Mon entretien dans Le Monde

Retrouvez ci-dessous l’entretien que j’ai accordé au quotidien Le Monde, consacré à la relation franco-allemande.

 L’idée qu’il faudrait une « confrontation » avec l’Allemagne est fausse et totalement contre-productive.

Comment réagissez-vous aux propos de Claude Bartolone ?

L’idée qu’il faudrait une « confrontation » avec l’Allemagne est fausse et totalement contre-productive. D’abord parce qu’elle part du présupposé inexact selon lequel nos difficultés viendraient pour l’essentiel de l’Allemagne. Ensuite, et surtout, parce qu’elle méconnait la façon dont fonctionne l’Europe : l’Union européenne, c’est d’abord le fonctionnement des institutions communautaires ainsi que le dialogue et l’amitié entre nos deux pays, à partir de positions différentes le cas échéant, mais débouchant sur un compromis dont la qualité dépend de notre force de conviction. Ça l’a toujours été, et ce n’est pas en entrant dans une logique de dénonciation, de stigmatisation ou de rupture que l’on peut espérer faire avancer les choses. Au contraire : agir ainsi, c’est jouer sur des réflexes assez ambigus et à coup sûr être perdants à l’arrivée.

Donc un dialogue exigeant avec l’Allemagne, oui, mais une confrontation ouverte, certainement pas. Aucun de nos partenaires, qui peuvent par ailleurs être sensibles à nos thèses, ne nous suivrait au demeurant sur une telle ligne.

C’est en ayant une relation forte et ouverte que l’on peut se dire les choses et les faire bouger. Pas en la brisant.

Derrière les propos de Claude Bartolone, il y a l’idée, exprimée par une partie de la gauche, y compris au sein du PS, selon laquelle ce dialogue dont vous parlez ne serait pas assez « exigeant ». Que répondez-vous à cela ?

C’est totalement faux ! Depuis l’élection de François Hollande, nous exprimons des points de vue souvent différents de ceux de l’Allemagne, que ce soit sur la nécessité de réorienter la politique européenne en faveur de la croissance, ou sur la nécessité d’aller plus loin sur la question de l’Union bancaire. Laisser croire que nous serions à la remorque de l’Allemagne n’a pas de sens. Il y a, entre Angela Merkel et François Hollande, des discussions serrées mais très directes. Et c’est précisément parce qu’ils se parlent franchement que nous sommes arrivés à faire avancer les choses depuis que nous sommes au pouvoir, que ce soit sur le pacte de croissance, sur la Grèce, sur Chypre ou sur le budget européen, et à chaque fois sur des positions compatibles avec celles de la France, voire proches d’elles. C’est en ayant une relation forte et ouverte que l’on peut se dire les choses et les faire bouger. Pas en la brisant.

Nous cherchons, sur chaque sujet, à convaincre et entraîner tous les Européens sur la base de nos positions et de nos propositions, qui sont tournées vers la croissance et l’emploi.

Dans un entretien au Monde, l’ancien premier ministre, Alain Juppé, estime que la France « a perdu tout crédit pour engager un dialogue musclé » avec l’Allemagne. Il dénonce le « fantasme » de François Hollande d’avoir cru possible de s’appuyer sur Mario Monti pour faire céder Angela Merkel. Et il estime que « la France est totalement isolée » en Europe. Que lui répondez-vous ?

C’est à la fois une glorification injustifiée du passé et une déformation de la réalité d’aujourd’hui. Nous n’avons jamais cherché je ne sais quelle alliance avec les pays du sud de l’Europe pour prendre l’Allemagne à revers ou l’isoler. Nous cherchons plutôt, sur chaque sujet, à convaincre et entraîner tous les Européens sur la base de nos positions et de nos propositions, qui sont tournées vers la croissance et l’emploi.

Loin d’avoir perdu tout crédit aux yeux de nos partenaires, nous avons au contraire gagné en crédibilité en faisant le choix du sérieux budgétaire qui, précisément, nous permet d’être écoutés quand nous plaidons pour une réorientation de la politique européenne en faveur de la croissance, tout en refusant l’austérité. C’est pourquoi nous avons différé d’un an l’objectif d’un déficit à 3 % du PIB, en privilégiant les réformes de structure et la maitrise des dépenses publiques.

Enfin, nous ne sommes pas isolés, bien au contraire : aujourd’hui, les Etats-Unis, le FMI et dans une certaine mesure la Commission européenne condamnent comme nous l’austérité et plaident pour la croissance. C’est aussi la position qu’a défendue par exemple il y a dix jours, à Washington, le ministre des finances suédois, Anders Borg. C’est un libéral, chef de file des pays membres de l’Union européenne hors de la zone euro, et pourtant il a dit que, s’il était ministre en France, il défendrait la même politique que moi. Mais attention, il n’accepterait pas un choc frontal avec l’Allemagne. Et quand je parle franchement, fermement et amicalement avec mon homologue Wolfgang Schäuble, il admet que l’essentiel pour la France est qu’elle conduise ses réformes de structure, et non qu’elle s’attache au fétichisme sur un chiffre.

Aujourd’hui, notre relation avec l’Allemagne est beaucoup plus équilibrée qu’elle ne l’était sous le quinquennat précédent. Et elle est aussi beaucoup plus féconde pour l’Europe.

Ce que dit Alain Juppé est donc faux : non seulement nous arrivons à faire bouger les lignes, mais parmi nos partenaires, de plus en plus se rapprochent de notre vision. Aujourd’hui, notre relation avec l’Allemagne est beaucoup plus équilibrée qu’elle ne l’était sous le quinquennat précédent. Et elle est aussi beaucoup plus féconde pour l’Europe.

 Propos recueillis par Thomas Wieder

Invité de France Bleu Belfort-Montbéliard ce matin

moscovici

J’étais ce matin, à 7h45, l’invité de France-Bleu Belfort-Montbéliard.

Je me suis exprimé sur l’intervention, hier, du Président de la République, qui a délivré un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté.

J’ai aussi abordé les sujets des retraites, de la simplification, de la compétitivité, de la croissance, de la zone euro, ou encore du redressement.

Voici le script de cette interview :

FRANCE BLEU BELFORT MONTBELIARD

L’INVITE DE LA REDACTION – Le 29/03/2013 – 07:47:32

François PELLERAY

Bonjour Pierre MOSCOVICI.

Pierre MOSCOVICI

Bonjour.

François PELLERAY

Plus d’une heure d’explications hier soir à la télévision et quelques annonces, d’abord sur les retraites. L’allongement de la durée de cotisation est un principe acquis, à quel âge alors, il faudrait repousser… ?

Les Français ont entendu hier un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté.

Pierre MOSCOVICI

Je ne vais pas revenir et commenter les annonces du président de la République, qui d’ailleurs étaient autant d’annonces de volonté et de méthodes. Ce que j’ai envie de dire surtout c’est que les Français ont entendu hier un discours de vérité, de redressement, de justice, une vision, une volonté, et avant de parler de telle ou telle annonce, il faut dire que ce qui était au cœur de l’entretien d’hier c’était la croissance, c’était l’emploi, c’était la conviction que la France avait beaucoup d’atouts, que c’était un grand pays, mais que ce qui importait c’était de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir. Alors, après, il faut en effet des réformes, et parmi celles-ci il y a la réforme des retraites…

François PELLERAY

Mais pas de précision ce matin ?

Pierre MOSCOVICI

Pourquoi en ferais-je ? Ce qui a été dit hier c’est, un calendrier, une méthode, une volonté. La méthode c’est la concertation, c’est une commission qui a été confiée à une responsable qui connaît admirablement le système de retraite, c’est madame Yannick MOREAU, c’est un calendrier, c’est d’ici la fin de l’année que les choses seront annoncées, et c’est en effet le fait que l’ensemble des paramètres étaient sur la table. Il faut réforme nos systèmes de retraite parce que, en effet, la réforme FILLON était une réforme injuste, il fallait y remédier, nous l’avons fait en remettant la retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui avaient commencé à travailler tôt et qui avaient cotisé longtemps, et donc il fallait remédier à l’injustice, mais il faut aussi financer le système, et le système n’est pas financé contrairement à ce qui avait été affirmé et promis par monsieur FILLON et son gouvernement.

François PELLERAY

Il y a eu une annonce, Pierre MOSCOVICI, c’est la simplification administrative pour les entreprises, est-ce que c’est avec cela qu’on relance la croissance ?

C’est fondamental de simplifier les normes pour les entreprises. Sans les entreprises il n’y a pas de créations de richesses et de créations d’emplois.

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Ma réponse sur Chypre à Jean-Pierre Chevènement lors des questions au gouvernement au Sénat

J’ai répondu cet après-midi, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, à la question de Jean-Pierre Chevènement, sur Chypre.

J’ai défendu ma vision de l’action menée au sein de l’Eurogroupe pour Chypre et l’accord équilibré qui a été conclu.

Il faudra reconstruire l’économie chypriote sur un autre modèle.

Vous pouvez retrouver ma réponse en vidéo en cliquant sur l’image ci-dessous :

 

Questions au gouvernement au Sénat : ma réponse à Isabelle Pasquet sur l’Eurogroupe et Chypre

J’ai répondu cet après-midi à la question de la sénatrice Isabelle Pasquet sur l’Eurogroupe et Chypre lors de la séance de questions au gouvernement.

Je me suis exprimé sur le plan de sauvetage de Chypre, qui est global et juste, et sur notre politique de réduction des déficits et de croissance dans la zone euro.

Le principe de la garantie des dépôts, dans la zone euro, est intangible.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à cette vidéo :

Extraits de mon interview parue aujourd’hui dans Paris Match

 

Retrouvez ci-dessous des extraits de mon interview parue aujourd’hui dans Paris Match :

La zone euro ne pouvait tolérer une « économie casino », ni demander aux contribuables européens de régler à eux seuls la note. Il fallait donc agir.

Paris Match : Êtes-vous satisfait des décisions prises dans la nuit du 25 mars concernant Chypre ?
C’est un accord finalement juste. Nous ne pouvions pas rester inertes face à cette situation. Et il faut rappeler que l’économie chypriote reposait sur un système critiquable, où la totalité des dépôts bancaires représentait sept fois le PIB, avec des rémunérations des comptes très avantageuses et des impôts très bas, dont celui sur les sociétés. Les non-résidents détenaient 45% des dépôts. Ce système n’était plus soutenable puisqu’il y avait des fuites de capitaux. Sans oublier que la zone euro ne pouvait tolérer une « économie casino », ni demander aux contribuables européens de régler à eux seuls la note. Il fallait donc agir.

[…]

Le rôle du politique, c’est d’élever le débat, de rassembler, pas de diviser ou d’insulter.

Compte tenu de vos efforts, comment avez-vous régi aux attaques lancées par le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon ?
Se faire traiter de « salopard », dont on dit qu’il a « un nom et une adresse », est inacceptable en toutes circonstances. Ces attaques, qui ne sont pas un dérapage verbal mais bien une stratégie de dénigrement des sociaux-démocrates, mélangent l’invective, le dénigrement et la brutalité. Cela va trop loin. Le rôle du politique, c’est d’élever le débat, de rassembler, pas de diviser ou d’insulter. […]

Vous pouvez retrouver la suite de cette interview dans le magazine Paris Match, paru ce jour, ou en cliquant sur le lien suivant : http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Pierre-Moscovici-La-mechancete-de-melenchon-est-regrettable-473941/

Mon entretien face aux lecteurs dans Le Parisien-Aujourd’hui en France

J’ai échangé longuement hier avec plusieurs lecteurs du Parisien – Ajourd’hui en France, pour répondre à toutes leurs questions. Plusieurs thèmes ont été abordés, notamment ceux de la croissance, de la réduction des déficits et des dépenses publiques, des impôts, des hauts salaires, de Chypre et de la zone euro. J’ai aussi répondu à plusieurs questions sur Jean-Luc Mélenchon et Jérôme Cahuzac.

Un échange de deux heures, dont vous pouvez retrouver des extraits ci-dessous, ainsi que des vidéos. L’intégralité des questions peut être consultée sur l’édition papier d’aujourd’hui du Parisien-Aujourd’hui en France.

Croissance, déficits, impôts

SYLVÈRE CHAMOIN. Vous avez annoncé 10 Mds€ d’économies en 2013, sans augmenter les impôts. Où allez-vous les trouver ?
Je veux être franc : sur l’année 2013, les impôts vont augmenter. Trente milliards d’efforts demandés aux Français, dont 20 Mds€ de hausse d’impôts (10 Mds€ pour les entreprises, et 10 pour les ménages, surtout les plus fortunés) et 10 Mds€ d’économies. Pour la suite du quinquennat, je souhaite que cet équilibre s’inverse et qu’à partir de 2014 on soit dans une proportion beaucoup plus forte d’économies sur les dépenses publiques que d’impôts supplémentaires. Je pense en effet qu’on atteint des taux d’imposition dans notre pays que beaucoup de gens jugent excessifs, des taux de prélèvement obligatoire qui ne peuvent pas être dépassés.

Les impôts n’augmenteront plus pour la suite du quinquennat ?
Nous allons viser la stabilité fiscale.

LOUISE LHÉRITIER. Et les économies ?
Elles concerneront l’Etat, bien sûr. Mais aussi les collectivités locales, dont les subventions seront diminuées de 1,5 Md€ par an dès 2014. Les organismes de sécurité sociale devront aussi faire des efforts de gestion. Nous maintenons cependant trois priorités : l’éducation, la sécurité et la justice. Pour le reste, on fait des économies un peu partout. Au ministère des Finances qui compte 170000 personnes, on va supprimer au moins 2350 emplois chaque année à partir de 2013. On a diminué de 20% les dépenses de communication et de 5% les dépenses de fonctionnement. Et on a réduit fortement les primes du haut encadrement.

GUY LEBAS. Peut-on aussi simplifier les impôts ?
Nous avons beaucoup travaillé à Bercy pour faire en sorte que la déclaration de revenus soit simplifiée. Pour la première fois, on ne demandera plus aux Français qui font leur déclaration sur papier de joindre tous les justificatifs. On va faire aussi en sorte que la formule de précalcul de l’impôt soit plus lisible. Et on va encourager encore plus la télédéclaration. Par ailleurs, les Français ne recevront pas la traditionnelle lettre du ministre de l’Economie et des Finances pour les appeler à régler leurs impôts. On va s’adresser à tous les citoyens par informatique. Cela permet une économie de 850 000 € et d’éviter un gaspillage de papier.

Hauts salaires

SYLVÈRE CHAMOIN. Renault a décidé de baisser les salaires et de faire travailler plus ses salariés en échange d’un maintien de l’emploi. Est-ce un exemple ?
Chaque entreprise doit gérer sa situation en fonction de ses propres paramètres. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a signé un accord avec les syndicats représentant 65% des salariés. C’était du donnant-donnant. Nous n’avons pas de jugement de valeur à porter. Ce que j’apprécie, c’est que Renault reste en France. Par ailleurs, M. Ghosn, qui gagne beaucoup d’argent, avait dit, si je ne m’abuse, que si cet accord était signé, il ferait un sacrifice sur sa rémunération. On l’attend. M. Ghosn doit faire ce geste.

SERGE TCHATCHOUA. Où en est la taxe à 75% ?
Le Conseil constitutionnel a censuré la loi en décembre. Comme je n’ai pas envie d’être censuré une deuxième fois, j’ai demandé à une autre juridiction, le Conseil d’Etat, de nous donner un avis. Le 21 mars, celui-ci a indiqué que le taux de 75 % n’était pas possible. Nous réfléchissons à la manière de garder la philosophie de cette mesure. Il nous reste pas mal d’hypothèses non tranchées aujourd’hui : le type de revenus pris en compte, leur montant, la conjugalisation, la possibilité d’un prélèvement sur l’entreprise. Au plus tard, elle sera prête pour la loi de finances 2014. […]

 

Pour consulter la suite de cet échange, cliquer sur le lien suivant : http://www.leparisien.fr/economie/videos-moscovici-sur-l-annee-2013-les-impots-vont-augmenter-27-03-2013-2674981.php

Les extraits vidéo de cette interview :

 

ENTRETIEN COORDONNÉ PAR OLIVIER BACCUZAT, BORIS CASSEL, MATTHIEU CROISSANDEAU ET PHILIPPE MARTINAT AVEC LA COLLABORATION D’ÉLISABETH KASTLER-LE SCOUR

Ma réponse au député Christophe Sirugue sur Chypre – Questions au gouvernement

J’ai répondu aujourd’hui au député Christophe Sirugue sur Chypre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Il fallait agir à Chypre car le système menaçait de s’effondrer. Cet accord est global et juste.

 

Les vidéos de mes interventions lors de l’Eurogroupe extraordinaire d’hier à Bruxelles sur Chypre

Une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe s’est tenue hier et cette nuit à Bruxelles, au sujet de Chypre, pour assainir la situation de son système bancaire.

Un accord exigeant, global et juste a été trouvé, avec une garantie totale des dépôts inférieurs à 100 000 €, et pas de taxe spécifique sur les dépôts.

Retrouvez ci-dessous les interviews que j’ai données à cette occasion, à mon arrivée à Bruxelles, puis à la fin de la réunion, et lors de ma conférence de presse :

Arrivée à Bruxelles :

La position de la France, depuis le début, a toujours été qu’il n’était ni souhaitable ni raisonnable de toucher les dépôts des petits déposants.

 

Sortie de la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe :

C’est un bon accord, qui permet de résoudre la situation actuelle de Chypre et qui protège les petits épargnants.

Conférence de presse après la fin de la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe :

Avec les décisions prises aujourd’hui, nous avons résolu l’essentiel des difficultés du secteur bancaire chypriote. La France a fait entendre ses thèses.

Partie 1/5 :

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