Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

La fin d’année approche, et c’est toujours un moment privilégié pour retrouver les siens, reprendre des forces, former des résolutions pour les temps qui viennent, se retourner aussi sur l’année écoulée pour en tirer des leçons. 2012 aura été pour le pays, pour la gauche, pour les hommes et les femmes désormais en charge du gouvernement de la France, un cru particulier. Au moment où cette année s’achève, je veux partager quelques analyses avec vous, en distinguant, comme le faisait jadis mon cher Léon Blum, la conquête du pouvoir et son exercice.

François Hollande était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Je reviens, tout d’abord, sur le temps qui a précédé le 6 mai, jour de l’élection présidentielle. Ce fut celui de la campagne, de cette bataille rude, tendue, que nous avons conduite avec la conviction qu’après tant d’années dans l’opposition, après tant de défaites dans la confrontation suprême, nous avions le devoir de tout faire, de donner le meilleur de nous-mêmes pour que les Français fassent confiance, après François Mitterrand, à un deuxième Président socialiste. Cette élection n’était pas gagnée d’avance. Certes, le sortant était affaibli par un bilan pauvre et par le rejet d’une politique erratique et souvent brutale. Pour autant, la France n’est pas structurellement à gauche – le premier tour l’a montré – et Nicolas Sarkozy, malgré sa lassitude et ses hésitations, voire les contradictions de son camp, n’était pas un adversaire facile. J’ai vécu cette campagne au premier rang, puisque je l’ai dirigée aux côtés de François Hollande. Elle fut, je crois pouvoir le dire, exemplaire – avec une équipe légère et cohérente, alimentée par un vivier d’experts nombreux et compétents, un rassemblement de tout le Parti socialiste derrière son candidat, une réactivité constante, une organisation et une mobilisation réussie. Le mérite en revient d’abord au candidat lui-même – combattant pugnace, orateur talentueux, travailleur inlassable et concentré – qu’une vie politique entière avait préparé à cette rencontre avec les Français. L’esprit de courtisanerie ne m’a jamais caractérisé, je garde ma liberté de pensée, mais je répète ce que j’ai déjà dit à l’époque : François Hollande, que je connais depuis 30 ans maintenant, m’a impressionné tout au long de ces mois, il était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

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Conférence de presse de Pierre Moscovici sur la transition

Pierre Moscovici a tenu cette après-midi une conférence de presse au QG de campagne de François Hollande.


Point de Pierre Moscovici sur la transition le 9… par francoishollande

Retrouvez ci-dessous le script de la conférence de presse :

J’avais prévu un point presse quotidien ici, à l’exception du 8 mai qui est un jour férié. Nous nous tenons donc à cette nouvelle tradition qui durera pendant cette semaine, pour vous donner le compte rendu du travail du président élu François Hollande.
Comme vous le savez, nous avons eu ce matin autour de lui une réunion politique et une réunion de remerciement amical, qui au fond avaient le même message. Ce message était d’abord celui de la fierté partagée de l’élection de François Hollande, de l’émotion que nous ressentions devant cette victoire qui n’a pas été facile à conquérir et qui était attendue depuis si longtemps. François Hollande a beaucoup insisté sur le sentiment qui devait être le nôtre de la responsabilité dont nous étions investis devant le peuple français, en disant que notre devoir était de rendre confiance au pays – lui rendre confiance par les paroles, lui rendre confiance par les actes, lui rendre confiance par les comportements. Il nous a exhortés à l’exemplarité, à la simplicité, à retrouver avec les Français un contact quotidien, à rester accessibles et proches des Français qui attendent le dialogue et non un pouvoir lointain. Et puis bien sûr, rendre la confiance aux Français par les mesures de changement que nous prendrons une fois que la prise de fonction du nouveau président sera effective, à partir du 15 mai prochain.

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Pierre Moscovici invité d’Europe 1

Pierre Moscovici était ce matin l’invité de Bruce Toussaint sur Europe 1.


Hollande "va occuper la fonction à fond" par Europe1fr

Retrouvez ci-dessous la retranscription de l’interview :

BRUCE TOUSSAINT
L’ouverture du journal de 07h30 de Maxime SWITEK était consacrée à la voiture présidentielle, vous savez, qui va faire défiler François HOLLANDE, visiblement, ce sera une CITROËN, petite déception pour vous, l’élu du Doubs, il paraît que vous avez essayé de convaincre le président que ce soit une PEUGEOT…

PIERRE MOSCOVICI
Non, pas du tout, pas du tout…

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Pierre Moscovici présente le calendrier du Président de la République, François Hollande

Pierre Moscovici a tenu cette après-midi une conférence de presse au QG de campagne de François Hollande.


Conférence de Presse de Pierre Moscovici. par LCP

Retrouvez ci-dessous le script de la conférence de presse:

La date de la passation de pouvoir, donc de l’installation du nouveau Président François Hollande, sera le 15 mai. Là encore, c’est Nicolas Sarkozy qui estimait qu’il fallait aller jusqu’au bout du mandat. Cela ne nous posait aucun problème. Je rappelle que contrairement à ce que j’avais lu ici ou là sur je ne sais quelle source diplomatique qui ne venait pas d’ici, nous n’avons jamais demandé que la transition soit accélérée et que la seule date qui avait été avancée par François Hollande lui-même était précisément le 15 mai. Et donc les choses se font dans un bon esprit, en bonne intelligence. Il y aura aussi une transmission d’informations, un échange d’informations sur les grands dossiers, notamment les grands dossiers internationaux qui attendent le nouveau Président dans les jours qui viennent. Donc les équipes travaillent. J’ai aussi eu des contacts avec Jean-David Levitte, conseiller diplomatique. Cela avance de façon j’allais dire naturelle dans une démocratie qui connaît l’alternance et où une continuité de l’Etat s’impose.

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Pierre Moscovici invité de l’émission « Les 4 vérités » sur France 2

Pierre Moscovici était ce matin l’invité de l’émission « Les 4 vérités » sur France 2.

Cliquez sur l’image pour accéder à l’interview.

Retrouvez ci-dessous la retranscription de l’interview:

ROLAND SICARD
François HOLLANDE a gagné, mais avec un score peut-être plus
serré qu’on ne le pensait, est-ce qu’un score plus large lui aurait donné
des coudées plus franches ?
PIERRE MOSCOVICI
Non, non, c’est un score important, c’est un score élevé, c’est à
peu près le même score que François MITTERRAND contre Valéry
GISCARD d’ESTAING en 1981, c’est une belle, une très belle victoire,
une nette victoire.
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Compte rendu d’une campagne

Dans deux jours, la France choisira son prochain Président de la République. Si François Hollande est arrivé en tête au premier tour, tout reste possible. J’espère évidemment, je crois que la volonté de changement et la dynamique exprimées au premier tour seront confirmées. Mais quelle que soit leur qualité, les sondages ne doivent pas nous endormir. Seule l’élection compte, rien n’est joué. J’appelle tous les Français à se mobiliser pour ce second tour, si important, si décisif même pour l’avenir de notre pays.

François Hollande a tenu le cap initié depuis des mois. Il s’est affirmé comme un homme d’Etat en qui les Français peuvent vraiment faire confiance

La campagne de second tour et le débat de mercredi soir auront permis de clarifier les choses. Face au candidat du rassemblement pour le changement, François Hollande, Nicolas Sarkozy a persisté à jouer la carte de la peur, de la division et du conservatisme, rapprochant chaque jour un peu plus ses discours de ceux du Front national, n’hésitant pas à piller les thèmes de campagne et parfois les propositions de Marine Le Pen. Son agressivité, les dérives autorisées de la droite, à l’image de Gérard Longuet voyant un « interlocuteur » en la présidente du Front national, sa recherche constance de boucs émissaires – immigrés, syndicats, médias… – parfois même au mépris de sa fonction de Président de la République, auront marqué cette fin de campagne, hachée, tendue, agressive. Jusqu’au bout, ce Président hors normes aura été, à l’opposé des devoirs de sa fonction, un diviseur. C’est cette campagne débridée, sans principes ni valeurs, qui aura sans doute conduit François Bayrou à faire le choix, courageux et que je salue comme tel, de voter pour François Hollande. Personne ne doit y voir le résultat d’un arrangement ou le début d’une recomposition de la vie politique : ce vote a un sens éthique, il est celui du refus, logique, des vrais centristes, des humanistes, des Européens engagés, de la course à l’extrême droite engagée par Nicolas Sarkozy, au profit d’une pratique démocratique conforme aux meilleures traditions de France, celle de la République exemplaire que propose François Hollande. Face au candidat sortant, celui-ci a dominé les débats et conservé cette force tranquille – l’évidence, par delà la comparaison, s’est petit à petit imposée – qui l’habite. Il a tenu le cap initié depuis des mois. Il s’est affirmé comme un homme d’Etat en qui les Français peuvent vraiment faire confiance.

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