La France a besoin d’un nouveau modèle énergétique

Tribune de Pierre Moscovici et François Brottes, conseiller énergie du candidat socialiste, parue dans les Echos le 10 février 2012.

Depuis une semaine, la France est frappée par une vague de froid historique. Celle-ci nous conduit, pour nous chauffer, à battre des records de consommation électrique, alourdissant le budget des ménages -d’abord celui des plus précaires.
La droite voudrait faire de cette situation la démonstration a posteriori de la justesse de ses choix énergétiques. Le candidat sortant va à Fessenheim, d’autres se déchaînent contre les socialistes sur Twitter pour mieux faire oublier que, pendant ce temps, la facture des Français s’alourdit sans qu’aucune solution sérieuse ne soit proposée.
Les derniers jours viennent, à l’inverse, conforter la stratégie de transition énergétique de François Hollande, qui propose la réduction de 75 à 50 % à l’horizon 2025 de la part du nucléaire dans notre « mix » électrique, en s’appuyant sur les deux piliers de la maîtrise de la demande et du développement des énergies renouvelables.
D’abord, parce qu’il n’y a pas meilleure solution, à long terme, que de rénover et de mieux isoler les logements pour faire baisser la facture des Français. Outre le remplacement massif des appareils domestiques énergivores, nous proposons ainsi la rénovation thermique de 600.000 logements par an, associée à la construction de 400.000 autres. En baissant la consommation, nous ouvrirons la voie à une transition énergétique maîtrisée.
Les énergies vertes, pour leur part, représentent un marché mondial annuel en forte croissance de 200 milliards de dollars dans lequel la France doit prendre toute sa part si elle veut rester compétitive. C’est pourquoi la transition proposée par François Hollande intègre la création de filières industrielles d’excellence dans les énergies renouvelables, grâce à la création d’un fonds vert de capital-investissement au sein de la future banque publique d’investissement.

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Engager la France dans la transition énergétique

Pierre Moscovici publie une note pour la Fondation Jean Jaurès, intitulée « Engager la France dans la transition énergétique ».

Nombreux sont nos voisins européens à s’engager vers une sortie du nucléaire. Comment la France, pays le plus « nucléarisé » au monde, peut-elle réagir à l’après Fukushima ? Pierre Moscovici présente un scénario nous permettant d’envisager une transition énergétique.

Retrouvez l’intégralité de cette note sur le site de la Fondation Jean Jaurès :  http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Engager-la-France-dans-la-transition-energetique/%28language%29/fre-FR

Synthèse

La préparation de la France à la transition énergétique est désormais une nécessité absolue. Reste à en définir les modalités.

Afin de préserver son indépendance énergétique, la France n’a cessé de développer son parc nucléaire, à l’origine de 75 % de sa production d’électricité. Cet engagement s’explique par les nombreux avantages que peut représenter l’atome : une production d’énergie avec une émission limitée de gaz à effet de serre, une dépendance réduite vis-à-vis des producteurs d’hydrocarbures, l’élaboration d’une filière industrielle d’excellence, créatrice d’emplois. Cependant, les problèmes que pose le nucléaire sont à la hauteur de ses avantages et les événements du 11 mars dernier en sont une parfaite illustration.

La catastrophe de Fukushima, qui s’est produite dans un pays où il y a tout lieu de croire que les mesures de sécurité sont d’autant plus draconiennes que les risques sismiques sont élevés, nous permet de réévaluer les risques pesant sur notre propre politique de sécurité. Les opinions ne sont pas restées neutres et, aujourd’hui, les Français, qui, pour la moitié, estimaient avant 2010 que l’importance du nucléaire dans notre mix énergétique constituait un avantage, sont 77 % à se déclarer favorables à une sortie de l’atome. Pourtant, au sein de cette forte majorité, bien peu sont prêts, y compris parmi les sympathisants d’Europe Ecologie-les Verts, à en assumer les surcoûts !

Afin de dépasser le débat entre pro- et anti-nucléaires et de proposer un scénario différent de ceux rendus publics à ce jour, qui reposent sur un horizon de long terme (2030-2050), une priorité absolue donnée à la maîtrise de la demande d’énergie et le maintien d’une part d’électricité produite à partir du charbon et/ou du gaz pour pallier l’intermittence de certaines énergies renouvelables et équilibrer le système électrique, il est possible de tracer un chemin ambitieux préparant l’après nucléaire.

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