Mon discours hier aux 26e Assises de la Compagnie nationale des Commissaires aux comptes

A lire ci-dessous, le discours que j’ai prononcé hier à l’occasion des 26e Assises de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Compte, à La Défense. J’y insiste sur la nécessité de rétablir la confiance, sur les enjeux de stabilité financière, ou encore sur la réforme européenne de l’audit.

 

Discours pour les 26e Assises de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes

– Le Jeudi 5 décembre 2013 –

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Les enjeux de stabilité financière m’ont beaucoup mobilisé depuis mon arrivée à Bercy.

Merci de cette invitation à conclure cette première journée des 26ème Assises de la CNCC, que j’ai acceptée avec plaisir. C’est la première fois, je crois, qu’un Ministre de l’Economie et des Finances intervient ici, devant la profession des commissaires aux comptes rassemblée. Voyez-y la marque de l’importance que j’attache à cette profession, alors que les enjeux de stabilité financière m’ont beaucoup mobilisé depuis mon arrivée à Bercy.

Mais ce n’est peut-être pas pour autant la première fois que je prends la parole devant nombre d’entre vous. Les commissaires aux comptes sont aussi dans leur grande majorité des experts-comptables, et j’avais souhaité participer l’an dernier, début octobre, au congrès annuel des experts-comptables. Encore une fois, c’est la manifestation de ma considération pour cette profession  et de ma volonté de rester à votre écoute.

La profession doit épouser les grandes problématiques économiques et financières actuelles, de la préservation de la stabilité financière au travers de la sincérité des comptes à la relance de l’activité.

Les entreprises change, le rôle des commissaires aux comptes aussi. C’est une profession qui a du relever de nombreux défis après la crise financière, qui évolue, qui s’adapte, qui se modernise – bref, une profession en mouvement. Elle doit garder ses spécificités, en France notamment, où notre modèle de commissaire aux comptes est spécialement vigilant sur les questions de conflits d’intérêt. Elle doit aussi épouser les grandes problématiques économiques et financières actuelles, de la préservation de la stabilité financière au travers de la sincérité des comptes à la relance de l’activité.

*          *

*

Un mot tout d’abord du contexte dans lequel je suis amené à m’exprimer devant vous.

Ce contexte, c’est celui d’économies occidentales encore très profondément marquées par la crise financière de 2008, qui a été, à de nombreux égard, une crise de confiance. L’absence de confiance a paralysé le crédit interbancaire, avant de gripper le reste du moteur de l’économie. Et c’est encore cette absence de confiance que nous payons aujourd’hui, et qui pèse encore si fort sur l’économie française, dont les fondamentaux sont pourtant solides.

Je le dis avec la conviction d’un Ministre de l’Economie et des Finances qui est à la fois à un poste de vigie, et un poste d’action privilégié : la confiance, c’est aujourd’hui ce petit plus qui manque pour que l’investissement reparte plus fortement, et pour que notre économie retrouve des couleurs. C’est ce « petit plus » intangible mais indispensable qu’on les Américains ou les Allemands sur nous, et que je travaille sans relâche à faire revenir.

Si je parle de confiance, c’est parce que les commissaires aux comptes ont un rôle crucial à jouer. Vos missions contribuent fondamentalement à favoriser la confiance dans les comptes des entreprises, vous êtes les garants de leur sincérité, en particulier dans le secteur financier. Et je parle à la fois de la confiance que les acteurs économiques nourrissent entre eux, mais aussi de celle de nos concitoyens à l’égard du monde économique et financier. En ce sens, je peux affirmer ici que les commissaires contribuent à ramener de la sérénité dans le système économique français, et au travers de la sincérité des comptes que vous garantissez vous êtes une pièce maîtresse de la stabilité financière et du retour de la croissance.

Notre pays propose un audit de qualité, et je suis persuadé que c’est cette qualité qui a permis à la France d’échapper aux scandales qui ont affecté les auditeurs des grands établissements dans d’autres Etats.

Ils le font d’autant mieux que le modèle français, qui repose sur le co-commissariat aux comptes est particulièrement robuste. Notre pays propose un audit de qualité, et je suis persuadé que c’est cette qualité qui a permis à la France d’échapper aux scandales qui ont affecté les auditeurs des grands établissements dans d’autres Etats. Vous savez que je suis attaché à cette spécificité française, à la qualité dont elle est garante, et que j’ai activement défendue auprès de nos partenaires européens et internationaux.

Bien entendu, il ne s’agit pas de faire reposer l’ensemble des problématiques de stabilité financière sur les seules épaules des commissaires aux comptes. Ce n’est pas possible, et ce n’est pas la voie que nous empruntons. Sans entrer dans le détail, la France s’attache particulièrement à renforcer la règlementation des établissements financiers et leur supervision européenne, mais elle s’intéresse également au rôle des agences de notation, ou aux questions de transparence des infrastructures de marché. Les commissaires aux comptes ne doivent pas tout porter mais ont cependant toute leur place dans cet effort global.

*          *

*

C’est dans ce contexte qu’ils font aujourd’hui l’objet d’une attention accrue, au niveau européen mais aussi au niveau national.

La réforme européenne en cours de l’audit est l’une des pierres ajoutées à ce dispositif européen qui doit rendre notre modèle financier plus sûr, plus robuste, plus stable.

Continuer la lecture