Communiqué de Pierre Moscovici

Les propos que le président de la République a tenus aujourd’hui à Grenoble, dans un discours prononcé à l’occasion de l’installation du nouveau préfet de l’Isère, sont inacceptables pour tous les républicains de notre pays. Affirmer un lien de causalité entre immigration et délinquance est ignoble. Menacer de déchoir de leur nationalité les Français d’origine étrangère auteurs de certains crimes renvoie aux heures les plus sombres de notre Histoire.

Il est désormais clair que, dans l’esprit du chef de l’Etat, qui devrait pourtant incarner l’unité de la nation, il y a une sous-catégorie de Français, qui ne mérite pas les mêmes droits que les « Français de souche ».

Or qu’est-ce qu’un Français d’origine étrangère ? Va-t-on déterminer cette notion en fonction du nombre de grands-parents qui ne sont pas nés Français ? Faudra-t-il ajouter une mention particulière sur les papiers d’identité ?

En 2002, 82 % des Français ont rejeté ce discours de stigmatisation et d’exclusion. Ce n’est pas pour le voir réapparaître, huit ans après, dans la bouche du président de la République.

En 2002, 82 % des Français ont rejeté ce discours de stigmatisation et d’exclusion. Ce n’est pas pour le voir réapparaître, huit ans après, dans la bouche du président de la République.

L’échec de la politique qu’il conduit en matière de sécurité depuis 2002, dont nous constatons chaque jour les manifestations, n’autorise pas Nicolas Sarkozy à maltraiter ainsi les valeurs de notre France, en reprenant à son compte les thèmes de l’extrême-droite.

J’appelle solennellement tous les républicains de ce pays à dénoncer avec la plus grande énergie ces propos, et à s’unir pour combattre ensemble, par delà les différences de sensibilité, les mesures que ces propos pourraient inspirer.

Pierre MOSCOVICI