Devoirs de vacances

cc Elysee

Vous le voyez, le temps me manque désormais pour écrire souvent sur ce blog. C’est au fond rassurant, le contraire indiquerait un temps libre qui ne conviendrait pas aux fonctions que j’exerce. Je veux toutefois, à la veille de vacances particulières – car les vacances « ministérielles » sont forcément courtes, actives, et peuvent être interrompues à tout moment- vous livrer quelques remarques sur les mois écoulés et les temps à venir.

Tout, évidemment, n’a pas été fait, mais le travail accompli, en si peu de jours, est d’ores et déjà considérable.

La gauche est au pouvoir depuis 10 semaines, et cette période a été incroyablement dense. Je lis, ici ou là, des commentaires, j’entends des réflexions, non pas de déception – ce serait prématuré ou c’est de mauvaise foi – mais d’impatience ou de scepticisme. Notre action serait prudente, équilibriste, pour ne pas dire immobiliste. La session parlementaire aurait été creuse, voire vide, et marquée par la revanche, notre politique – en particulier dans le champ économique qui est le mien – serait insuffisamment claire et lisible. Je comprends les attentes, je sais que l’action humaine est perfectible, je connais le devoir de dévouement à la tâche et de réussite qu’exige l’exercice des responsabilités que nous ont confiées les Français, d’abord en élisant François Hollande à la Présidence de la République, le 6 mai, puis en donnant à la gauche, et en particulier au Parti socialiste, une large majorité parlementaire les 10 et 17 juin. Mais je veux dissiper les malentendus et corriger une injustice. Tout, évidemment, n’a pas été fait, mais le travail accompli, en si peu de jours, est d’ores et déjà considérable.

La gauche avait quitté le pouvoir depuis 10 ans. Elle s’est sérieusement et soigneusement préparée à le retrouver, si les Français lui accordaient à nouveau leur confiance. Nous savions, d’abord, l’état du pays, affaibli à la fois par la crise et par 10 ans d’une gestion de droite marquée par la brutalité et l’iniquité du sarkozisme après les hésitations du chiraquisme à son crépuscule. Le pays doute de lui-même, et souffre – je ne cesse de le dire, parce que c’est vrai- d’un triple déficit – de crédibilité budgétaire, de compétitivité, de croissance et d’emploi. Il se défie des politiques, parce qu’il ne saisit plus le sens de son avenir. Il s’interroge sur sa place dans le monde. Il n’est plus au clair sur son vivre ensemble. La tâche est donc considérable, lourde, elle est historique. C’est pourquoi, dans la campagne présidentielle, que j’ai dirigée aux côtés de François Hollande, nous avons tant insisté sur le redressement dans la justice. Car, si le redressement est indispensable, et s’il appelle des efforts, ceux-ci ne peuvent être acceptés que s’ils sont, à l’opposé des dernières années, justement partagés.

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Pierre Moscovici invité de C politique

Pierre Moscovici était hier l’invité de « C Politique » sur France 5.
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