Premières Assises Européennes du Financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) aujourd’hui à Bercy : discours, images et dossier de presse.

J’ai réuni aujourd’hui à Bercy les premières Assises Européennes du Financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Ces Assises, organisées en partenariat avec le Groupe Banque Européenne d’Investissement (BEI) et l’association PME Finance, ont contribué à la préparation du Conseil européen des 27 et 28 juin prochains.

Cet évènement, par son ampleur et la qualité de ses intervenants, traduit l’importance des PME dans le retour de la croissance en Europe.

Avec Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, ces Assises ont réuni chefs d’entreprises, investisseurs, banques, banques centrales et autorités publiques françaises et européennes, afin de proposer des solutions innovantes pour le financement des PME européennes.

Je me réjouis du partenariat signé ce jour entre la Banque Européenne d’Investissement et bpifrance, pour le financement conjoint d’actions de soutien aux PME françaises. Car accord a été signé en présence du Président de la BEI, Werner HOYER, entre Philippe de FONTAINE VIVE, vice-président de la BEI, et Nicolas DUFOURCQ, directeur général de bpifrance.

Ces premières Assises européennes du financement des PME ont également permis de valoriser plusieurs initiatives françaises dans ce domaine, comme la relance du marché boursier pour les PME ETI, l’évolution du cadre réglementaire pour l’investissement des assureurs dans des prêts aux entreprises, ou la promotion par la Banque de France d’une initiative de place pour le financement des PME.

Le dossier de presse de ces Assises peut être consulté en cliquant sur le lien suivant : http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/15293.pdf

Voici le discours que j’ai prononcé à cette occasion :

 

Assises européennes du financement des PME

Allocution d’ouverture

Lundi 24 juin 2013

Mesdames et Messieurs,

Bienvenue. C’est avec plaisir et fierté que je vous accueille ici, au Ministère de l’Economie et des Finances français, et que j’ouvre ces premières Assises européennes consacrées au financement des Petites et Moyennes Entreprises, en partenariat avec la Banque Européenne d’Investissement et avec l’Association PME-Finance.

La zone euro est aujourd’hui confrontée à deux défis fondamentaux :

Le premier est de relancer sa croissance en berne : alors que la plupart des grandes économies développées redémarrent, nous restons à quai. Ce n’est pas un fatalité, nous devons nous donner les moyens de relancer la croissance. Un an après l’adoption du Pacte pour la Croissance et l’Emploi porté par le Président de la République, François Hollande, lors du Conseil Européen de juin 2012, c’est le signe qu’une nouvelle page doit s’ouvrir, de nouveaux leviers doivent être mobilisés et prendre le relai en soutien à ses objectifs.

Le second défi auquel la zone euro est confrontée, c’est de retrouver le chemin de la convergence pour les économies qui la composent. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une zone euro à deux vitesses, d’une Union Economique et Monétaire qui se résignerait au décrochage durable de certains de ses membres. Or ce risque existe aujourd’hui. C’est une menace pour l’ensemble des économies européennes, c’est une ombre projetée sur la solidarité européenne, sur une certaine vision du projet communautaire, aussi.

Nous devons poursuivre nos efforts pour assurer la stabilité de la zone euro, nous devons mettre en œuvre de manière déterminée l’Union bancaire.

Continuer la lecture

Mon interview de ce matin par Jean-Pierre Elkabbach – Europe 1 matin

Mon interview de ce matin par Jean-Pierre Elkabbach dans Europe 1 matin : accord sur la supervision bancaire, zone euro, politique économique de la France, pouvoir d’achat.

Europe : les leçons du Prix Nobel

cc European Parliament

En accordant cette année à l’Union européenne le Prix de la Paix, le Comité Nobel a suscité la controverse, provoquant l’ironie de ceux qui constatent l’échec économique de l’Europe et la colère de ses opposants. Ce choix, certes paradoxal en apparence, est toutefois bienvenu et nous incite à revenir à l’essentiel : la contribution exceptionnelle de l’Europe, depuis soixante ans, à la réconciliation entre les peuples et à la cause de la paix qui est le fondement philosophique de cette construction unique.

C’est une invitation au monde à ne jamais renoncer au dialogue entre les peuples. Je pense ici à des conflits trop anciens, comme celui qui oppose si douloureusement Israéliens et Palestiniens, ou à des tensions héritées de l’histoire et de la géographie qui perdurent encore aujourd’hui et menacent l’équilibre de la planète. L’Europe n’est pas un modèle qu’il faudrait imiter en tout, mais sa construction, basée sur la réconciliation entre des Nations et des peuples que tant de guerres avaient séparés, peut inspirer, en rappelant que tout est possible aux hommes de bonne volonté, que furent hier les « pères fondateurs » de l’Europe.

J’y vois avant tout un précieux signal d’encouragement pour les Européens

J’accueille ce signal en Européen engagé de longue date, aujourd’hui en première ligne, dans mes fonctions de ministre de l’Economie et des Finances du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault, dans le combat contre la crise qui touche notre économie. Et j’y vois avant tout un précieux signal d’encouragement pour les Européens, en ces temps de grandes difficultés économiques qui suscitent une hésitation ou une réticence à poursuivre ce grand projet. Car ce prix Nobel, que d’aucuns veulent croire à contretemps, est d’abord un rappel du chemin parcouru par les Européens sur un continent qui a connu au cours du XXème siècle deux sanglants conflits devenus mondiaux, qui a éprouvé le nazisme et la Shoah, le stalinisme et la guerre froide. Ce terrible héritage, fait de lourdes haines entre les peuples, nous avons su le surmonter en construisant une paix durable, un espace de plein respect des droits humains. La réconciliation franco-allemande, à l’origine si improbable, y a tenu un rôle évidemment décisif.

Continuer la lecture

Conseil Européen du 30 janvier 2012 – Conférence de presse de Pierre Moscovici

Pierre Moscovici a tenu le 31 janvier 2012 une conférence de presse au sujet du Conseil Européen du 30 janvier 2012 .


Conférence de presse de Pierre Moscovici sur le… par francoishollande

Le Conseil européen a adopté un traité qui confirme les craintes que j’avais exprimées à l’issue du Conseil européen du 9 décembre 2011. Il n’apporte pas de réponse à la crise. Il reste marqué par une obsession de la discipline budgétaire qui aggravera l’austérité et la récession. Il fait l’impasse sur les impératifs de la croissance, de la solidarité, de la lutte contre les risques financiers, mais aussi du contrôle démocratique des décisions européennes.

Le combat contre l’endettement public est un combat pour la Gauche

La responsabilité budgétaire s’impose à tous, dans un contexte de menace sur les capacités d’action de l’Etat. Je l’ai déjà dit et je le répète, le combat contre l’endettement public est un combat pour la Gauche. Parce que quand un Etat est endetté à l’excès, quand le service de la dette devient le premier budget de l’Etat, dans un contexte où il faut réduire les déficits, alors ce sont les services publics qui trinquent. Et si l’on veut retrouver de la souveraineté, si l’on veut retrouver les marges de manœuvre pour développer les services publics, l’éducation, l’hôpital, les services publics locaux, alors il est indispensable de se désendetter. C’est la raison pour laquelle nous mettrons en place, comme François Hollande l’a dit, un cadre national de réduction des déficits et de la dette qui conduit à l’équilibre des finances publiques à la fin du quinquennat. C’est un engagement absolu qui figure en tête du projet de François Hollande. Il ne s’agit donc en aucun cas de remettre en cause cela.

Continuer la lecture

Intervention de Pierre Moscovici dans le débat préalable au Conseil européen

Intervention de Pierre Moscovici au nom du groupe socialiste à l’occasion de la discussion préalable au Conseil européen des 23 et 24 juin

Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères,Monsieur le Ministre des Affaires européennes
Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères,
Monsieur le Président de la Commission des Affaires européennes,
Mesdames et Messieurs les députés, mes cher-e-s collègues,

Nous sommes ici à la veille d’un nouveau Conseil européen, pour le désormais traditionnel débat préalable à cette réunion. Quasiment 3 mois jour pour jour après que je suis venu ici-même présenter les positions de mon groupe en vue du précédent Conseil, je pourrais reprendre quasiment mot pour mot le discours que je tenais alors, qui vous avait irrité.

Alors, je vous le demande : qu’avez-vous fait de l’Europe ? Que faites-vous de l’Europe ? Notre continent, vous n’êtes pas sans le savoir, s’enfonce dans la crise. Alors que l’heure devrait être à la solidarité et à la responsabilité pour surmonter la crise, sauver la zone euro, relancer la croissance et accompagner les transitions en Méditerranée, c’est la défiance, le désordre et la cacophonie qui dominent la période, et qui risquent aussi de dominer la réunion à venir.

J’en veux pour preuve votre attitude dans la crise grecque.

Les socialistes ont, depuis le début de la crise, demandé à ce que du temps et de l’air soient donnés à la Grèce. C’était le sens de l’action de Dominique Strauss-Kahn au FMI, c’est ce que nous voulons encore aujourd’hui. Nous souhaitons en même temps que le secteur privé soit associé à l’effort, tant il serait impensable que les seuls sacrifices soient portés par les salariés, les employés et les fonctionnaires grecs. La solution d’un échange volontaire d’obligations, en permettant de prolonger l’échéance d’une partie de la dette grecque sans entraîner le défaut du pays et déstabiliser davantage le système financier, nous semble une voie convenable à court terme. Un accord sur cette base serait une bonne chose pour l’Europe.

Continuer la lecture