Raclée

Je reviens, avec un peu de recul, sur les « midterm elections » aux Etats-Unis, dont les enseignements sont complexes et encore incertains. Les lecteurs de ce blog s’en souviennent peut-être : j’ai suivi avec passion et prudence la campagne des primaires démocrates, en 2008, puis l’élection présidentielle qui a conduit Barack Obama à la Maison Blanche.

Ce fut une année politique exceptionnelle, hors du commun. Les primaires furent disputées jusqu’à la dernière minute entre deux personnalités de grande qualité, elles ont mobilisé 34 millions d’Américains. Et la présidentielle a tout autant intéressé : marquée par un taux de participation record, grâce au retour aux urnes des jeunes, des noirs, des hispaniques, sur un fond de rejet par rapport à l’Amérique néo-conservatrice et unilatéraliste voulue par l’administration Bush, elle a vu l’élection d’un homme jeune, charismatique, brillant, d’un métis aux aux origines afro-américaines. Ce fut un scrutin à proprement parler historique, qui a suscité aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde entier, un espoir incroyable, celui de voir émerger une autre Amérique, généreuse, ouverte aux autres, gouvernée par des progressistes. Sans ménager mon plaisir, j’avais toutefois appelé à raison garder : aussi doué soit-il – et Barack Obama, que j’avais vu pour la première fois à la Convention démocrate de Boston en 2004, l’est au plus haut point – le nouveau Président n’était pas un Dieu, le contact avec la réalité de l’Amérique et de la planète serait fatalement plus compliqué et à certains égards plus ordinaire. Continuer la lecture