Dernière ligne droite

Dans deux jours se tiendra le premier tour des primaires citoyennes organisées par le Parti socialiste. Il s’agit d’un rendez-vous essentiel : le gagnant de cette compétition démocratique aura la responsabilité majeure d’affronter Nicolas Sarkozy, de préparer l’alternance, il aura aussi de grandes chances, dans l’état actuel du pays, d’être le prochain Président de la République. C’est aussi un bouleversement de notre vie politique nationale : les primaires, si elles sont comme tout l’indique un succès de bout en bout, changeront les pratiques de l’ensemble des partis, comme le montre la fascination récente de personnalités de droite, à commencer par le Premier ministre François Fillon. Je veux ici faire un premier bilan et lancer un dernier appel.

Les primaires étaient, elles sont encore un formidable défi. Nous étions en effet confrontés à trois risques majeurs. Nous risquions, tout d’abord, le bide. Si nos débats n’avaient rencontré qu’un succès médiocre, si le vote n’avait rassemblé – attendons d’ailleurs de voir ce qu’il en sera réellement dimanche – qu’un faible nombre de votants, en un mot si nous n’avions pas fait de nos primaires autre chose qu’un gros Congrès du Parti socialiste, nous aurions été moqués, à juste titre reconnaissons le. Nous pouvions aussi connaitre un « bug ». L’organisation d’un tel scrutin demandait une organisation minutieuse, un contrôle précis, une mobilisation forte : la tâche était lourde, il n’allait pas de soi qu’un parti politique en ait les moyens. Enfin, et c’était d’ailleurs l’espoir de Nicolas Sarkozy et de la droite, nous pouvions offrir le spectacle d’une formation fracturée, tomber dans le péché mignon de la division, et dès lors sortir collectivement affaiblis de cette confrontation.

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