Responsabilité

Les élections cantonales ont livré leur verdict – proche des prévisions que j’en faisais. Cette consultation locale, marquée au final par une grande stabilité des élus, est toutefois riche d’enseignements. Comme socialiste, j’accueille le résultat du vote avec satisfaction, mais aussi avec responsabilité, voire gravité.

Ne boudons pas cette nouvelle victoire, qui nous donne encore plus de ressources pour préparer les échéances décisives de 2012

Ce scrutin est un nouveau et incontestable succès pour la gauche et le Parti socialiste. Le PS est, et de loin, le premier parti de France. Il conquiert de nouveaux départements en métropole – le Jura, dans ma région, la Loire, les Pyrénées Atlantiques, la Savoie – et dans les Outre-mers – la Réunion, Mayotte – même s’il perd le Val d’Oise. Il est décidément, et de plus en plus, le parti des territoires, celui dans lequel nos concitoyens ont confiance pour gérer les collectivités locales, Régions et départements, communes et intercommunalités. Nos candidat(e)s sont implanté(e)s, leur campagne, avec des fortunes diverses bien sûr, a été efficace, organisée, proche du terrain. Ne boudons pas cette nouvelle victoire, qui nous donne encore plus de ressources pour préparer les échéances décisives de 2012. Fort de ses élus, de son organisation militante, le Parti socialiste, avec ses défauts – il en a – avec ses limites – je les connais – est celui par lequel l’alternance peut advenir dans un an : sa probabilité ne cesse de croître, elle est plus grande encore depuis hier soir.

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Cantonales: « pas de triomphalisme » au PS

AFP

Le député socialiste du Doubs Pierre Moscovici a vu aujourd’hui « un vote de crise politique » dans les cantonales, notamment avec la montée du FN et la forte abstention, et il a appelé le PS à « ne pas faire de triomphalisme » même s’il est « aujourd’hui en bonne posture pour 2012 ».

« Le vote d’hier est un vote de crise politique pour la France et on doit prendre ça avec sans doute la satisfaction d’avoir gagné les élections mais aussi avec un sentiment de responsabilité et presque un peu de gravité »,a déclaré M. Moscovici sur France Culture. « Il y a dans ce pays une digue républicaine qui a cédé. Nicolas Sarkozy en est sans doute responsable, notamment à cause de sa fameuse stratégie du ‘ni-ni’ (ni alliance avec le FN, ni front républicain contre lui) », a-t-il ajouté.

Selon lui, il y a « une porosité », « une espèce de mouvement de fuite de l’UMP vers le Front national » et « c’est le signe d’un profond malaise, un malaise démocratique, un malaise social ».

Face à cette situation, le Parti socialiste, « qui est aujourd’hui en bonne posture pour l’emporter en 2012, sans doute conforté » par son résultat aux cantonales, « ne doit pas faire de triomphalisme », a-t-il dit. « Pour réussir, nous devons avoir une offre politique qui ne soit pas simplement de l’antisarkozysme mais qui soit extrêmement convaincante et qui réponde à ces aspirations populaires déçues de Français qui se sont aussi abstenus, qui ont aussi choisi le Front national », a jugé M. Moscovici.

«Il n’y a pas de fatalité au vote FN» – 20 minutes


(20minutes.fr) INTERVIEW – Le député du Doubs parle de «succès incontestable»..

Entre trois et cinq départements de gagné, un de perdu, ce n’est pas la vague rose annoncée…

C’est un succès incontestable, un désaveu pour l’UMP. De manière claire, les électeurs ont marqué leur rejet de la politique de Nicolas Sarkozy. Mais c’est un vote qu’il faut accueillir avec modestie, responsabilité, voire gravité. La France est mécontente de l’offre politique, elle est en souffrance sociale. Le fait que le FN progresse de manière significative entre les deux tours est un signal d’alarme. Il faut garder une satisfaction lucide.

Quelles leçons le PS doit-il tirer de ce scrutin ?

Ce vote, c’est une incitation au travail. Les Français nous ont donné leur confiance, on doit avoir un esprit de responsabilité. On ne peut pas se contenter d’une victoire fondée sur le rejet de Nicolas Sarkozy. Il faut réussir l’étape de notre programme et des primaires, en évitant les divisions.

Le PS perd le Val d’Oise, ancienne terre d’élection de Dominique Strauss-Kahn…

On ne peut pas lui imputer ce résultat. D’autant qu’il me semble que le PS a gagné tous les cantons de son ancienne circonscription. Il y a dans ce département un certain nombre de facteurs locaux, comme des divisions, à prendre en compte. Si on veut parler de DSK, il faut parler du sondage qui le donne à 34% au premier tour, à plus de 10% du FN et de l’UMP. C’est le seul à distance. Mais ce n’est pas le sujet du soir.

Comment le PS peut-il attirer à lui les électeurs populaires qui votent pour le FN?

Il faut une gauche populaire. Il faut que la gauche donne des réponses au malaise et aux souffrances des Français. Autant je combats toutes les valeurs de Marine Le Pen, autant je connais ses électeurs. Il faut que nous soyons plus performants, plus efficaces. Il n’y a pas de fatalité au vote FN à condition de créer l’espoir. Pour 2012, rien n’est gagné même si une étape supplémentaire est franchie.

Propos recueillis par Maud Pierron

La fracture

La campagne du deuxième tour s’achève. Elle a été, comme toujours, différente de celle du premier. Il s’agit, en effet, en peu de jours, de rassembler les camps dispersés, de convaincre les abstentionnistes, bref de mobiliser. Les argumentations politiques se simplifient, les campagnes se localisent, pendant que se déroule un débat national sur le sens du vote. De manière logique, j’ai moins bougé, me contentant d’aller soutenir, comme je l’avais promis, nos candidats à Pau, au coeur d’un des départements, les Pyrénées-Atlantiques, que nous pouvons conquérir, et mon ami Vincent Fuster à Besançon. Pour le reste, je me suis concentré sur mon territoire, le Pays de Montbéliard, dont les confrontations de second tour – 2 duels PS/FN, 1 duel FN/UMP, 1 triangulaire – résument les difficultés politiques de l’heure.

Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes

A 48 heures d’un second tour, on est toujours dans l’incertitude, et de nombreuses questions se posent. L’abstention baissera-t-elle ? Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes. La mobilisation sera sans doute supérieure dans les cantons à « enjeu », où se déroulent des affrontements serrés entre la droite et la gauche ou bien des triangulaires. Elle sera probablement plus faible, dans les duels atypiques – droite/FN, gauche/FN – où le camp éliminé choisira largement… de ne pas choisir. La gauche progressera-t-elle ? Je le pense. Bien sûr, l’unité n’a pas été parfaite entre les deux tours, et le comportement des écologistes, qui ont décidé le report sur les candidats de gauche les mieux placés au plan national, mais s’y dérobent parfois localement – c’est le cas dans le Doubs – quand ils ne se maintiennent pas dans des cantons où ils sont opposés à des candidats d’autres partis progressistes, aurait pu être plus clair. Mais je veux croire que les électeurs, eux, ne s’y tromperont pas, et ne confondront pas la droite et la gauche. J’espère donc – ce n’est pas une certitude – que nous pourrons, dimanche soir, constater quelques beaux sursauts, d’heureuses surprises et la prise de nouveaux départements.

Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont défini ensemble une posture, le « ni-ni » – ni FN, ni PS – qui rompt avec toutes les traditions de la droite française

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Glissement

Le premier tour des élections cantonales a rendu son verdict : il exige de notre part une analyse approfondie.

Vendredi, je vous livrais mon analyse de la campagne : elle est confirmée par ses résultats. Elle tenait en quatre points, tous vérifiés. Le premier est la force de l’abstention – qui prive ce scrutin de valeur prédictive absolue en vue d’une élection nationale. Les Français n’ont pas été passionnés par ces élections, qui se sont de plus tenues dans un contexte international tendu, dont l’impact psychologique a sans doute pesé sur les consciences : la portée du scrutin est loin d’être négligeable, mais ce n’est pas le premier tour de la présidentielle. Le deuxième enseignement est, sans aucun doute, la poussée du Front national, qui dépasse les prévisions par son ampleur. Avec près de 15 % des voix, qui plus est en étant absent dans 400 cantons, le FN réalise son meilleur score historique dans un scrutin local – peu favorable à ses couleurs, tant il privilégie les « notables » bien implantés – il est présent au second tour dans 399 cantons et talonne l’UMP. Je le vois dans le pays de Montbéliard, où il retrouve son score de 2002 – entre 25 et 31 % – et où il est le seul parti présent dans les 4 cantons renouvelables – 2 duels PS/FN, 1 triangulaire, 1 duel FN/droite. La menace d’un nouveau 21 avril – « à l’endroit », avec l’élimination du PS, ou « à l’envers », au détriment du Président sortant, n’est plus un fantasme – elle est sérieuse, nous devons l’avoir en tête.

Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements

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Carnet de campagne

Dans deux jours, le 20 mars, la moitié des Français est appelée à voter pour désigner son conseiller général. Ces élections cantonales ont été presque occultées. Les médias nationaux et locaux – il est vrai occupés par une actualité internationale chargée et dramatique, de la Lybie au Japon – en ont peu parlé. Le pouvoir s’est peu exposé – il sait ne pas être attractif, mais exerce plutôt un effet repoussoir. Et le parti majoritaire, l’UMP, s’est effacé, comme s’il avait disparu, comme s’il n’y avait déjà plus en France de majorité présidentielle : la droite a tenté de localiser ces élections, semblant honteuse ou en tout cas embarrassée d’être le camp de Nicolas Sarkozy. Et pourtant, ces élections sont importantes, à la fois sur le plan local – le département est l’échelon de la solidarité – et sur le plan national – c’est la dernière occasion, sous ce quinquennat pénible, pour sanctionner la politique du Président de la République. C’est pourquoi je me suis mobilisé.

j’ai été en Seine et Marne, à Lens, à Rennes, à Caen, à Anglet, Bayonne, Biarritz, à Levallois, Charenton, Maisons-Alfort, dans le Vaucluse, à Metz et en Moselle, à Dole, dans le Rhône, la Loire, à Gonesse, sans oublier bien sûr le pays de Montbéliard

J’appartiens en effet à cette espèce, un peu en voie de disparition, de responsables politiques « à l’ancienne », qui aiment les campagnes électorales et sont disponibles pour aider les candidats de leur parti. Depuis un mois, je sillonne la France, en ayant choisi de privilégier, pour mes déplacements, les départements ciblés par la droite, ceux que le PS peut conquérir, les lieux où la gauche est divisée et ceux où la percée du FN est menaçante. Je ne me suis pas occupé, en acceptant les invitations, de l’appartenance des candidats à telle ou telle chapelle, à tel ou tel courant : j’ai été soutenir des amis, promouvoir des jeunes, intervenir dans des territoires en difficulté. C’est ainsi que j’ai été en Seine et Marne, à Lens, à Rennes, à Caen, à Anglet, Bayonne, Biarritz, à Levallois, Charenton, Maisons-Alfort, dans le Vaucluse, à Metz et en Moselle, à Dole, dans le Rhône, la Loire, à Gonesse, sans oublier bien sûr le pays de Montbéliard. A chaque fois, ou presque, j’ai soutenu plusieurs candidats, au côté des élus et responsables locaux du parti. Je n’ai pas ménagé ma peine, et ça en valait le coup : le Parti socialiste, à la base, est décidément riche de femmes et d’hommes de talent, connaissant leur territoire, animés par les valeurs républicaines et sachant gérer. Ce n’est pas par hasard si nous sommes à ce point devenus le parti des collectivités locales – je ne me résigne pas à ce que nous nous en tenions là. De ces visites, je retiens plusieurs leçons.

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