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Politique


Interview dans Le Point aujourd’hui

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 26/05/2016 à 10:19

A lire ci-dessous, un extrait de mon interview parue aujourd’hui dans Le Point sur l’Europe, le libéralisme, les enjeux européens en France, ou encore la vision de la France en Europe. J’y insiste sur la nécessité pour les pro-européens de faire entendre leur voix, et de faire comprendre aux Français que l’Europe est une chance.

 

À entendre les eurosceptiques  Britanniques, l’Europe est socialiste. Pour les eurosceptiques français, elle est ultralibérale… Où est la vérité ?

On doit travailler ensemble en Europe pour en tirer tous des avantages : l’efficacité économique et la justice sociale.

Il y a un malentendu originel. L’Europe ne peut pas être « française », « allemande » ou « britannique ». Elle ne peut pas être de « droite » ou de « gauche « , « socialiste» ou « libérale ». Je dirai que c’est une sorte de copropriété, dans laquelle chacun doit veiller à défendre ses intérêts, mais aussi à ce que le voisin ne soit pas frustré. On doit travailler ensemble pour en tirer tous des avantages: l’efficacité économique et la justice sociale. Le problème, c’est que beaucoup en France voudrait une Europe à « notre » image avec notre « modèle » et que nous ne nous sommes pas assez rendu compte que nous vivions dans un modèle original.

La France semble le pays d’Europe le plus rétif au libéralisme…

Nous adorons l’État. Mais nous adorons aussi le critiquer. Cela fait partie de l’histoire française. C’est la même chose pour le modèle social. C’est en France qu’il est le moins remis en cause. Pour le meilleur – sa solidarité, sa solidité, sa justice sociale. Mais aussi pour le moins bon –son efficacité déclinante et nos prélèvements obligatoires qui sont les plus élevés du continent. En fait, les Français rêvent d’une Union européenne qui serait la France en grand. Le problème, c’est que ce n’est pas possible. Et que notre modèle est loin d’être parfait, qu’il a besoin d’être changé et réformé.

Est-ce la faute des hommes politiques qui n’ont pas assez expliqué aux Français le chemin qu’ils faisaient prendre au pays depuis un demi-siècle ?

Les pro-européens français ont leur responsabilité : ils ont l’Europe timide, voire honteuse.

La France est le grand pays qui a le moins bien compris qu’il pouvait démultiplier son influence grâce à son appartenance à l’Union européenne. Les Français ne voient pas toujours que la France est essentielle dans cette Union. Parce qu’on ne leur a pas assez dit et expliqué. Les politiques qui passent leur temps à dire : « c’est la faute de Bruxelles ! » commettent une faute. Et les pro-européens français ont leur responsabilité : ils ont l’Europe timide, voire honteuse. Comme si ils avaient abdiqué et n’osaient plus défendre leurs convictions…

Qui sont ces politiques ?

On ne joue pas comme ça avec l’Europe pour gagner des voix. Il faut arrêter de tirer sur le pianiste de Bruxelles.

Pour ne prendre qu’un exemple, je ne comprends pas qu’un homme de la nouvelle génération comme Bruno Lemaire, qui connait aussi bien l’Europe, propose un référendum sur des modifications essentielles – et unilatérales – des Traités. L’Europe est constitutive de notre identité. On ne joue pas comme ça avec l’Europe pour gagner des voix. Il faut arrêter de tirer sur le pianiste de Bruxelles. Il faut arrêter de faire croire aux électeurs que l’Europe est une entité extérieure, qui se construit sans ou contre les peuples. C’est faux! Mais ne nous y trompons pas, cette tentation est très répandue, à droite comme à gauche. Oui, y a un clivage politique sur l’Europe, et les pro-Européens ont un devoir : combattre plus énergiquement pour leur idéal, et pour cela expliquer la réalité, dire la vérité sur l’Europe et sur l’euro, qui sont une force dans la mondialisation. Attention, cependant, à ne pas effacer le clivage droite/gauche. Il est nécessaire. Il est même premier. Et avoir une  classe politique qui ne serait divisée qu’entre pro et anti européens serait tout simplement suicidaire.

[…]

L’intégralité de cette interview est à lire dans Le Point de ce jeudi 26 mai.


Face au populisme, réagir : leçons de la présidentielle autrichienne

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 24/05/2016 à 16:13

Face au populisme, réagir : leçons de la présidentielle autrichienne

 

Cette fois l’extrême-droite s’est arrêtée aux portes du pouvoir.

L’Europe a échappé hier à une terrible blessure. Alexander Van der Bellen, le candidat soutenu par les Verts à l’élection présidentielle autrichienne, l’a finalement emporté face à son adversaire d’extrême droite Norbert Hofer. L’élection aura été accrochée jusqu’au bout, avec 24h d’incertitude sur un résultat ultraserré, finalement renversé par le vote des électeurs par correspondance. Vienne avait déjà connu son « coup de tonnerre » en 2000, avec l’entrée dans la coalition gouvernementale du FPÖ de Jörg Haider, qui siège avec le Front National au Parlement européen.  C’était une forme de préfiguration du 21 avril 2002 sous d’autres latitudes. Cette fois l’extrême-droite s’est arrêtée aux portes du pouvoir.

Il s’en est fallu d’un cheveu.

 Si l’extrême-droite l’avait emporté hier, l’air européen serait devenu encore un peu moins respirable.

Ce résultat est un soulagement, bien sûr. Une autre victoire, une autre conquête de l’extrême droite, après toutes celles déjà engrangées en Europe ces dernières années, aurait encore un peu plus menacé notre continent. Déjà, les atteintes aux droits fondamentaux et aux principes de l’État de droit se multiplient. Partout, les  idées xénophobes et nationalistes progressent. L’Europe se renferme. La pensée politique rétrécit et se rabougrit. Si l’extrême-droite l’avait emporté hier, l’air européen serait devenu encore un peu moins respirable.

Il y a bien un puissant refus citoyen des idées nauséabondes de l’extrême droite européenne.

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Européens, assumons toutes nos racines ! Tribune dans Le Figaro

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 11/05/2016 à 20:05

Je vous invite à lire ci-dessous ma tribune parue ce matin dans Le Figaro et disponible sur http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2016/05/11/31003-20160511ARTFIG00284-je-ne-crois-pas-aux-racines-chretiennes-de-l-europe-ce-que-j-ai-voulu-dire.php

 

Européens, assumons toutes nos racines !

Lors de l’émission BFM Politique dimanche soir, j’ai salué l’élection de Sadiq Khan, nouveau jeune maire de Londres. La presse a relevé qu’il s’agissait du « premier maire musulman » d’une capitale européenne. C’est dans ce contexte que j’ai redit ma conviction que l’Europe « est une communauté de valeurs, un grand dessein et un grand destin culturel. Et que l’Europe n’est pas chrétienne même s’il est vrai que sur notre continent il y a une majorité de la population de religion ou de culture chrétiennes. Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe – ou alors on peut parler de racines, mais je crois que l’Europe est unie et diverse. »

J’ai le plus grand respect pour les religions et leur apport spirituel. J’ai en horreur tout révisionnisme historique.

Ces propos, caricaturés et amputés – on voit que je n’ai pas nié ces « racines » –  ont suscité de vives réactions, notamment sur les médias sociaux, où ils ont engendré de nombreuses remarques, souvent haineuses et antisémites, ou dans la presse d’extrême droite. Ils ont aussi provoqué des réponses plus argumentées, comme celle de mon ami Renaud Girard dans vos colonnes. Je veux donc m’en expliquer et lui dire que, non, je ne suis pas un « technocrate de la société de consommation, pour qui l’homme est un être exclusivement économique ». J’ai au contraire le plus grand respect pour les religions et leur apport spirituel. J’ai en horreur tout révisionnisme historique. Et je n’ai voulu blesser aucune conscience. Je  souhaite plutôt poser quelques points de repères essentiels pour moi, que mon bref propos de dimanche ne pouvait résumer.

Le débat sur les « racines chrétiennes de l’Europe » n’est pas nouveau.

Le débat sur les « racines chrétiennes de l’Europe » n’est pas nouveau. Ceux qui – comme moi – suivent les questions européennes depuis longtemps se souviendront des controverses qui eurent lieu lors de la Convention, chargée de rédiger le projet de Constitution européenne en 2003. Représentant des autorités françaises dans cette Convention, j’ai encore en tête les longues batailles  qui s’y jouèrent sur les points d’ancrage historique de l’Union. Fallait-il parler d’héritage chrétien, en s’inspirant des quatre constitutions d’Etats européens qui y faisaient alors explicitement référence ? D’héritage religieux ? Proposer au contraire, comme le suggéraient certains, d’y ajouter « le judaïsme, l’antiquité gréco-romaine, la chrétienté, l’humanisme de la Renaissance, le siècle des Lumières, la pensée progressiste du XIXème siècle, le socialisme » ? Comment prendre en compte les convictions de ceux qui n’ont pas de croyance ?  Et comment réconcilier tout ceci avec la laïcité à la française ? Au final, le texte évoquait le «patrimoine spirituel et moral» de l’Union, une formulation plus générale, mais aussi plus complète, plus inclusive. Car l’enjeu fondamental est là. Comment y répondre?

L’Europe d’aujourd’hui n’est pas un monolithe. Elle est riche de sa diversité religieuse.

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Mon interview dans l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 03/05/2016 à 20:19
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J’étais aujourd’hui à 18h30 l’invité de l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat, en collaboration avec l’AFP et Dailymotion.

Je me suis exprimé pendant 50 minutes sur les crises et les solutions en Europe – montée des populismes, appel d’Obama pour une Europe forte, crise des réfugiés, risque de Brexit, Grèce,  transparence fiscale… -, sur la situation économique et budgétaire en France et en Europe, et sur la vie politique française ainsi que l’avenir de la gauche.

Je vous invite à (re)voir cette interview :


Preuves par 3 (03/05/2016) par publicsenat


Mes impressions sur le livre « Conversations avec Jacques Delors » de Cécile Amar

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/04/2016 à 10:35
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Quel plaisir de retrouver, intacte, toujours aussi forte et claire, la voix de cet homme de 90 ans aujourd’hui, qui, depuis si longtemps, inspire les Européens!

J’ai livré à L’Express mes impressions sur le livre  « Conversations avec Jacques Delors » de Cécile Amar. Lisez l’interview sur le site de l’hebdomadaire.

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Pousser l’agenda de l’Europe auprès de nos partenaires internationaux

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 14/04/2016 à 17:33
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Pousser l’agenda de l’Europe auprès de nos partenaires internationaux

Je viens d’arriver à Washington, afin de représenter l’Union européenne aux réunions annuelles du FMI et aux rencontres avec les membres du G20.

Après une semaine consacrée au scandale des Panama Papers et à la réponse européenne face à l’évasion fiscale, je viens d’arriver à Washington, afin de représenter l’Union européenne aux réunions annuelles du FMI et aux rencontres avec les membres du G20.

Cette traversée de l’Atlantique sera l’occasion d’intensifier la lutte contre les paradis fiscaux.

De toute évidence, cette traversée de l’Atlantique sera l’occasion d’intensifier la lutte contre les paradis fiscaux. Avec le projet de directive que j’ai présenté mardi au Parlement européen, avec mon collègue Jonathan Hill, le Commissaire en charge de la Stabilité Financière et des Services Financiers, l’Europe est à l’avant-garde de ce combat. Mais nous ne pouvons seulement incarner l’exemple. Nous devons aussi nous assurer que nos partenaires internationaux traduisent leurs engagements en actes et dépassent, à l’instar de l’Union, la simple transposition des standards agréés dans les fora internationaux comme l’OCDE. Voilà qui démontre une nouvelle fois toute la nécessité d’une Union plus forte dans une Europe unie.

Nous devrons nous coordonner face au ralentissement de l’économie mondiale.

L’évasion fiscale ne sera toutefois pas notre seul sujet de discussion : nous devrons nous coordonner face au ralentissement de l’économie mondiale. Le dynamisme de l’économie mondiale inquiète, en raison des effets de la chute des cours pétroliers sur certains pays, et des difficultés de la Chine, dont le modèle de croissance est en pleine transition. Les réunions avec les ministres des Finances du G20 seront dès lors de la plus haute importance, puisqu’il s’agira de s’interroger à la fois sur les moteurs de la croissance mondiale et sur les moyens de raviver l’investissement, qui reste encore trop à la peine.

Toutefois, en dépit de la reprise économique qui s’annonce, beaucoup reste aussi à faire sur notre continent.

La réunion annuelle du FMI sera l’occasion d’avancer sur le dossier grec.

La réunion annuelle du FMI sera ainsi l’occasion d’avancer sur le dossier grec. Je reste à cet égard confiant dans notre capacité à trouver un accord rapidement, avec la pleine coopération de tous les acteurs. Les réformes effectuées par la Grèce sont en effet plus que significatives, tant sur le plan des retraites que sur celui de l’impôt sur le revenu : elles devraient dès lors inciter toutes les parties à encourager ces efforts.

Les perspectives économiques mondiales signifient que nous devrons davantage compter sur nous-mêmes en 2016.

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Débat au Parlement européen sur la lutte contre l’évasion fiscale

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 13/04/2016 à 15:47
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Hier en plénière au Parlement européen à Strasbourg, j’ai débattu avec les députés européens sur notre lutte contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, et les mesures proposées par la Commission, après le scandale des Panama Papers.

Vous pouvez retrouver ce débat en cliquant sur l’image ci-dessous :

 


Après les « Panama papers » : assez !

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 07/04/2016 à 15:13
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Après les « Panama papers » : assez !

Les « Panama papers » publiés cette semaine ont révélé une réalité d’évasion et de fraude fiscales massive et révoltante.

Les « Panama papers » publiés cette semaine ont révélé une réalité d’évasion et de fraude fiscales massive et révoltante. Les Européens, indignés, exaspérés, écœurés même, ont réagi avec force. En Islande, le premier ministre, incriminé, a tenu deux jours face à la pression de la rue. D’autres conséquences politiques suivront, à n’en pas douter.

Il faut maintenant tirer toutes les conséquences de ces révélations, et vite.

D’abord, ces révélations pour choquantes qu’elles soient viennent confirmer la réalité d’un phénomène bien connu. Certains de nos concitoyens et certaines de nos entreprises détournent une partie de leurs bénéfices vers des pays tiers, non transparents, pour échapper à l’impôt, c’est-à-dire pour ne pas contribuer à l’effort commun de la société. Ce n’est pas tolérable, ce n’est plus accepté par tous ceux, les plus nombreux et pas les plus privilégiés, qui agissent en bon citoyens et contribuables.

L’Europe a fait son ménage en interne ces derniers mois en mettant fin à l’opacité du système.

Ensuite, je veux le dire avec force, l’Europe a fait son ménage en interne ces derniers mois en mettant fin à l’opacité du système. Plusieurs Etats membres ont abandonné leur secret bancaire, parfois inscrit dans leur Constitution. Nous avons aussi mis fin au secret bancaire en Suisse, à Monaco, San Marin, Andorre ou au Liechtenstein – pas un mince succès.

La Commission a, ces derniers mois, adopté de nombreuses mesures pour lutter contre l’opacité financière entre les administrations fiscales et les entreprises.

Parallèlement, la Commission a, ces derniers mois, adopté de nombreuses mesures pour lutter contre l’opacité financière entre les administrations fiscales et les entreprises. Nous avons ainsi apporté de la transparence entre les « fiscs » nationaux pour qu’ils arrêtent de se cacher des informations sensibles. C’est le fameux échange automatique d’information sur les rescrits fiscaux adopté l’an dernier. J’ai proposé en janvier que les entreprises soient aussi plus transparentes avec les administrations nationales en donnant les informations essentielles sur leur assiette fiscale, permettant ainsi d’identifier des stratégies de contournement de l’impôt. Le « bouclier » présenté aussi en janvier obéit lui à une règle simple : c’est là où elle réalise ses bénéfices que l’entreprise doit payer ses impôts. Fini, donc, le nomadisme des profits d’un pays à l’autre pour payer le moins d’impôts possible ! Je présente aussi un nouveau système de TVA cette semaine qui permettra de combattre les fraudes à la TVA, qui représentent plus de 50 milliards d’euros par an en Europe.

Certains échappent, encore et toujours, à l’effort, et s’accrochent à leur fonctionnement de paradis fiscal.

Mais si nous avons beaucoup progressé au sein de l’Union européenne, et au-delà sur le continent européen, avec les pays tiers, disons-le le compte n’y est pas. Et disons-le franchement, nos instruments juridiques sont plus faibles. Oui, nous faisons un travail approfondi, minutieux, au sein de nos frontières européennes, du marché unique que nous contrôlons. Oui, nous progressons au G20, à l’OCDE, avec des standards internationaux, des recommandations, de la transparence. Et l’échange automatique d’informations devient petit-à-petit une norme. Mais certains échappent, encore et toujours, à l’effort, et s’accrochent à leur fonctionnement de paradis fiscal. Toujours les mêmes. Et nous les connaissons.

Nous avions une opportunité l’an dernier d’enfoncer un coin dans ce business model, avec la publication d’une première liste paneuropéenne de juridictions non coopératives. Disons le plus simplement, une liste des paradis fiscaux. Malheureusement, face à la pression diplomatique des juridictions mises à l’index, certains Etats Membres ont mal réagi, ont fait marche arrière sur tel ou tel territoire, dont par exemple… le Panama.

Mais la seule question qui compte à présent c’est: et maintenant?

Et maintenant, on repart plus que jamais à l’attaque. Sur quatre fronts.

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