Confiance

Le premier tour des élections législatives a rendu son verdict. Il est marqué par un message de confiance clair et fort envers le Président de la République, François Hollande, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le gouvernement. Il exprime surtout la volonté d’une majorité de Français que le projet présidentiel validé le 6 mai, celui du redressement dans la justice, soit mené sans entrave.

Dans un scrutin à deux tours, rien n’est joué avant le choix des électeurs lors du tour final, en l’occurrence le 17 juin : ne l’oublions pas.

Evidemment, il faut se garder de tout triomphalisme, de toute joie prématurée. L’abstention, tout d’abord, a poursuivi sa progression, constante s’agissant du scrutin législatif. Cela ne signifie pas nécessairement un désintérêt de nos concitoyens pour le Parlement et un désamour pour leurs députés. J’y vois pour ma part la conséquence logique de l’installation du quinquennat avec inversion du calendrier électoral, qui transforme les élections législatives en scrutin de confirmation ou de validation des présidentielles. Cela conduit beaucoup d’électeurs à considérer que tout est joué après la première consultation électorale et à se désintéresser d’un vote sans enjeu apparent et pourtant décisif. Faudra-t-il modifier cet état de fait ? D’aucuns y pensent : cela mérite débat. Le résultat, ensuite, est net mais pas encore sans appel. Avec près de 47 %, la gauche parlementaire est largement en tête, et apparemment en situation d’obtenir une large majorité parlementaire. Mais la droite UMP, avec 35 % des suffrages, n’a pas désarmé, alors que le Front national obtient un score élevé. Dans un scrutin à deux tours, rien n’est joué avant le choix des électeurs lors du tour final, en l’occurrence le 17 juin : ne l’oublions pas.

Le score du Parti socialiste et de toute la gauche, en premier lieu est très élevé, comparable voire légèrement supérieur à celui de l’UMP et de ses alliés en 2007

Beaucoup d’indicateurs, toutefois, soulignent le message de confiance que j’évoquais. Le score du Parti socialiste et de toute la gauche, en premier lieu est très élevé, comparable voire légèrement supérieur à celui de l’UMP et de ses alliés en 2007, au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy. Le Parti socialiste lui-même, avec 35 % des voix, fait à lui seul jeu égal avec l’UMP, qui rassemble en théorie toute la droite, et pourrait obtenir, si la poussée du premier tour se confirme, une majorité absolue. Les membres du gouvernement, que certains voyaient en difficulté pour les candidats dans les circonscriptions les plus délicates – j’en étais – sortent confortés du premier tour. Et l’ampleur de la progression de la gauche nous permet d’envisager à la fois la conquête ou la reconquête de territoires jusqu’alors abandonnés ou concédés à la droite, y compris dans l’Est de la France, et l’entrée à l’Assemblée nationale de nombreux jeunes talents – dont beaucoup travaillent avec moi depuis des années, et dont je souhaite ardemment la victoire. L’UMP, enfin, reflue certes en – relativement – bon ordre. Mais certaines personnalités « emblématiques » de l’ancienne majorité, que je n’aurai pas la cruauté de citer ici, sont en ballotage difficile : toutes ne manqueraient pas forcément à la future Assemblée.

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