Pierre Moscovici : « L’absence de réformes structurelles ne nous serait pas pardonnée » [Les Echos]

cc Parti socialiste

Notre ambition est de redresser la maison France, elle doit être collective et partagée.

Le patronat parle d’une situation économique « gravissime » et appelle à des réformes structurelles très fortes. Faites-vous le même diagnostic ?

Attention à ce ton catastrophiste. Il faut sortir de ce climat de tension qui n’est pas sain. Notre ambition est de redresser la maison France, elle doit être collective et partagée. Je veux être le ministre des entreprises, je revendique une attitude pro-entreprises. Sans les entreprises et les entrepreneurs, pas de création de richesse, pas d’emplois, pas de croissance. Elles doivent trouver dans les pouvoirs publics un partenaire stable, positif. On n’insiste pas assez sur toutes les mesures fiscales qui restent inchangées et qui soutiennent nos PME. Aucune des mesures fiscales du PLF ne les affecte. Toutes ont prévu une franchise ou un abattement pour faire en sorte que les PME ne supportent aucune surcharge fiscale. Un exemple, l’exonération des plus-values pour les entrepreneurs partant en retraite et pour ceux qui réinvestissent leurs plus-values n’a jamais été remise en cause. En revanche, nous élargissons l’accès au crédit d’impôt recherche et nous offrons le concours de la Banque publique d’investissement. Et nous sommes fiers aussi de nos grands groupes ! C’est pourquoi il faut éviter les excès de langage et veiller à ne pas utiliser des termes qui discréditent la France dans son ensemble. Le gouvernement ne pratique pas de racisme anti-entreprises. Il ne faudrait pas non plus faire de faux procès systématique contre le gouvernement. Nous avons un cap, nous savons où nous allons, nous voulons redresser la France dans la justice, créer les conditions d’une croissance solidaire, durable, créatrice d’emplois. Nous travaillons dans l’intérêt du pays.

Le Medef exige le retrait de la soumission des plus-values mobilières au barème de l’impôt sur le revenu…

Les refus de principe, les combats frontaux affaiblissent toutes les parties. Cela n’a pas de sens d’engager un bras de fer, avec la volonté d’avoir un gagnant et un perdant. Quand un mouvement spontané soulève de vraies questions, je l’accueille. Quand les chefs d’entreprise, à travers leurs organisations, souhaitent une écoute, un dialogue, ma porte est ouverte. Quand on bascule sur des critiques globales et idéologiques, je le refuse. Tout le monde doit participer à l’effort collectif de redressement, y compris les entreprises. A un moment, il faut savoir atterrir, mettre fin à une mauvaise querelle, trouver des compromis intelligents.

Les aménagements sont-ils calés ?

Nous sommes fermes sur les principes, mais très pragmatiques dans la mise en œuvre. Il n’est pas question de revenir sur l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Mais je veux combattre la rente et la spéculation, surtout pas la prise de risque. Or les plus-values de cession pour les entrepreneurs ne sont pas un revenu du capital comme un autre. Elles s’apparentent davantage au revenu d’un travail créatif. Nous avons donc décidé plusieurs aménagements, à débattre avec le Parlement. D’abord, de revenir sur la rétroactivité de la mesure en 2012. Ensuite, la réforme ne s’appliquera pas aux créateurs d’entreprise, les abattements seront renforcés pour les investisseurs, les « business angels » seront encouragés à réinvestir. Quant aux gestionnaires de fonds et aux dirigeants détenteurs d’actions gratuites, ils seront traités de façon spécifique.

Pouvez-vous garantir que la taxation à 75 % des revenus élevés n’aura pas d’incidence sur les grands groupes, qu’il n’y aura pas de départs des états-majors ?

Je ne suis pas le camarade des patrons, comme on le disait de Gerhard Schröder ! Mais je vois beaucoup de chefs d’entreprise, c’est dans mon rôle, et aucun de mes interlocuteurs ne me parle aujourd’hui de la taxe à 75 %. Aucun. Et je vous rappelle que les 75 % sont une mesure exceptionnelle dont la durée est limitée à deux ans.

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