Pierre Moscovici intervenait hier à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour 2011-2014.
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,
Qu’il semble loin le temps où le gouvernement nous vantait les mérites du plan de relance de 26 milliards d’euros, ou celui du « grand emprunt » de 35 milliards d’euros à des fins d’investissements dans l’avenir. Oui, il est loin dans le souvenir du gouvernement, qui avec cette loi de programmation des finances publiques pour les trois ans à venir, se drape des habits neufs de la rigueur et de la responsabilité budgétaires. Et pourtant, quelle pirouette rhétorique, quand on sait que le plan de relance a été examiné ici en février 2009, et l’emprunt national pas plus d’un an plus tard, en février 2010, et surtout lorsqu’on s’éloigne des éléments de langage convenus pour s’en tenir aux actes et aux faits. Cette réalité, quelle est-elle ? Lire la suite
Dès hier, j’ai mis en ligne sur ce blog mon discours lors de la Convention nationale du Parti socialiste consacrée à l’ « égalité réelle » Je veux aujourd’hui vous parler de l’ambiance de ce rassemblement, qui a montré ce dont cette formation politique est capable – le bon et le moins bon – et vous expliquer ma démarche. Lire la suite
Quittons, si vous le voulez bien, le débat stérile sur les primaires socialistes, désormais émaillé de sondages quotidiens qui ne veulent rien dire – on ne connaît ni le corps électoral, ni les candidatures effectives, l’échéance est très lointaine – et de déclarations approximatives. Martine Aubry a rappelé, utilement, notre calendrier : déclaration de candidatures en juin, primaires à l’automne. Chacun sait, maintenant, qu’il ne sera pas bousculé : c’était ma position, j’en suis donc satisfait. Prenons plutôt conscience que l’inquiétude de nos concitoyens est ailleurs, que leurs préoccupations sont tournées vers des questions plus essentielles – la précarité, qui explose, les inégalités, qui s’aggravent, le chômage, qui perdure, bref les difficultés économiques et sociales du pays, qui nous assaillent tous les jours, et dont la résolution sera le vrai sujet des échéances politiques à venir. C’est là-dessus, d’ailleurs, que les aspirants-candidats devraient concentrer leur effort. Lire la suite
Ça y est, le « gros mot » est lâché. François Fillon, qui n’en parle jamais à Paris, a fini par le dire à Tokyo, devant un parterre d’investisseurs japonais et sous le regard heureux de Christine Lagarde : le véritable nom de la politique économique française est la rigueur. « De tous les budgets de l’Etat, le seul qui échappe à la rigueur, c’est celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche », a-t-il avoué dans un plaidoyer pour la zone euro. Quitte à surprendre, je confesse préférer cette franchise aux circonvolutions embarrassées, aux trouvailles sémantiques inventées pour contourner le mot, et la chose. Cela mérite toutefois de s’y arrêter un instant, pour chercher le sens caché de cette déclaration, qui ne peut être anodine, à laquelle je vois trois explications, et qui appelle, de la part de la gauche, une réflexion. Lire la suite