Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15)

Je m’oppose fondamentalement, depuis tant d’années au plan national et dans le Pays de Montbéliard, à l’offre politique du Front national. Cette opposition, je l’explique dans mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans l’extrait suivant :

 

Extrait 5 : Face au FN

Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine.

« La gauche, elle, depuis toujours, est une internationale. Aujourd’hui, cela ne la place pas spontanément en position de force pour répondre aux angoisses diffuses de la France des villages. Le monde ouvrier, déstructuré notamment par le recul des syndicats et le lent déclin du Parti communiste, a oublié la solidarité de classe qui en avait fait le cœur de l’internationalisme. Cette perte de repères, le sentiment que la gauche ne répondrait plus à leurs aspirations, d’ailleurs devenues complexes et contradictoires, et la promotion des individualismes de la société du spectacle ont achevé de faire des ouvriers du XXIe siècle des hommes seuls. Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine. Toute l’offre politique du Front national est là.

Ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va.

Tout son mensonge aussi. Car ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va. Le capitalisme, lui, change constamment, mais tel qu’en lui même : dès le XIXe siècle, il avait compris que le cadre des nations devait être dépassé, y compris pour mieux mettre à bas les solidarités collectives. De mondialisation en mondialisation, aidé par l’essor des technologies, il a façonné une économie ouverte, hypermobile, ultracompétitive. Face à cela, les défilés bleu marine seront bien peu de chose.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard.

Continuer la lecture

Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Le Président (3/15)

Je vous invite à lire ci-dessous un troisième extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », consacré aujourd’hui au Président de la République François Hollande.

 

 

Extrait 3 : Le Président

 

Tous les mardis, à dix-sept heures, je m’entretiens en tête à tête avec le président de la République. Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis près de trente ans puisque nous nous sommes rencontrés en 1984 à la Cour des comptes.

« Je repense souvent à ces premiers jours quand je passe la grille de l’Élysée. Tous les mardis, à dix-sept heures, je m’entretiens en tête à tête avec le président de la République. Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis près de trente ans puisque nous nous sommes rencontrés en 1984 à la Cour des comptes, où j’entrais alors qu’il revenait d’un passage en cabinet auprès du porte-parole du gouvernement de l’époque, Max Gallo, et d’un séjour à l’Élysée – déjà ! – aux côtés de François Mitterrand. Quand nous étions plus jeunes, nous faisions cours ensemble à Sciences-Po, un cours d’économie d’ailleurs. C’était déjà – hasard de l’histoire – le mardi après-midi. Nous avons même, en 1991, écrit ensemble un livre, qu’il m’arrive de consulter et qui montre que nous sommes restés constants dans nos conceptions économiques, même si les temps, eux, sont très différents. C’est drôle d’y penser en se retrouvant toutes les semaines, lui président, moi ministre.

François Hollande a aussi cette grande force d’empathie qui a marqué pendant la campagne lorsqu’il s’est défini, dans son discours du Bourget, en affirmant « J’aime les gens ».

Continuer la lecture

Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Déménagement (2/15)

Suite de la série de billets de blog qui vous propose des extraits de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : je reviens ici sur mon arrivée à Bercy, au Ministère de l’Economie et des Finances.

 

Extrait 2 – Déménagement

Passation officielle de pouvoirs faite, François Baroin quitte le ministère. Les autres ministres de Bercy prennent possession de leurs bureaux.

Passation officielle de pouvoirs faite, François Baroin quitte le ministère. Les autres ministres de Bercy prennent possession de leurs bureaux. Dans la cour, l’intendant a les poings posés sur les hanches et hoche la tête, avec la philosophie de celui qui restera. Il pense tout haut, on pourrait presque l’entendre : il se demande comment il va bien pouvoir caser tout son petit monde dans le bâtiment. Nous sommes en effet six – nous serons sept à l’arrivée de Nicole Bricq, au Commerce extérieur, après les élections législatives de juin 2012. Mes deux ministres délégués, Jérôme Cahuzac et Benoît Hamon, s’installent au cinquième étage. Il a d’ailleurs fallu quelques minutes pour qu’Arnaud Montebourg, en charge du Redressement productif, accepte de gagner le troisième et laisse au ministre délégué au Budget son bureau historique, dans lequel Michel Charasse a tenu à garder les meubles hérités de l’époque où le ministère s’appelait « Rivoli » et occupait une aile du Louvre, rendue par François Mitterrand à un meilleur usage.

 Je suis désormais le ministre de l’Économie et des Finances de la cinquième puissance mondiale, mais d’une puissance affaiblie au sein d’une zone euro en crise, dont la compétitivité et les comptes publics se sont érodés depuis dix ans.

Continuer la lecture

Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Une nuit à Bruxelles (1/15)

Dans le livre que je viens de publier, Combats – Pour que la France s’en sorte, j’aborde de nombreux sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, des sujets en lien avec ma fonction de ministre, mais aussi des sujets plus personnels. J’y apporte une explication globale de l’action du gouvernement depuis mai 2012 et je décris le contexte dans lequel cette action s’inscrit. J’y présente le combat politique qui est le mien, pour une gauche réformiste, au service de mes concitoyens.

Afin de partager le sens de ce livre et ses grands thèmes, je vous propose de découvrir sur ce blog une série de quinze extraits qui suivront ces prochains jours, notamment sur le Président de la République, sur la raison d’être du politique, sur Bercy, sur le combat contre le Front national, ou encore sur la gauche et l’exercice du pouvoir.

En voici un premier extrait, qui sont les premières lignes de ce livre, dans lesquelles je reviens sur une réunion nocturne du Conseil des ministres des Finances européens en mars dernier.

 

Extrait 1 – Une nuit à Bruxelles

Trois heures du matin, le 16 mars 2013. La salle du Conseil des ministres des Finances européens, à Bruxelles.

« Trois heures du matin, le 16 mars 2013. La salle du Conseil des ministres des Finances européens, à Bruxelles. Une grande table circulaire. Elle date. En témoignent les cendriers creusés à même le bois, devant chaque participant. La table a été menuisée au temps d’une Europe où on fumait dans les lieux publics. Je m’imagine mes collègues du jour une cigarette à la bouche. Petit effort de mémoire : j’essaie de me rappeler quels ministres français de l’Économie étaient fumeurs. Delors ? Pas le genre. Bérégovoy ? Peut-être. Balladur ? Il ne s’en cachait pas : a-t-il osé sortir un gros cigare, un Cohiba, dont il raffolait, dans cette salle ? François Baroin fumait, lui, mais il s’est trompé d’époque : il devait sortir de la salle. Les couloirs du Conseil ont cela de sépulcral qu’on y pense parfois à ses lointains prédécesseurs. Des mânes flottent.

Nous devons trouver une solution à une nouvelle crise européenne : éteint en Grèce, l’incendie couve de nouveau dans la petite île de Chypre.

Continuer la lecture

Invité de la matinale d’iTélé ce jeudi 24 octobre

J’étais ce jeudi 24 octobre l’invité de la matinale d’iTélé, à 7h40 et à 8h15.

J’ai d’abord répondu aux questions de Christophe Barbier dans l’interview politique à 7h40. Je me suis exprimé sur la consolidation de l’emploi et l’inversion de la courbe du chômage, sur le retour de la croissance, sur nos politiques de simplification, sur la compétitivité de nos entreprises, sur le budget pour 2014, ou encore sur l’Europe.

Il y a un travail de réformes considérable qui est fait, il y a des résultats qui sont maintenant là en termes de croissance et d’emploi, il y a un redressement qui est au bout du chemin, et rien ne doit nous détourner de l’essentiel qui est le combat pour la croissance et l’emploi.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

J’ai ensuite répondu aux questions de Bruce Toussaint et des téléspectateurs, à partir de 8h15. J’ai abordé à cette occasion les sujets de l’éthique en politique, de notre cohésion au sein du gouvernement, ou encore des atouts innombrables de la France. Je reviens aussi sur le sens de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » et sur ma conception de mon rôle de ministre de l’Economie et des Finances.

Les combats que je mène, ce sont des combats pour la France, des combats pour notre économie, des combats pour l’emploi, des combats pour l’Europe.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 

Invité de Ruth Elkrief sur BFMTV

Retrouvez ci-dessous mon interview hier par Ruth Elkrief sur BFMTV. Je me suis exprimé sur mon livre, « Combats – Pour que la France s’en sorte », sur le projet de loi de finances pour 2014 dont les députés ont adopté hier la partie recettes, ou encore sur les choix du gouvernement. La politique économique que nous portons est à la fois une politique de stabilisation des prélèvements obligatoires et une politique d’économies. Notre cap est le redressement des finances publiques, de l’industrie française, de l’investissement, de la croissance. Oui, la France va mieux, elle est sortie de la récession, elle retrouve la croissance, elle va s’en sortir.

 

Notre politique stimule la croissance par l’investissement, par le soutien au pouvoir d’achat, et défend l’emploi.

 


Pierre Moscovici: “les français ont hérité d… par BFMTV