C’est maintenant

Ce soir à minuit, la campagne électorale du premier tour de l’élection présidentielle 2012 se termine. Je vous adresse quelques mots pour conclure cette phase. On a beaucoup critiqué cette campagne, dit qu’elle passait à côté des vrais enjeux, qu’il s’agissait d’un « petit cru ». Ce n’est pas mon sentiment : je pense au contraire que l’enjeu de ce 22 avril est essentiel, décisif. Revenons d’abord sur quelques caractéristiques du débat qui s’achève aujourd’hui.

Notre peuple est mûr, lucide, il n’accepte pas cette fois de se laisser bercer d’illusions, d’écouter les slogans qui claquent. Il veut juger ses élus sur leur crédibilité, leur action

L’élection 2012 est, en premier lieu, une élection de crise. La France qui s’apprête à voter dimanche est en effet durement marquée par le choc économique et social qui frappe le monde, l’Europe plus encore, notre pays fortement. Chômage de masse, désindustrialisation galopante, compétitivité en berne, injustices explosives, identité républicaine mise en cause, modèle social abîmé : tel est le paysage, la toile de fond de cette consultation. On comprend, dans ces conditions, le scepticisme ou la prudence de beaucoup de Français. Je préfère pour ma part y voir de l’exigence, ainsi que le refus, dans un contexte exceptionnellement difficile, grave, des promesses, des solutions toutes faites, des lendemains qui chantent. Notre peuple est mûr, lucide, il n’accepte pas cette fois de se laisser bercer d’illusions, d’écouter les slogans qui claquent. Il veut juger ses élus sur leur crédibilité, leur action. On comprend, dans ces conditions, qu’il y ait encore, à cette heure, des hésitations, des réflexions en tout cas.

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«La présidentielle se joue au premier tour» – Le Parisien

Interview de Pierre Moscovici publiée dans le journal « Le Parisien » daté du 20 avril 2012.

Cette élection présidentielle peut-elle réserver des surprises ?

PIERRE MOSCOVICI. Les enquêtes d’opinion montrent quelques tendances fondamentales, à commencer par l’attente puissante et tranquille du changement. Mais les sondages ne font pas l’élection : des surprises sont possibles, y compris qu’il n’y en ait pas. Rien n’est fait, rien n’est joué !

Le risque d’une élimination de votre candidat à l’issue du 1er tour semble néanmoins écarté…

Le 21 avril 2002 était une situation exceptionnelle et dramatique. Nous n’en semblons pas, cette fois, menacés : si c’est le cas, tant mieux. Mais notre objectif en 2012, c’est que François Hollande puisse avoir, dès le 22 avril, la force et la confiance qui lui permettront de l’emporter le 6 mai. La présidentielle se joue toujours au premier tour. C’est pourquoi nous sommes plus que jamais mobilisés.

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