Déplacement à Berlin aujourd’hui et demain

Je me rends aujourd’hui et demain à Berlin, dans le cadre de la mission parlementaire qui m’a été confiée par le Premier ministre sur le renforcement de la croissance et de l’emploi en Europe. J’y effectue un certain nombre d’entretiens et de rencontres avec des responsables politiques et économiques allemands. Cette première étape de mon tour d’écoute européen dans les pays membres de l’Union européenne est importante pour enrichir nos réflexions communes sur l’orientation du projet européen.

Retrouvez ci-dessous le programme de mon déplacement à Berlin :

Programme prévisionnel de Pierre Moscovici à Berlin

les 11 et 12 juin 2014

Mercredi 11 juin :

16 h 00 : Entretien avec M. Nikolaus MEYER-LANDRUT, conseiller Europe à la Chancellerie fédérale.

19 h 00 : Entretien avec M. Ulrich GRILLO, président de la fédération allemande de l’industrie (BDI), en présence de Markus KERBER, directeur du BDI, et Matthias WISSMANN, président de l’Union de l’industrie automobile (VDA).

Jeudi 12 juin :

9 h 00 : Entretien avec M. Jörg ASMUSSEN, Secrétaire d’État au Travail allemand

10 h 30 : Entretien avec M. Wolfgang SCHÄUBLE, Ministre fédéral des Finances d’Allemagne, et M. Sigmar GABRIEL, Vice-chancelier d’Allemagne et
Ministre fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

12 h 30 : Rencontre avec les économistes, juristes et politologues du Glienicker Gruppe

14 h 30 : Rencontre avec la presse française et allemande

Communiqué du Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA)

A lire ci-dessous, le Communiqué du Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA), qui s’est réuni ce lundi 27 janvier 2014 à Bercy. Avec Sigmar Gabriel, Wolfgang Schäuble, Jens Weidmann, et Christian Noyer, nous avons échangé de manière constructive sur la situation économique au sein de l’Union européenne ainsi que sur les perspectives pour l’union bancaire, et évoqué l’importance de la poursuite d’un partenariat fort entre la France et l’Allemagne.

Retrouvez ci-dessous tous les détails des conclusions de cette 46e rencontre du CEFFA :

Communiqué du Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA)

(1) Le quarante-sixième Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA) s’est réuni le 27 janvier 2014. Sigmar Gabriel, Wolfgang Schäuble, Jens Weidmann, Pierre Moscovici et Christian Noyer ont évoqué de manière approfondie la situation économique de l’Union Européenne et de l’Eurozone, notamment les évolutions en cours en matière de stabilité financière de l’UE, et discuté des stratégies économiques mises en oeuvre en France et en Allemagne.

(2) Depuis sa création par un protocole additionnel au traité de l’Elysée en 1988, le Conseil économique et financier franco-allemand, qui rassemble les ministres de l’économie et des finances et les gouverneurs des banques centrales, a joué un rôle crucial dans le renforcement de la coopération bilatérale économique et financière entre les deux pays. Il a été déterminant dans le rapprochement des orientations de la France et de l’Allemagne sur les questions les plus fondamentales de l’Union économique et monétaire.

(3) Le Conseil économique et financier franco-allemand se félicite des stratégies de réforme économique récemment annoncées en France et en Allemagne et encourage chaque pays à poursuivre ses efforts pour contribuer à l’équilibre et à la résilience économique de la zone euro.

(4) Le Conseil économique et financier franco-allemand note que, depuis sa dernière réunion, des progrès significatifs ont été réalisés en ce qui concerne la mise en oeuvre des politiques renforçant l’Union économique et monétaire et soutenant la croissance, l’emploi et la compétitivité :

(5) – La zone euro réalise des progrès importants pour surmonter la crise. La situation économique s’est nettement améliorée au cours de l’année 2013. La zone euro a surmonté la récession et retrouvé le chemin de la croissance. En 2014, le FMI et la Commission européenne prévoient une croissance de 1 % du PIB de la zone euro.

(6) – Le Pacte pour la croissance et l’emploi adopté en juin 2012 constitue l’un des instruments principaux de l’Union Européenne pour relancer la croissance, l’investissement et l’emploi, ainsi que la compétitivité européenne. Si des progrès substantiels ont été obtenus dans de nombreux domaines, il convient de s’assurer que les potentialités du Pacte sont déployées à leur plein potentiel. En particulier, il est important que la Banque européenne d’investissement, ainsi que le Fonds européen d’investissement dont la capacité va être accrue par une augmentation de capital et un nouveau mandat de la Banque européenne d’investissement, continuent à renforcer l’impact de leur action sur l’économie réelle, en particulier en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) et de l’emploi des jeunes, afin de contrebalancer efficacement le climat d’aversion au risque actuellement constaté au sein des économies européennes. Plus largement, les initiatives de marché poursuivant de tels objectifs devraient être encouragées. En outre, il convient de s’efforcer de poursuivre la mise en œuvre effective de la garantie pour la jeunesse, pour améliorer la capacité de création d’emplois des marchés du travail et d’accroître la mobilité des travailleurs. En ce qui concerne la réglementation intelligente, la France et l’Allemagne vont renforcer leur coopération, notamment au travers d’initiatives conjointes permettant de faire progresser l’agenda européen.

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Mon agenda de cette semaine – du 2 au 6 septembre

Agenda prévisionnel 

Du Lundi  2 septembre au Vendredi 6 septembre  2013

 

Lundi 2 septembre :           

10h00              :          Entretien avec M. Pierre GATTAZ, Président du MEDEF (Bercy).

12h00              :          Entretien avec M. Matthieu PIGASSE, Directeur général délégué de la Banque Lazard (Bercy).

15h00              :          Entretien téléphonique avec M. Pierre PRINGUET, Président de l’Association française des Entreprises privées (AFEP).

17h00              :          Entretien avec M. Michel BARNIER, Commissaire européen chargé du Marché intérieur et aux Services (Bercy).

 

Mardi 3 septembre :                                                                                                                        

09h00              :          Entretien avec M. Jean-François ROUBAUD, Président de la Confédération générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) – (Bercy).

16h00              :          Entretien avec M. Denis RANQUE, Président du Conseil d’administration d’EADS (Bercy).

17h00              :          Entretien avec M. François HOLLANDE, Président de la République (Palais de l’Elysée).

18h15              :           Entretien avec M. Jean-François CARENCO, Préfet de la Région Rhône-Alpes, Préfet du Rhône (Bercy).

20h00              :          Dîner d’Etat du Président de la République en l’honneur de Son Excellence. M. Joachim GAUCK, Président de la République fédérale d’Allemagne (Palais de l’Elysée).

 

Mercredi 4 septembre :

10h00              :          Conseil des Ministres (Palais de l’Elysée).

16h00-19h00  :          Débat parlementaire sur la situation en Syrie (Assemblée nationale).

20h15              :          Réception en l’honneur de Son Excellence M. Joachim GAUCK, Président de la République fédérale d’Allemagne (Résidence de l’Ambassadeur d’Allemagne en France)

 

Jeudi 5 et vendredi 6 septembre : Sommet du G20 (Saint-Petersbourg)

 

Déplacement demain à Rome avec Michel Sapin : emploi des jeunes en Europe

Je serai demain à Rome avec Michel Sapin, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, pour rencontrer nos homologues italiens, espagnols et allemands sur le thème de l’emploi des jeunes en Europe.

Retrouvez ci-dessous mon communiqué de presse commun avec Michel Sapin :

 

Déplacement de Pierre Moscovici et Michel Sapin à Rome

– Vendredi 14 juin 2013 –

 

 

Pierre MOSCOVICI, ministre de l’Economie et des Finances, et Michel SAPIN, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, se rendront à Rome, vendredi 14 juin, pour rencontrer leurs homologues italiens, espagnols et allemands à l’occasion d’une rencontre ministérielle quadrilatérale sur l’emploi des jeunes en Europe.

Cette rencontre au Palais Chigi sera marquée par un déjeuner des ministres avec le Président du Conseil des ministres italien, M. Enrico LETTA, suivi d’une réunion de travail des huit ministres et d’une conférence de presse commune.

Dans le prolongement des rencontres du 28 mai dernier autour du colloque à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et dans la perspective du prochain Conseil européen, cette réunion ministérielle sera l’occasion pour Pierre MOSCOVICI et Michel SAPIN de saluer l’élargissement du front européen contre le chômage des jeunes et de travailler à une mobilisation rapide des ressources communes pour investir et recréer les conditions de la croissance.

 

 

 

Discours et images à Berlin pour les 25 ans du Conseil économique et financier franco-allemand

En déplacement à Berlin pour le 25ème anniversaire du Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA), je me suis exprimé avec mon homologue allemand Wolfgang Schäuble sur le couple franco-allemand et l’avenir de l’Europe, à la Freie Universität.

Un dialogue du CEFFA a ensuite été organisé avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse, sur le thème suivant : « Importance des relations franco-allemandes et de leur contribution à la construction européenne ».

Enfin, nous avons tenu une conférence de presse du CEFFA avec Wolfgang Schäuble, Jens Weidmann, Président de la Bundesbank, et Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France.

Retrouvez ci-dessous le discours que j’ai ce matin prononcé à la Freie Universität ainsi que les images de ce déplacement :

25 ans du Conseil économique et financier franco-allemand

« Le couple franco-allemand und die Zukunft Europas »

7 mai 2013 – Freie Universität Berlin

 

Bonjour à tous et merci d’être venus si nombreux à cet  échange.

Ce n’est pas le premier débat que je fais sur ce sujet avec mon homologue, avec mon ami, Wolfgang Schäuble: nous étions déjà tous les deux à Strasbourg le mois dernier, pour évoquer ensemble l’avenir du couple franco-allemand.

Je voudrais rappeler ici quelle est la réalité de la coopération entre nos deux pays, dire aussi ma vision des combats que le couple franco-allemand doit porter pour l’avenir de l’Europe

Je me prête de nouveau avec plaisir à cet exercice, dans un contexte légèrement différent toutefois, compte tenu de l’évolution du débat mondial et européen sur l’équilibre entre la consolidation budgétaire et la croissance. Je voudrais rappeler ici quelle est la réalité de la coopération entre nos deux pays, dire aussi ma vision des combats que le couple franco-allemand doit porter pour l’avenir de l’Europe.

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Un mot tout d’abord pour remettre un peu cette coopération en perspective. Il y a, dans l’histoire de ce couple, de grandes constantes, qui le structurent encore jusqu’à aujourd’hui, et qui doivent continuer à le structurer toujours.

La première, c’est une vraie capacité à penser l’intérêt commun, en dépassant les clivages politiques. Les formations politiques, de part et d’autre du Rhin, peuvent débattre et commenter librement la situation, les politiques menées en France et en Allemagne. C’est la démocratie, avec ses forces et ses faiblesses : il est toujours préférable que l’expression partisane soit responsable, sensée, respectueuse de la mission historique de nos deux pays.

Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont jeté les bases de la réconciliation de nos pays. Depuis lors, cette relation a été sans cesse validée et approfondie par leurs successeurs.

Les gouvernants, eux, n’ont jamais oublié cette histoire. Leur rôle, au contraire est de l’écrire : ils n’y ont jamais manqué hier, c’est notre tâche plus que jamais aujourd’hui. Depuis les débuts de la Vème République française, nos chefs d’Etat et de gouvernement ont toujours entretenu une relation forte et féconde. Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont jeté les bases de la réconciliation de nos pays. Depuis lors, cette relation a été sans cesse validée et approfondie par leurs successeurs. Willy Brandt et Georges Pompidou, s’accordèrent, par-delà leurs préférences partisanes, pour donner une impulsion décisive à l’éducation, avec les premières sections franco-allemandes dans les lycées. Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, aussi issus de formations politiques différentes, ont aussi dépassé leurs divergences politiques pour poser les bases du Système monétaire européen, ancêtre de l’euro. François Mitterrand et Helmut Kohl ont profondément marqué notre histoire, en lançant la création de l’union économique monétaire, au moment où l’Allemagne se réunifiait. Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont, ensemble, accompagné la réunification de l’Europe et se sont opposés de concert à la guerre en Irak. Et c’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui l’action de la Chancelière Merkel et du président de la République, François Hollande. Lui-même a rappelé il y a quelques jours son engagement pour que nos pays « travaillent ensemble, quelles que soient les conjonctures, quelles que soient les personnalités qui les dirigent, quelles que soient les sensibilités ». C’est aussi au service de ce grand dessein que nous travaillons constamment, Wolfgang Schäuble et moi.

L’Europe avance quand la France et l’Allemagne s’entendent. Là où l’Europe a fait des progrès décisifs ces derniers mois, et singulièrement en matière économique et financière, c’est lorsque les astres allemand et français se sont alignés

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Mon agenda prévisionnel de cette semaine

Retrouvez ci-dessous mon agenda prévisionnel du lundi 6 au samedi 11 mai :

AGENDA PRÉVISIONNEL

DU LUNDI 6 MAI AU SAMEDI 11 MAI 2013

Lundi 6 mai

08h00–08h50 : « L’interview politique » de Christophe BARBIER – I-Télé (Paris).

10h30-14h30 : Réunion de travail gouvernemental (Palais de Élysée).

18h00 : Entretien avec le Premier ministre (Hôtel de Matignon).

Mardi 7 mai : 25ème anniversaire du Conseil Économique et Financier Franco-Allemand (CEFFA) à Berlin, dans le cadre du 50ème anniversaire du Traité d’amitié franco-allemand

09h30 : Allocutions de M. Wolfgang SCHÄUBLE, ministre fédéral des finances allemand et de Pierre MOSCOVICI sur « Le couple franco-allemand et l’avenir européen » (Berlin – Freie Universität, Dahlem).

11h30 : Conseil Économique et Financier Franco-Allemand (CEFFA) avec les deux ministres des finances, Christian NOYER, gouverneur de la Banque de France, et Jens WEIDMANN, gouverneur de la Bundesbank (Berlin, Ministère des finances)

13h00 : Dialogue des membres du CEFFA avec la jeunesse sur les relations franco-allemandes et leur contribution à la construction européenne

13h40 : Conférence de presse du CEFFA (Berlin, Ministère des finances).

17h00 : Entretien avec le Président de la République (Palais de Élysée).

20h00 : Dîner d’État offert par le Président de la République en l’honneur de Son Excellence M. Bronislaw KOMOROWSKI, Président de la République de Pologne (Palais de Élysée).

Mercredi 8 mai

11h00 : Célébration du 68ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 (Arc de Triomphe).

Vendredi 10 et samedi 11 mai : réunion des ministres des finances du G7 (Hartwell House, Royaume Uni).

Mon entretien dans Le Monde

Retrouvez ci-dessous l’entretien que j’ai accordé au quotidien Le Monde, consacré à la relation franco-allemande.

 L’idée qu’il faudrait une « confrontation » avec l’Allemagne est fausse et totalement contre-productive.

Comment réagissez-vous aux propos de Claude Bartolone ?

L’idée qu’il faudrait une « confrontation » avec l’Allemagne est fausse et totalement contre-productive. D’abord parce qu’elle part du présupposé inexact selon lequel nos difficultés viendraient pour l’essentiel de l’Allemagne. Ensuite, et surtout, parce qu’elle méconnait la façon dont fonctionne l’Europe : l’Union européenne, c’est d’abord le fonctionnement des institutions communautaires ainsi que le dialogue et l’amitié entre nos deux pays, à partir de positions différentes le cas échéant, mais débouchant sur un compromis dont la qualité dépend de notre force de conviction. Ça l’a toujours été, et ce n’est pas en entrant dans une logique de dénonciation, de stigmatisation ou de rupture que l’on peut espérer faire avancer les choses. Au contraire : agir ainsi, c’est jouer sur des réflexes assez ambigus et à coup sûr être perdants à l’arrivée.

Donc un dialogue exigeant avec l’Allemagne, oui, mais une confrontation ouverte, certainement pas. Aucun de nos partenaires, qui peuvent par ailleurs être sensibles à nos thèses, ne nous suivrait au demeurant sur une telle ligne.

C’est en ayant une relation forte et ouverte que l’on peut se dire les choses et les faire bouger. Pas en la brisant.

Derrière les propos de Claude Bartolone, il y a l’idée, exprimée par une partie de la gauche, y compris au sein du PS, selon laquelle ce dialogue dont vous parlez ne serait pas assez « exigeant ». Que répondez-vous à cela ?

C’est totalement faux ! Depuis l’élection de François Hollande, nous exprimons des points de vue souvent différents de ceux de l’Allemagne, que ce soit sur la nécessité de réorienter la politique européenne en faveur de la croissance, ou sur la nécessité d’aller plus loin sur la question de l’Union bancaire. Laisser croire que nous serions à la remorque de l’Allemagne n’a pas de sens. Il y a, entre Angela Merkel et François Hollande, des discussions serrées mais très directes. Et c’est précisément parce qu’ils se parlent franchement que nous sommes arrivés à faire avancer les choses depuis que nous sommes au pouvoir, que ce soit sur le pacte de croissance, sur la Grèce, sur Chypre ou sur le budget européen, et à chaque fois sur des positions compatibles avec celles de la France, voire proches d’elles. C’est en ayant une relation forte et ouverte que l’on peut se dire les choses et les faire bouger. Pas en la brisant.

Nous cherchons, sur chaque sujet, à convaincre et entraîner tous les Européens sur la base de nos positions et de nos propositions, qui sont tournées vers la croissance et l’emploi.

Dans un entretien au Monde, l’ancien premier ministre, Alain Juppé, estime que la France « a perdu tout crédit pour engager un dialogue musclé » avec l’Allemagne. Il dénonce le « fantasme » de François Hollande d’avoir cru possible de s’appuyer sur Mario Monti pour faire céder Angela Merkel. Et il estime que « la France est totalement isolée » en Europe. Que lui répondez-vous ?

C’est à la fois une glorification injustifiée du passé et une déformation de la réalité d’aujourd’hui. Nous n’avons jamais cherché je ne sais quelle alliance avec les pays du sud de l’Europe pour prendre l’Allemagne à revers ou l’isoler. Nous cherchons plutôt, sur chaque sujet, à convaincre et entraîner tous les Européens sur la base de nos positions et de nos propositions, qui sont tournées vers la croissance et l’emploi.

Loin d’avoir perdu tout crédit aux yeux de nos partenaires, nous avons au contraire gagné en crédibilité en faisant le choix du sérieux budgétaire qui, précisément, nous permet d’être écoutés quand nous plaidons pour une réorientation de la politique européenne en faveur de la croissance, tout en refusant l’austérité. C’est pourquoi nous avons différé d’un an l’objectif d’un déficit à 3 % du PIB, en privilégiant les réformes de structure et la maitrise des dépenses publiques.

Enfin, nous ne sommes pas isolés, bien au contraire : aujourd’hui, les Etats-Unis, le FMI et dans une certaine mesure la Commission européenne condamnent comme nous l’austérité et plaident pour la croissance. C’est aussi la position qu’a défendue par exemple il y a dix jours, à Washington, le ministre des finances suédois, Anders Borg. C’est un libéral, chef de file des pays membres de l’Union européenne hors de la zone euro, et pourtant il a dit que, s’il était ministre en France, il défendrait la même politique que moi. Mais attention, il n’accepterait pas un choc frontal avec l’Allemagne. Et quand je parle franchement, fermement et amicalement avec mon homologue Wolfgang Schäuble, il admet que l’essentiel pour la France est qu’elle conduise ses réformes de structure, et non qu’elle s’attache au fétichisme sur un chiffre.

Aujourd’hui, notre relation avec l’Allemagne est beaucoup plus équilibrée qu’elle ne l’était sous le quinquennat précédent. Et elle est aussi beaucoup plus féconde pour l’Europe.

Ce que dit Alain Juppé est donc faux : non seulement nous arrivons à faire bouger les lignes, mais parmi nos partenaires, de plus en plus se rapprochent de notre vision. Aujourd’hui, notre relation avec l’Allemagne est beaucoup plus équilibrée qu’elle ne l’était sous le quinquennat précédent. Et elle est aussi beaucoup plus féconde pour l’Europe.

 Propos recueillis par Thomas Wieder

Questions au Gouvernement : ma réponse à Jean-Luc Moudenc sur la recomposition du groupe EADS

J’ai répondu mercredi 05 décembre 2012, lors de la séance de questions au Gouvernement de l’Assemblée nationale, à la question du député Jean-Luc Moudenc sur la recomposition du groupe EADS.

Nous sommes attachés aux intérêts stratégiques et industriels d’EADS.