Ma tribune commune avec Stéphane Le Foll parue dans La Croix sur la lutte contre la spéculation financière sur les matières premières agricoles

Le quotidien La Croix a publié jeudi dernier une tribune que j’ai co-écrite avec Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire, et de la forêt. Elle présente nos engagements dans la lutte contre la spéculation financière sur les matières premières agricoles.

La France s’engage dans la lutte

contre la spéculation financière sur les matières premières agricoles

 

Par Stéphane Le Foll et Pierre Moscovici

Les matières premières agricoles ne sont pas des produits comme les autres. C’est pourquoi elles ne doivent pas faire l’objet de pratiques spéculatives déstabilisatrices.

Les matières premières agricoles ne sont pas des produits comme les autres. Elles constituent, partout dans le monde, la base de l’alimentation de populations parfois démunies. En France, elles jouent un rôle essentiel dans l’économie de nos territoires. C’est pourquoi elles ne doivent pas faire l’objet de pratiques spéculatives déstabilisatrices. C’est ce postulat qui motive l’engagement du Gouvernement dans la lutte contre la spéculation sur les marchés de produits dérivés de matières premières agricoles.

La loi de séparation et de régulation des activités bancaires propose sur ce sujet des avancées décisives.

Face à la financiarisation croissante des marchés de matières premières, il fallait donc réaffirmer le statut à part, unique, des matières premières agricoles. La loi de séparation et de régulation des activités bancaires qui sera adoptée par le Parlement dans les prochains jours propose donc sur ce sujet des avancées décisives.

Pour prévenir une volatilité excessive des marchés de matières premières agricoles, il faut éviter trois écueils qui nourrissent des pratiques spéculatives malsaines : l’opacité des opérations, une emprise trop grande de certains opérateurs et des manipulations délibérées. La loi bancaire apporte, pour chacun, des réponses immédiates et concrètes, en ayant recours à l’interdit à chaque fois que nécessaire, et en visant l’ensemble des acteurs concernés.

Contre l’opacité, d’abord. De nouvelles obligations pèseront sur les acteurs des marchés des matières premières agricoles. Ainsi, toute personne intervenant sur ces marchés devra quotidiennement rapporter à l’Autorité des marchés financiers (AMF) le détail de ses positions tenues sur des instruments dérivés sur matières premières agricoles. L’AMF utilisera ces données pour publier un rapport hebdomadaire permettant de mesurer le poids respectif des opérateurs financiers et des acteurs de la filière dans ces opérations.

La loi interdit aux banques de spéculer sur des produits dérivés agricoles. Elle empêchera également, en amont, la prise de position spéculative.

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