Mon interview parue aujourd’hui dans le Journal du Dimanche JDD

Je vous invite à lire ci-dessous mon interview parue aujourd’hui dans le Journal du Dimanche, dans laquelle je m’exprime sur l’économie française, la croissance, les entreprises, le budget pour 2014 ou encore la politique française.

L’économie française va mieux, incontestablement. Tous les indicateurs sont bien orientés.

D’un côté, le chômage reste élevé et les entreprises grognent. De l’autre, l’Insee parle de reprise. À quoi voyez-vous que la France redémarre?
L’économie française va mieux, incontestablement. Tous les indicateurs sont bien orientés. Les anticipations de production industrielle, notamment, sont à la hausse. Sur les trois derniers trimestres, la croissance progresse à un rythme annuel de 1%. La France fait mieux que la zone euro, mieux que ce qui était prévu avant l’été. Une chose me frappe pourtant, c’est la défiance dans laquelle nous vivons. Elle n’est pas fondée : nous sommes une grande économie, diversifiée, et nous renforcerons au contraire la croissance par la confiance. La reprise est là, la confiance va suivre. Ces chiffres et ces réalités sont de nature à éclairer notre pays!

Vous n’excluez pas que vos prévisions pour 2014 soient dépassées. Si une cagnotte se présentait, qu’en feriez-vous?
Franchement, reparler de « cagnotte » n’a aucun sens. Nous avons un déficit de 4,1% du PIB cette année, que nous nous sommes engagés à réduire à 3,6% l’an prochain, puis au-dessous de 3% en 2015. Gardons cette direction.

Notre objectif prioritaire, c’est l’emploi, ce qui suppose que les entreprises se développent, ce qui suppose aussi que la fiscalité soit adaptée.

Quand pensez-vous que la France renouera avec une croissance forte?
Notre objectif prioritaire, c’est l’emploi, ce qui suppose que les entreprises se développent, ce qui suppose aussi que la fiscalité soit adaptée. La clé d’une reprise solide, c’est avant tout l’investissement. Nous voulons déclencher ce mouvement. Je le revendique. C’est par l’entreprise que la croissance redémarrera. C’est pourquoi le gouvernement a fait le choix de la compétitivité et de l’emploi, au service d’une ambition sociale.

Mais les entreprises se plaignent et, comme l’an dernier avec les « pigeons », vous avez dû modifier le week-end dernier une mesure fiscale. Que se passe-t-il?
Ce n’est pas du tout la même situation! Cette année, nous avons discuté de manière approfondie avec le Medef, l’Association française des entreprises privées (Afep) et la CGPME. Nous voulons tous parvenir à une fiscalité des entreprises plus intelligente : aujourd’hui, elle taxe trop les facteurs de production. Durant la concertation, chacun est convenu que c’était une démarche pertinente. Mais ce n’était pas mûr. Nous n’abandonnons pas cette idée. Il y aura des Assises de la fiscalité d’ici au premier trimestre 2014 pour poursuivre ce travail.

Le président du Medef Pierre Gattaz menace d’adresser un « carton rouge » au gouvernement et mobilise contre vous…
Il faut se garder d’une surenchère qui ne mène à rien, et avancer ensemble. J’accepte une dose raisonnable de rapport de force, mais une volonté sincère de parvenir à des compromis est aussi nécessaire. Les patrons doivent admettre que le gouvernement est responsable de l’intérêt général, pour toute la société. Le gouvernement dialogue, il n’est pas aux ordres. Évitons les cartons rouges, surtout quand il n’y a pas de fautes! Quand les choses sont positives, il faut le dire. Or globalement, les prélèvements sur les entreprises baisseront en 2014.

Un budget est une chose vivante. Nous avons déjà inscrit des mesures pour le pouvoir d’achat et nous sommes à l’écoute du débat parlementaire.

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