Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : la campagne, les jeunes et la finance (4/15)

Retrouvez ce lundi 28 octobre un nouvel extrait de mon livre, qui aborde la campagne, les jeunes et la finance.

 

Extrait 4 : La campagne, les jeunes et la finance

Je souligne la très grande cohérence de la campagne présidentielle de François Hollande, dont on a retenu deux grandes idées : la priorité aux jeunes et la lutte contre le monde de la finance.

« Il faut pourtant se rappeler que les « marchés financiers » ne sont pas des entités abstraites : ils sont l’enjeu et l’objet d’intérêts précis et incarnés. Derrière les marchés, il y a, bien sûr, des intermédiaires qui ont largement profité de la bride que les régulateurs et politiques leur ont complaisamment laissée sur le cou ces dernières années. Mais un cran plus loin encore, il y a les détenteurs de l’épargne financière mondiale. Cela, il ne faut jamais l’oublier : la « finance sans visage » a en fait le visage des générations toujours dynamiques, mais désormais un peu ridées du baby-boom des pays développés. L’économie s’est aussi financiarisée pour servir les retraites de ces générations-là. Je ne pointe pas là de responsabilités, mais je souligne juste la très grande cohérence de la campagne présidentielle de François Hollande, dont on a retenu deux grandes idées : la priorité aux jeunes et la lutte contre le monde de la finance. Elles sont en fait intimement liées.

Lutter contre la toute-puissance des marchés, c’est un choix politique, le vieux choix du travail contre le capital.

Faire le choix de la jeunesse, c’est d’une certaine manière, quand on connaît la répartition des richesses dans les sociétés développées, faire le choix d’une classe, et pas seulement d’une classe d’âge. Lutter contre la finance, c’est aussi lutter contre l’inféodation de l’économie ces trente dernières années à la nécessité de servir les rémunérations des fonds de pension et du service des retraites. Je schématise à peine. Lutter contre la toute-puissance des marchés, c’est un choix politique, le vieux choix du travail contre le capital. C’est pour cela que faire payer par la dette la recapitalisation des banques durant la crise avait quelque chose de totalement scandaleux, en ce que cela organisait purement et simplement un transfert de richesse de la jeunesse vers les générations âgées les plus riches. » […]

 

L’extrait diffusé sur ce blog demain reviendra sur mon combat face au Front national.