmans et aux positions anti-avortement sont un puissant signal d’espoir: elles montrent l’enracinement des valeurs social-démocrates.

Les Européens doivent dès lors se rappeler qu’ils ont un modèle à défendre. Ce modèle repose sur deux piliers. Le premier, ce sont les économies ouvertes, qui sont au fondement de la prospérité européenne, qui ont enrichi et qui continueront d’enrichir nos nations – pas uniquement du point de vue économique. Le second, ce sont les sociétés ouvertes. Des sociétés de la mobilité sociale et physique, formées de classes moyennes – c’est-à-dire avec moins de très riches et beaucoup moins de pauvreté. Des sociétés de l’accueil, aussi. Les réactions aux décrets anti-migrants, anti-musulmans et aux positions anti-avortement, aux Etats-Unis mais aussi en Europe, sont un puissant signal d’espoir: elles montrent l’enracinement des valeurs social-démocrates d’égalité, de solidarité et de tolérance religieuse au cœur de nos sociétés et globalement.

Il y a urgence à sortir du discours lénifiant sur les bénéfices à long terme de la mondialisation.

La social-démocratie a de l’avenir, parce que les citoyens européens en ont tout simplement besoin. Exposés à la mondialisation, ils expriment un fort besoin de protection. Cela concerne bien sûr la sécurité et la défense, dans un monde plus menaçant qu’hier. Mais cela concerne avant tout l’économie. Or le logiciel ordo-libéral, qui domine au sein des 28, ne sait pas y répondre complètement – les difficultés que traverse aujourd’hui l’Europe en sont une preuve évidente. Un exemple concret de ce besoin: sur la question commerciale, il y a urgence à sortir du discours lénifiant sur les bénéfices à long terme de la mondialisation. Comme dit Keynes, « à long terme, nous sommes tous morts »: il ne suffit plus d’expliquer au père qui perd son emploi que chacun de ses enfants en aura un. L’impact de la mondialisation est globalement positif, mais pas de façon univoque. Elle crée des gagnants, mais aussi des perdants. Ce qu’elle détruit maintenant, il faut que l’Europe le remplace aujourd’hui, en créant un « bouclier social » qui protège effectivement ceux qui se sentent laissés pour compte. Sans cela, nous laisserons la voie libre à toutes les impostures protectionnistes, nous condamnerons le libre-échange et avec lui la prospérité de nos économies et la richesse de nos sociétés fondées sur la circulation des personnes, des biens, des marchandises, des capitaux et des savoirs.

Trop souvent, la social-démocrate s’est contentée de corriger, de réparer, de gouverner sérieusement – et elle y a réussi. Trop souvent, elle s’est affadie à l’épreuve du pouvoir et des circonstances.

La social-démocratie a de l’avenir, parce que la gauche française a en besoin. Je suis convaincu que c’est son point d’équilibre – que ceux qui la représentent soient ou non majoritaires. Non, la victoire de Benoît Hamon ne signe pas l’arrêt de mort de la social-démocratie, et je suis sûr qu’il en est conscient. La ligne du candidat à la primaire devra se rapprocher bon gré mal gré de ce point d’équilibre, maintenant qu’il est candidat de la famille socialiste toute entière et qu’il doit œuvrer à son rassemblement, en reconnaissant ce que son action au pouvoir a apporté. Mais cette victoire nous indique aussi ce qui manque parfois à la social-démocratie: une capacité à proposer une transformation de société et un horizon émancipateur pour tous, une alternative à la « société de marché », dont parlait Lionel Jospin pour l’écarter, lorsqu’il disait « oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». Trop souvent, la social-démocrate s’est contentée de corriger, de réparer, de gouverner sérieusement – et elle y a réussi. Trop souvent, elle s’est affadie à l’épreuve du pouvoir et des circonstances.

Social-démocratie et Europe sont indissociables

Or pour être forte, la social-démocratie ne peut pas être une « variété molle » du centre, moins encore de la droite. Elle doit certes revendiquer son attachement aux économies ouvertes, mais aussi s’engager dans une lutte acharnée contre les inégalités et les déterminismes sociaux. Elle doit être à l’avant-garde du combat européen, sans jamais céder à un euroscepticisme aussi facile que délétère et à un Commission-bashing de circonstance. Je n’ai pas la naïveté de penser que socialisme et Europe sont synonymes – depuis 2005 au moins, c’est une ligne de fracture dans cette famille politique. Mais social-démocratie et Europe sont indissociables. Et je ne peux me résoudre à ce que le Parti socialiste soit muet ou inaudible sur l’Europe pendant les cinq années à venir. C’est pourquoi les socio-démocrates pro-européens doivent continuer de peser.

La social-démocratie a enfin de l’avenir parce qu’elle n’est pas soluble dans le « ni droite, ni gauche » que porte Emmanuel Macron. Son discours engagé et construit sur l’Europe est bien sûr un point de convergence très important. Mais, à défaut de programme, il ne porte pour l’instant qu’une parole libérale, certes optimiste et de bonne volonté, mais assez floue. Ce n’est pas là, je le crains, seulement une faiblesse passagère, mais la conséquence directe du grand syncrétisme qu’il propose. Si celui-ci répond à une attente de l’opinion, lassée des partis politiques traditionnels, il ne peut, à défaut d’une clarification souhaitable, que déboucher sur une promesse ambivalente, vouée à décevoir ou, pour le coup, à être trahie.

Je ne me résignerai pas – et je sais que de nombreux socialistes pro-européens non plus – au dilemme de la gauche sans l’Europe ou de l’Europe sans la gauche.

En ce début d’année, le contexte géopolitique et la reconfiguration du paysage politique donnent aux socio-démocrates l’occasion de repasser à l’offensive, en France et ailleurs. Leurs messages et leurs valeurs sont plus que jamais d’actualité. Pour moi, le Parti socialiste reste en France le lieu par excellence de cette reconquête, justement parce que c’est un parti politique. Un parti avec une histoire, un héritage et une capacité à penser – à produire une hégémonie culturelle, pour le dire avec les mots de Gramsci. Un parti né dans une famille européenne, qui ne peut exister sans lui et sans laquelle il perd sa force et sa pertinence. Mais pour incarner l’avenir, il doit impérativement se refonder, politiquement et intellectuellement, en retrouvant l’équilibre entre la transformation sociale et la crédibilité, sans oublier son indispensable ancrage européen.

Cette reconquête des esprits doit commencer maintenant. Elle doit inspirer les combats électoraux de l’année 2017. Et elle devra se prolonger au-delà, car le prochain grand rendez-vous après la présidentielle et les législatives sera justement les élections européennes de 2019. Je ne me résignerai pas – et je sais que de nombreux socialistes pro-européens non plus – au dilemme de la gauche sans l’Europe ou de l’Europe sans la gauche.


Mon candidat, c’est la gauche européenne

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 02/01/2017 à 10:51
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La campagne de la primaire de la Belle Alliance Populaire a officiellement commencé. Membre du parti socialiste, électeur de gauche, attaché à une social-démocratie réformiste, je souhaite que celle-ci demeure une force de gouvernement crédible, ambitieuse et réaliste. Mais, si j’ai des affinités, des sympathies, des amitiés, j’ai clairement dit que je ne prendrai pas publiquement parti pour tel ou tel candidat avant le premier tour de la primaire.

Pourquoi me suis-je fixé cette ligne de conduite ?

Parce que je suis commissaire européen et que ce n’est pas mon rôle de me replonger ainsi dans la vie interne d’une formation politique, fût-elle la mienne. Pour moi, et je l’avais dit, il y avait une candidature logique, qui ne pouvait d’ailleurs s’inscrire dans le cadre d’une primaire, celle du Président de la République. Après son renoncement, l’exercice change de nature, aucune légitimité ne s’impose, une nouvelle offre politique doit émerger de la primaire. De plus, la confrontation ne fait que commencer. Il faut attendre les programmes des différents candidats pour choisir, et pour chacun d’eux le combat présidentiel est inédit.

En revanche, je suivrai attentivement les débats et je les suivrai plus attentivement encore quand il s’agira d’Europe.

Je souhaite que cette campagne soit un moment de clarification pour un parti qui, depuis 2005, pense des choses pour le moins contradictoires sur l’Europe et agit donc sans vraie boussole, sans cohérence suffisamment affirmée. Au fond, dans cette primaire, mon candidat c’est la gauche européenne – et ce sera celui qui parviendra le mieux à l’incarner.A quelles conditions cette clarification, qui a tant manqué aux socialistes, aura-t-elle lieu ? Si le débat sur l’Europe est franc, sans faux-semblant, sans fausse politesse et sans bruit inutile.

Or, dans les débats récents de la gauche, je distingue deux tendances préoccupantes pour qui espère l’affirmation d’un engagement européen rénové.

La première est à l’euroscepticisme dur et bruyant, teinté de protectionnisme, qu’on connaît bien. La seconde tendance est une vraie nouveauté : il s’agit d’un euroscepticisme poli et soft, qui ne dit pas vraiment son nom.

Les eurosceptiques bruyants se reconnaissent au fait qu’ils promettent en général de « renégocier les traités ».

C’est par exemple l’ingrédient de base de la recette Montebourg. Lesquels ? Pourquoi ? Et surtout comment ? Rien de plus simple : il suffit de faire claquer les portes, d’ « établir un rapport de force avec l’Allemagne », de taper du poing sur la table ou d’aller casser de la vaisselle à Bruxelles. Le résultat est couru d’avance : beaucoup de bruit pour rien – ou plutôt pour moins que rien. Car notre amitié avec Berlin exige des propositions fortes mais proscrit les affrontements stériles : cette méthode-là n’a jamais rien donné et, dans les temps troublés que nous traversons, je la crois dangereuse. Car l’idée d’une relance solitaire, hostile aux règles partagées, n’a aucun défenseur dans l’Union. Cette vieille illusion a fait son temps. Ce n’est pas comme cela que la France obtiendra quoi que ce soit de ses 27 partenaires européens.

Dans la famille socialiste, il y a désormais aussi les eurosceptiques soft.

A quoi les reconnaît-on ? Ils se disent très européens et proclament haut et fort leur engagement indéfectible. Puis ils commencent par dire que l’Europe va trop loin, qu’elle se mêle de tout, qu’elle met son nez là où elle ne devrait pas. Ils soulignent que l’Europe ne peut s’opposer à la souveraineté des nations – ce qui est l’évidence même – avant de demander – et c’est là que s’opère le glissement sémantique et politique – qu’il faut leur en redonner. Le risque est qu’ils finissent par parler d’ « Europe des nations » tout court. Ces propos ne font pas grand bruit. On les entend d’une oreille, ils sonnent plutôt bien, mais ils s’enracinent inconsciemment dans les esprits.

Il faut les prendre au sérieux car, sous la politesse, peut se cacher un vrai contre-projet pour l’Europe.

Suivons ce raisonnement. Grand un, l’Europe fonctionne mal – qui peut le nier ? Grand deux, si elle fonctionne mal, c’est qu’il y a un problème – jusque-là, nous sommes d’accord. Grand trois, faut-il plus, moins ou mieux d’Europe ? Ils répondent « moins d’Europe », là où je réponds pour ma part « mieux d’Europe ». Quelle différence ? Ne serait-ce finalement qu’une affaire de nuances, solubles dans le grand pot de peinture du rassemblement ? Je ne crois pas.

Moins d’Europe, cela veut d’abord dire en finir une fois pour toute avec le projet d’une fédération d’Etats européens.

Mon parcours au cœur de la politique européenne a fait de moi un fédéraliste de cœur et de valeurs. Je pense que si l’on prive l’Europe de cet horizon, de cet idéal de dépassement de l’Etat-nation, tout devient plus difficile. Mais je ne suis pas un « européiste » béat, je connais les attentes et les réticences des opinions publiques, les divergences d’approche entre les États, je suis donc un fédéraliste réaliste. Je sais que le grand saut n’est pas pour demain, ni même pour après-demain, et que nous sommes en train de bâtir une fédération d’États-nations, pour reprendre l’expression de Jacques Delors. Le problème n’est donc pas là. Il est ailleurs, on l’a vu avec le Brexit : quand on refuse l’idée d’une « union toujours plus étroite », alors on écarte tout partage de souveraineté, on ferme la porte à toute avancée vers une Europe plus intégrée. Disons-le : on ouvre la voie du délitement.

Moins d’Europe, cela signifie surtout plus d’Etat.

Concrètement, cela aboutirait au renforcement des institutions qui représentent les intérêts individuels des Etats membres – le Conseil des ministres de l’Union européenne et le Conseil européen – et à l’affaiblissement du Parlement et de la Commission, qui portent l’intérêt général européen et traduisent l’existence d’un peuple européen. L’Europe deviendrait ainsi une sorte d’ONU, ou pire de Sociétés des Nations, c’est-à-dire une enceinte où les intérêts des nations s’opposeraient frontalement, jusqu’à ce que les uns cèdent face aux autres – les petits face aux gros, les faibles face aux forts.

Ce serait une Europe du choc des puissances.

Quelles en seraient les conséquences ? La perte pure et simple d’un dessein proprement européen. Le choc des nations nous a conduit sur le bord du précipice avec la Grèce, il a étouffé dans l’œuf la seule proposition viable pour gérer dignement la crise des migrants – la répartition en fonction des capacités d’accueil des pays –, il limite l’harmonisation fiscale qui allégerait la pression sur les ménages, il ralentit la construction de l’Europe sociale, il empêche une relance plus vigoureuse de la croissance… Une Europe qui a perdu de vue l’intérêt général européen que défend la Commission, c’est une Europe du chacun pour soi, composées de nations qui seraient les premières perdantes. Quelles seraient les conséquences du choc des puissances, en termes de gouvernance ? Bien vite, il apparaîtrait nécessaire d’atténuer ce choc, car aucun petit pays d’Europe n’a signé pour cela. On introduirait alors plus de veto et plus de minorités de blocage, on créerait des sous-groupes de pays, l’équivalent du Conseil de sécurité.

Et bien vite, plus rien, la paralysie. On ne parviendrait au compromis qu’au pied du mur, dans la crise ou dans la douleur.

Toutes les décisions seraient soumises au principe du plus petit dénominateur commun. Or aujourd’hui, alors que les populismes montent, alors que les défis et les menaces auxquels nous sommes confrontés – la stagnation économique, la crise des réfugiés, le terrorisme qui frappe partout et ignore les frontières, le Brexit, le réchauffement climatique… – ne peuvent pas trouver de réponse sans l’Europe, susciter la paralysie collective, c’est tout simplement signer son arrêt de mort, à court ou à moyen terme. Et c’est accepter l’affaiblissement de chacune de ses nations, de chacun de ses peuples.

On remplacerait ainsi le système actuel, certes imparfait et parfois critiquable, par une paralysie systémique.

Au lieu de soigner un système souffrant, on organiserait un suicide collectif. La « convention refondatrice » proposée en toute connaissance de cause et avec une indéniable cohérence – que je ne partage pas – par Hubert Védrine, qui assume la proposition d’une pause de la construction européenne, semble séduire certains. Elle serait à mes yeux le contraire de ce qu’elle prétend être. Il s’agirait d’une convention déconstructrice de l’Union, annonciatrice de l’édification d’une Europe privée de son ciment communautaire.

Que faire pour éviter cela ? Il faut d’abord prendre l’Europe telle qu’elle est.

Avec ses traités, ses forces et ses insuffisances, ses rapports de forces aussi. Pas comme on la rêve ou on la fantasme. C’est ce que refusent de faire les eurosceptiques bruyants et c’est pourtant la seule façon d’être efficace. Il faut ensuite plus d’Europe ou mieux d’Europe là où c’est nécessaire. Moins d’Europe seulement quand cela s’impose, pour faire avancer plus vite les sujets qui préoccupent les citoyens européens. Ces priorités sont selon moi au nombre de trois : une Europe plus protectrice, une Europe plus démocratique et une Europe plus efficace sur le plan économique. Cela passe par le renforcement de son cœur, la zone euro, qui doit se doter d’une capacité budgétaire tournée vers l’investissement et d’une gouvernance plus efficace et plus démocratique.

Se battre pour imposer ces priorités dans un agenda européen intégrateur, c’est ce que refusent les eurosceptiques soft qui, par facilité ou paresse intellectuelle, se résignent au moins d’Europe.

C’est pourtant la seule façon de la réorienter, sans la vouer au délitement. Bref, il faut tout à la fois des idées claires, du réalisme, de l’ambition et une implication sans faille dans la bataille européenne. Je souhaite que ce soit la voie empruntée par ma famille politique, donc qu’elle soit tracée dans le cadre de la primaire. Et je voudrais que ce soit celle que suivra le prochain Président de la République. Je suis naturellement disponible dans le cadre de mes fonctions pour parler de l’Europe avec tous les candidats, de toutes les formations politiques – à l’exception du Front National, auquel je ne peux que me confronter.

À vous tous, je souhaite une heureuse et fructueuse année 2017.


Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 27/12/2012 à 12:27

Gouverner (2/3) : l’exercice du pouvoir

Depuis 7 mois maintenant, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est à la tâche et met en œuvre les orientations définies par le Président de la République François Hollande.

Je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il n’est pas question ici de me livrer à l’exercice du bilan – ce serait prématuré, artificiel et fastidieux. Et je n’ai pas l’intention de succomber à la tentation facile du commentaire sur le fonctionnement de l’équipe gouvernementale, ses supposés couacs, ses prétendues contradictions : je crois en la loyauté, la solidarité, la cohésion dans notre travail. Mais je veux vous livrer quelques enseignements personnels tirés de cette période extraordinairement dense et intense.

Il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement.

Gouverner un pays en crise, tout d’abord, exige du courage. Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir à n’importe quelle époque ou dans n’importe quelle situation. Nous devons faire face à une crise internationale qui dure depuis 2008, qui frappe inégalement les différentes économies du monde, mais qui n’a épargné personne. L’Europe, et notamment la zone euro, s’est enlisée dans une phase de croissance plate, de stagnation. Elle est même menacée par une déflation que nourrit une tendance à l’austérité généralisée. De surcroît, à notre arrivée, la zone euro apparaissait menacée dans son existence même, atteinte qu’elle était par des déséquilibres globaux et nationaux, frappant par exemple la Grèce, l’Espagne, Chypre, et dépourvue de régulations solides. La France, enfin, a vu sa situation se dégrader fortement, et est confrontée à trois déficits. Déficit de croissance et d’emploi tout d’abord, avec un taux de chômage supérieur à 10 %, qui ne cesse de croître depuis maintenant 18 mois. Déficit de crédibilité, avec le haut niveau des déficits – qui auraient été supérieurs à 5 % en 2012 si nous n’avions pas agi – et l’accumulation de dette publique – 1 700 milliards d’euros, soit 91 % du PIB. Déficit de compétitivité, enfin, traduit par une balance commerciale négative de 70 milliards d’euros, là où l’Allemagne dégage un excédent de 160 milliards d’euros. Les inégalités de surcroît s’étaient fortement creusées. Bref, il revient à la gauche de mener une véritable politique de redressement. Dès lors, il fallait définir une stratégie ambitieuse et cohérente, conduite dans la durée.

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Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/12/2012 à 12:09

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

La fin d’année approche, et c’est toujours un moment privilégié pour retrouver les siens, reprendre des forces, former des résolutions pour les temps qui viennent, se retourner aussi sur l’année écoulée pour en tirer des leçons. 2012 aura été pour le pays, pour la gauche, pour les hommes et les femmes désormais en charge du gouvernement de la France, un cru particulier. Au moment où cette année s’achève, je veux partager quelques analyses avec vous, en distinguant, comme le faisait jadis mon cher Léon Blum, la conquête du pouvoir et son exercice.

François Hollande était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Je reviens, tout d’abord, sur le temps qui a précédé le 6 mai, jour de l’élection présidentielle. Ce fut celui de la campagne, de cette bataille rude, tendue, que nous avons conduite avec la conviction qu’après tant d’années dans l’opposition, après tant de défaites dans la confrontation suprême, nous avions le devoir de tout faire, de donner le meilleur de nous-mêmes pour que les Français fassent confiance, après François Mitterrand, à un deuxième Président socialiste. Cette élection n’était pas gagnée d’avance. Certes, le sortant était affaibli par un bilan pauvre et par le rejet d’une politique erratique et souvent brutale. Pour autant, la France n’est pas structurellement à gauche – le premier tour l’a montré – et Nicolas Sarkozy, malgré sa lassitude et ses hésitations, voire les contradictions de son camp, n’était pas un adversaire facile. J’ai vécu cette campagne au premier rang, puisque je l’ai dirigée aux côtés de François Hollande. Elle fut, je crois pouvoir le dire, exemplaire – avec une équipe légère et cohérente, alimentée par un vivier d’experts nombreux et compétents, un rassemblement de tout le Parti socialiste derrière son candidat, une réactivité constante, une organisation et une mobilisation réussie. Le mérite en revient d’abord au candidat lui-même – combattant pugnace, orateur talentueux, travailleur inlassable et concentré – qu’une vie politique entière avait préparé à cette rencontre avec les Français. L’esprit de courtisanerie ne m’a jamais caractérisé, je garde ma liberté de pensée, mais je répète ce que j’ai déjà dit à l’époque : François Hollande, que je connais depuis 30 ans maintenant, m’a impressionné tout au long de ces mois, il était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

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Mon discours lors du Congrès du Parti socialiste à Toulouse

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 28/10/2012 à 13:10
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Retrouvez la vidéo de mon discours lors du Congrès du Parti socialiste à Toulouse, ce samedi 27 octobre.

Une intervention sur le rassemblement, sur l’Europe, sur notre volonté commune de redresser l’économie de notre pays, sur la compétitivité, sur le pouvoir d’achat, et sur l’action du Gouvernement en faveur de ces enjeux.


« Pierre Moscovici dans le vif du sujet » [Le Bien Public]

Catégorie : Actualité,Europe / International,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 21/09/2012 à 19:55

Pierre Moscovici

cc Parti socialiste

Entretien au Bien public : Pierre Moscovici dans le vif du sujet

INTERVIEW – Rôle des parlementaires socialistes, traité européen, impôts, soutien au PME-PMI, Pierre Moscovici défend son action.

De passage à Dijon dans le cadre des Journées parlementaires du Parti socialiste, Pierre Moscovici, ministre des Finances, était hier dans les locaux du Bien public.

Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ces journées parlementaires ?

« La mobilisation autour d’une politique cohérente et juste. Nous avons été élus le 6 mai 2012 pour François Hollande et le 17 juin pour la nouvelle majorité parlementaire et présidentielle. Il n’y avait pas de parlement jusqu’au 17 juin. Au mois de juillet, nous avons tenu une session forcément brève, concentrée, pour beaucoup axée sur la loi de finances rectificative du collectif budgétaire. Maintenant, nous entrons dans ce qui est le plus important de l’action parlementaire dans l’agenda gouvernemental. […] »

Le traité européen fait débat. Certains veulent apporter un “non de soutien” ?

L’Europe a adopté un paquet de croissance.

« Je ne crois absolument pas à la thèse d’un non de soutien. Quand on soutient le Président et le gouvernement sur un sujet comme celui-là, la logique est de voter le texte. Nous ne soumettons pas ce projet au parlement à la légère. Nous ne proposons pas une ratification à la légère. Si nous le faisons, c’est parce que nous sommes persuadés que la réorientation de la construction européenne a commencé et que l’élection de François Hollande y est pour beaucoup. Ministre des Finances, je passe beaucoup de temps dans les instances européennes. J’étais la semaine dernière à Athènes, à Londres. Ce que je vois c’est que le climat change. L’Europe a adopté un paquet de croissance. […] »

On ne peut pas imaginer un référendum ?

« Non, l’option qui a été choisie, claire et tranchée, est de faire confiance au parlement qui a toute légitimité pour le faire. Il ne faut pas faire de l’Europe, sans arrêt, le bouc émissaire ou l’objet de débats passionnels. Il s’agit d’un traité qui ne remet pas en cause la souveraineté, c’est la raison pour laquelle il n’y aura pas de référendum. […] »

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Discours de Pierre Moscovici aux Journées parlementaires du Parti socialiste à Dijon

Catégorie : Actualité,Assemblée nationale,Le Parti socialiste,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 21/09/2012 à 12:38

Pierre Moscovici a prononcé hier un discours lors des Journées parlementaires du Parti socialiste des 19 et 20 septembre à Dijon, organisées par les groupes socialistes de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen.


Pierre Moscovici invité de l’émission « Les 4 vérités » sur France 2

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 15/06/2012 à 0:28

Pierre Moscovici était hier l’invité de l’émission « Les 4 vérités », à 7h50 sur France 2.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la vidéo (émission du 14/06).