Meeting de Pierre Moscovici à Lyon

Retrouvez ci-dessous le discours prononcé par Pierre Moscovici lors du meeting qu’il a tenu hier à Lyon.


Discours de Pierre Moscovici à Lyon par PartiSocialiste

Retrouvez, aussi, l’entretien qu’a accordé Pierre Moscovici au journal « Lyoncapitale ».

Lyoncapitale.fr : Ce mercredi, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a plaidé pour une politique de croissance en Europe. François Hollande se sent-il un peu moins seul ?

Pierre Moscovici : Une prise de conscience est en train de se faire partout en Europe et même aux Etats-Unis. L’Europe n’a pas d’avenir si elle a l’austérité pour seul horizon. Aujourd’hui les pays s’enfoncent dans la croissance molle voire dans la récession. L’Europe doit ajouter une dimension de croissance. C’est important qu’une voix aussi forte que le président de la Banque centrale européenne le dise.

Mario Draghi suggère des politiques de flexibilité et d’ouverture de certains secteurs trop réglementés. Est-ce envisageable pour François Hollande de suivre aussi cette voie ?

Mario Draghi et François Hollande ont des positions différentes, des rôles différents aussi. Il n’y a rien de choquant à cela. L’important est ailleurs : le président de la BCE ne parle pas au hasard, et sa parole est écoutée. Il est décisif qu’il se prononce pour une stratégie de croissance européenne.

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Étriqué

Impossible, aujourd’hui, d’échapper au « discours de Toulon » de Nicolas Sarkozy, qui a saturé l’espace médiatique, squatté les écrans, envahi les commentaires de la presse. Il s’agissait d’une gigantesque opération de communication, cela n’a échappé à personne, mais aussi d’une profession de foi du candidat Sarkozy, non dénuée de sens. Je veux y répondre.

Je le redis ici – ce n’est pas anecdotique, mais sérieux et même grave – il est inacceptable que le premier responsable français fasse ainsi campagne, aux frais du contribuable, au mépris des lois sur le financement de la vie politique

Une évidence, d’abord, ce fut un discours de campagne, autant et plus qu’une intervention de chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy est certes encore Président de la République pour cinq mois, il fait désormais à peine semblant d’incarner l’intérêt général et de respecter la discipline qu’impose sa fonction. Je le redis ici – ce n’est pas anecdotique, mais sérieux et même grave – il est inacceptable que le premier responsable français fasse ainsi campagne, aux frais du contribuable, au mépris des lois sur le financement de la vie politique – fort peu appliquées il est vrai s’agissant de l’élection présidentielle, comme l’a confessé hier un ancien membre du Conseil constitutionnel à propos de la validation des comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1995. C’est à la fois une indécence, une injustice et une illégalité. Les Français, j’en suis sûr, n’en sont pas dupes, et ne l’apprécient pas. Pour ma part, j’ai été mal à l’aise de voir cette salle peuplée uniquement de militants UMP, au garde à vous, écouter un candidat critique, caricaturer la gauche sur les deniers publics. Ce n’est pas l’image que je me fais de la France et de notre République.

Toulon 2 montre l’ampleur des échecs, des approximations, des mensonges du candidat-Président.

Nous avons aussi assisté à un discours d’aveu, ou de reniement. Quelle drôle d’idée, au fond, d’être revenu à Toulon, où Nicolas Sarkozy avait prononcé, en 2008, un discours « de vérité » face à la crise, qui s’est avéré être une supercherie ! Toulon 2 montre l’ampleur des échecs, des approximations, des mensonges du candidat-Président. Celui-ci avait alors annoncé la sortie de crise et le retour de l’Etat : nous entrons en récession, et le marché triomphe, le capitalisme sans règles domine. Il avait promis la moralisation du capitalisme financier, celui-ce ne connait aucune limite : les bonus sont toujours là, les traders fous prospèrent, les agences de notation sanctionnent toujours sans contrôle. Il avait annoncé une fiscalité écologique : il y a renoncé. Il avait promis de refuser l’austérité et de partager justement les efforts : la rigueur extrême est là, et la justice sociale et fiscale n’est pas. En vérité Nicolas Sarkozy a eu tort de revenir sur les lieux du crime : il a ainsi signé sa faute.

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Convention sur l’égalité réelle: Discours de Pierre Moscovici

Chère Martine, cher Benoit, chers camarades,

Nous sommes aujourd’hui réunis autour d’un thème qui nous est cher, à nous socialistes. Cher, parce que, derrière ce terme d’égalité se trame l’histoire de la lutte historique de la gauche contre les inégalités. Cher, parce que cette lutte n’est jamais terminée, et qu’elle trouve aujourd’hui, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, tout son sens. Cher enfin, comme l’ont montré les innombrables amendements déposés par les militants dans les fédérations, ce qui prouve à quel point ce thème reste au cœur de l’ADN de chaque militant socialiste.

Ne soyons – mes chers camarades – surtout pas effrayés de cette masse d’amendements : ils prouvent la vitalité de notre parti et l’engagement des forces qui le composent. Je me réjouis de ce débat ! Nous avons toujours été le parti des textes, celui des idées et nous continuerons à l’être. Peu d’autres formations politiques peuvent se vanter d’un tel processus de réflexion et de débat, sur des questions aussi profondes. N’écoutons donc pas ceux qui crient à la chienlit et à la division, ceux-là même qui raillaient hier un parti socialiste moribond, incapable de produire des idées nouvelles.

C’est dans le cadre de ce débat de fond que j’avais estimé, lors de la présentation de la première version du texte au conseil national, que la vision qui nous était proposé ne correspondait pas à une approche moderne de la lutte contre les inégalités. En conséquence, j’avais – comme vous le savez – souhaité m’abstenir sur ce premier texte, suivi en cela par un nombre significatif d’amis politiques. C’est à cette occasion que nous avons cosigné un texte, que beaucoup d’entre vous ont probablement lu, dessinant ce que devait à nos yeux être les piliers du combat pour l’égalité réelle.

Je veux ici m’arrêter avec vous quelques instants sur ces remarques, à la fois pour rappeler ce qui a motivé notre abstention, mais également pour saluer les avancées qui ont depuis été possibles.

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