« Les critiques de la droite sur le projet du PS étaient stéréotypées » – Le Post

Attaque de l’UMP contre la primaire et contre le projet du PS, rapport de forces entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn…

Sur Le Post, le député strauss-kahnien renvoie dans les cordes Jean-François Copé, qu’il accuse d’avoir voulu « faire diversion » en remettant en cause la légalité du scrutin interne des socialistes pour désigner leur candidat à la présidentielle. Et il assure que « Martine Aubry n’est pas dans une stratégie d’empêchement » vis à vis de DSK.

Mercredi, le président du Sénat a annoncé que la Commission des Lois du Sénat allait vérifier la légalité de la primaire PS, après que Jean-François Copé a lancé des accusations contre les modalités de votre scrutin interne. Jeudi, cette commission et le Conseil constitutionnel se disent tous deux incompétents pour en juger. Qu’en pensez-vous ?

« C’est du grand n’importe quoi. Dès le départ, cette attaque de Copé m’a parue saugrenue. Comme cela intervenait au lendemain de la convention sur la laïcité, il a peut-être voulu faire oublier le fiasco de son débat et ouvrir un autre front. »

« C’est une diversion grossière qui fait un flop pour deux raisons : la Commission des Lois du Sénat et le Conseil constitutionnel sont incompétents pour juger de la légalité de la primaire. Et d’autre part, le PS s’est entouré de toutes les garanties juridiques nécessaires en consultant la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), la Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis politiques (CNCCFP), le Conseil constitutionnel et le ministère de l’Intérieur, qui a autorisé la constitution du fichier électoral. »

« Copé a voulu faire coup double : faire diversion et jeter le doute sur notre processus interne. Mais avec la réaction de la Commission des Lois du Sénat, c’est un juste retour à l’envoyeur. Et l’attaque de Copé produit l’effet inverse, cela crédibilise notre projet. »

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Glissement

Le premier tour des élections cantonales a rendu son verdict : il exige de notre part une analyse approfondie.

Vendredi, je vous livrais mon analyse de la campagne : elle est confirmée par ses résultats. Elle tenait en quatre points, tous vérifiés. Le premier est la force de l’abstention – qui prive ce scrutin de valeur prédictive absolue en vue d’une élection nationale. Les Français n’ont pas été passionnés par ces élections, qui se sont de plus tenues dans un contexte international tendu, dont l’impact psychologique a sans doute pesé sur les consciences : la portée du scrutin est loin d’être négligeable, mais ce n’est pas le premier tour de la présidentielle. Le deuxième enseignement est, sans aucun doute, la poussée du Front national, qui dépasse les prévisions par son ampleur. Avec près de 15 % des voix, qui plus est en étant absent dans 400 cantons, le FN réalise son meilleur score historique dans un scrutin local – peu favorable à ses couleurs, tant il privilégie les « notables » bien implantés – il est présent au second tour dans 399 cantons et talonne l’UMP. Je le vois dans le pays de Montbéliard, où il retrouve son score de 2002 – entre 25 et 31 % – et où il est le seul parti présent dans les 4 cantons renouvelables – 2 duels PS/FN, 1 triangulaire, 1 duel FN/droite. La menace d’un nouveau 21 avril – « à l’endroit », avec l’élimination du PS, ou « à l’envers », au détriment du Président sortant, n’est plus un fantasme – elle est sérieuse, nous devons l’avoir en tête.

Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements

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Moscovici dénonce des propos « honteux » de Wauquiez sur les « racines » de DSK

(AFP)

Le socialiste Pierre Moscovici a dénoncé vendredi des propos selon lui « honteux et scandaleux » de Laurent Wauquiez sur « les racines » de Dominique Strauss-Kahn prononcés après le discours de Nicolas Sarkozy au Puy-en-Velay appelant à assumer l’héritage chrétien de la France.

Interrogé par des journalistes qui lui demandaient si le but de la visite du chef de l’Etat au Puy-en-Velay, haut-lieu de la chrétienté, était de se différencier du directeur général du FMI en vue de 2012, M. Wauquiez, maire de la ville, avait répondu : « ce n’est pas la même approche, Dominique Strauss-Kahn est à Washington, il a sûrement une très belle maison qui donne sur le (fleuve) Potomac. Ce n’est pas la Haute-Loire, ce n’est pas ces racines-là ».

« Laurent Wauquiez est un garçon pour lequel j’ai plutôt de la sympathie », « c’est un européen de conviction, c’est un garçon cultivé, il a été normalien, major de l’agrég(ation) d’histoire, major de l’Ena, et le voilà qui profère des propos énormes et honteux » sur Dominique Strauss-Kahn, a dénoncé le député du Doubs sur i-TELE et Radio Classique.

« Juste après que Nicolas Sarkozy ait évoqué les racines chrétiennes » de la France il dit que DSK « ce ne sont pas ces racines-là », a-t-il pointé.

« Je n’ai pas pensé pas que Christian Jacob (qui a reproché à M. Strauss-Kahn de ne pas représenter « la France des terroirs », ndlr) soit antisémite, je ne pense pas que Laurent Wauquiez soit antisémite (…) En revanche, s’agissant de quelqu’un comme lui, agrégé d’histoire, il sait très bien ce qu’il fait », a-t-il dit.

« C’est du fayotage, c’est de la courtisanerie mais derrière tout cela » il y a aussi « une stratégie qui vise à déstabiliser Dominique Strauss-Kahn sur un plan très personnel dont je ne doute pas qu’elle vienne d’en haut », a accusé M. Moscovici.

Selon lui, le ministre doit « retirer » ses propos car « il a mordu le trait ». Avec de telles déclarations, la campagne présidentielle risque de « tomber très, très vite dans la boue », a-t-il lancé.

A bout de souffle

Avant de reparler ultérieurement de la politique étrangère de la France et de ce qu’elle devrait être, je reviens, un peu tardivement – la campagne pour les cantonales me prend du temps, et je finis d’écrire mon livre – sur le remaniement du gouvernement ce dernier week-end.

Nicolas Sarkozy a essayé d’habiller d’un discours géopolitique une crise politique, en vain. Il a péniblement tenté d’expliquer que le changement du triangle gouvernemental « régalien » – Intérieur/Défense/Affaires étrangères, excusez du peu – était dû à un changement de donne stratégique, lié au « Printemps arabe ». Je ne nie pas l’importance de celui-ci, qui avait jusqu’alors échappé au Président de la République. Mais le discours – creux, court, sans souffle ni énergie – eût été plus convaincant si nous n’étions pas sortis d’une phase où le gouvernement venait, justement, d’être remanié, où l’on avait annoncé à grands sons de trompe une équipe professionnelle, d’une séquence où le Chef de l’Etat était supposé se « représidentialiser ». La parodie de dimanche soir était la sortie d’un scénario de panique, le dénouement d’un épisode pathétique, qui avait vu l’effondrement de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, prise dans ses conflits d’intérêt,enfermée dans ses mensonges, disqualifiée par sa complaisance et son cynisme, et le discrédit jeté sur la politique étrangère de la France, et sur celui qui la mène en réalité, Nicolas Sarkozy lui-même : rien de moins, rien de plus. Cela ne pouvait pas convaincre au contraire : l’inexorable chute de la cote de confiance de l’exécutif va continuer, le pays ne peut être rassuré.

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P. Moscovici. «DSK fait paniquer la droite »

Qui fait le plus de mal à DSK. Est-ce Christian Jacob ou Jean-Luc Mélenchon?

La vie politique est dure. Et si Dominique Strauss-Kahn est candidat à l’élection présidentielle, ce que je souhaite, la campagne sera difficile. On ne peut pas demander que la campagne se déroule dans un univers de bisounours. DSK devra répondre aux attaques. Il devra montrer qu’il n’est pas un haut-fonctionnaire expatrié, mais un homme qui connaît bien la France, un homme qui a été député pendant vingt ans et maire de Sarcelles, une commune populaire. Ce que je reproche à Monsieur Jacob, c’est d’avoir placé la campagne sur un terrain plus que glissant avec des propos malsains et nauséabonds. Jean-Luc Mélenchon est à l’attaque sur un certain nombre de thèmes. Je ne l’approuve pas. Je pense qu’il se trompe et qu’il risque ainsi de dégrader la possibilité d’unir la gauche. Je crois aussi que cela ne marchera pas, parce que ses électeurs n’approuvent pas cette démarche. Mais ce n’est pas de même nature que les attaques lancées par une partie de la droite.

Après la déclaration d’Anne Sinclair, les attaques de la droite ne contribuent-elles pas à faire de DSK le candidat incontournable du PS?

De la part de la droite, ces attaques traduisent en tout cas une sorte d’inquiétude et même une puissante panique. Depuis les propos d’Anne Sinclair, on a compris à l’Élysée que la probabilité d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn était forte, et même qu’elle allait croissante. Comme le président a montré, à l’occasion de l’émission de TF1, qu’il manquait totalement de ressort et d’énergie, il y a désormais une crainte à droite. Je pense que ce sentiment de panique se retournera contre ceux qui l’éprouvent parce qu’il conforte la possibilité d’une candidature de DSK.

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