Mes réponses dans l’Est Républicain au sujet de PSA

J’ai répondu ce jour aux questions de l’Est Républicain concernant l’accord entre PSA, Donfgeng et l’Etat. J’y reviens sur les engagements de chacune des parties, sur les perspectives pour le constructeur automobile français, sur le rôle de l’État actionnaire et sur mon implication pour faire aboutir cet accord.

A lire ici, mes réponses parues dans l’Est Républicain :

Au-delà de la nationalité des actionnaires, les salariés demandent des contreparties, notamment en faveur du maintien de l’emploi, quelles sont-elles?

Je comprends les interrogations des salariés, mais qu’ils le sachent : cet accord a été fait pour eux.

Cet accord entre trois partenaires, laissant entrevoir une nouvelle ère, n’est pas fait pour créer des difficultés, mais pour favoriser PSA et lui permettre de continuer sa marche en avant, d’investir et de créer des emplois. Si l’État français est à bord, c’est pour garantir l’emploi en France. Et je peux dire qu’ayant été aux avant-postes dans cette négociation, je ne suis pas là pour brader l’entreprise. Aussi, plutôt que parler de contreparties, je parlerai d’engagements. Lesquels figurent dans l’accord industriel, en particulier la production d’un million de véhicules en 2016 dans l’Hexagone où doit se maintenir 75% de la Recherche et développement. En même temps, d’ici à 2016, chaque usine française devrait bénéficier de la production d’au moins un nouveau modèle. Alors oui, je comprends les interrogations des salariés, mais qu’ils le sachent : cet accord a été fait pour eux.

Est-ce à dire que l’État sera le garant de la bonne gouvernance?

Conserver PSA comme un groupe français, maintenir le pouvoir de décision en France tout comme la production.

Il sera un actionnaire très actif. Selon cette idée: conserver PSA comme un groupe français, maintenir le pouvoir de décision en France tout comme la production.

Pas de fermeture d’usine en France, donc.

Berceau de l’aventure Peugeot, Sochaux est le principal site du groupe, le vaisseau amiral, et a vocation à le rester, j’y veillerai tout particulièrement.

Continuer la lecture

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

La fin d’année approche, et c’est toujours un moment privilégié pour retrouver les siens, reprendre des forces, former des résolutions pour les temps qui viennent, se retourner aussi sur l’année écoulée pour en tirer des leçons. 2012 aura été pour le pays, pour la gauche, pour les hommes et les femmes désormais en charge du gouvernement de la France, un cru particulier. Au moment où cette année s’achève, je veux partager quelques analyses avec vous, en distinguant, comme le faisait jadis mon cher Léon Blum, la conquête du pouvoir et son exercice.

François Hollande était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Je reviens, tout d’abord, sur le temps qui a précédé le 6 mai, jour de l’élection présidentielle. Ce fut celui de la campagne, de cette bataille rude, tendue, que nous avons conduite avec la conviction qu’après tant d’années dans l’opposition, après tant de défaites dans la confrontation suprême, nous avions le devoir de tout faire, de donner le meilleur de nous-mêmes pour que les Français fassent confiance, après François Mitterrand, à un deuxième Président socialiste. Cette élection n’était pas gagnée d’avance. Certes, le sortant était affaibli par un bilan pauvre et par le rejet d’une politique erratique et souvent brutale. Pour autant, la France n’est pas structurellement à gauche – le premier tour l’a montré – et Nicolas Sarkozy, malgré sa lassitude et ses hésitations, voire les contradictions de son camp, n’était pas un adversaire facile. J’ai vécu cette campagne au premier rang, puisque je l’ai dirigée aux côtés de François Hollande. Elle fut, je crois pouvoir le dire, exemplaire – avec une équipe légère et cohérente, alimentée par un vivier d’experts nombreux et compétents, un rassemblement de tout le Parti socialiste derrière son candidat, une réactivité constante, une organisation et une mobilisation réussie. Le mérite en revient d’abord au candidat lui-même – combattant pugnace, orateur talentueux, travailleur inlassable et concentré – qu’une vie politique entière avait préparé à cette rencontre avec les Français. L’esprit de courtisanerie ne m’a jamais caractérisé, je garde ma liberté de pensée, mais je répète ce que j’ai déjà dit à l’époque : François Hollande, que je connais depuis 30 ans maintenant, m’a impressionné tout au long de ces mois, il était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Continuer la lecture