Le malaise français

Comme chaque année à cette époque je vais, à l’image de beaucoup d’entre vous, suspendre mes activités quelques jours, après un dernier séjour à Montbéliard – la vie politique a ses rythmes imposés, la vie privée a ses exigences et ses plaisirs. Je m’attelerai aussi, dans les prochains jours, à la rédaction d’un livre, plus personnel qu’à l’accoutumée peut-être, sur la gauche, la décennie d’impasse qu’elle traverse, son devoir de victoire. Comme chaque année, j’en profite pour vous livrer quelques impressions sur la période écoulée et des analyses sur le temps qui vient.

Pour résumer le climat du pays, un mot me vient à l’esprit : malaise… La France, en effet, me paraît flotter entre deux eaux. L’économie, incontestablement, connait une légère embellie – ou plutôt les entreprises se portent mieux. Leurs carnets de commande – je le vois par exemple dans le secteur de l’automobile, décisif pour le pays de Montbéliard dont je suis l’élu, stratégique aussi pour la nation – sont nourris par la reprise de la demande mondiale, plus forte que prévue. L’exportation est donc le moteur d’une croissance française qui reste médiocre, car ses dynamiques internes sont atones : la consommation est minée par la stagnation du pouvoir d’achat, l’investissement privé reste prudent, l’investissement public est laminé par la politique de rigueur rigide et à contretemps menée par l’Etat et imposée aux collectivités locales. L’emploi, dans ces conditions, apparaît comme en solde, le chômage demeure très élevé, la précarité s’étend. La France est toujours un magnifique pays, dotée d’atouts indéniables, une terre d’innovation et de savoir-faire, un territoire attractif pour les investissements étrangers, mais elle doute d’elle-même, elle est inquiète, elle ne voit pas s’ouvrir des perspectives claires et mobilisatrices, le pessimisme sur l’avenir s’étend. Continuer la lecture