Pour une social-écologie – Terra Eco

Député et probable candidat aux primaires du PS pour les prochaines présidentielles, Pierre Moscovici tente de définir le socialisme de demain : rose avec du vert dedans.

Le 29 novembre prochain se tiendra à Cancún la conférence de l’ONU sur le changement climatique qui doit préparer l’après-Kyoto. A quelques jours de cette échéance, je veux ici prendre le temps de regretter l’échec, relatif mais indéniable, de la réunion organisée début octobre à Tianjin en Chine. C’est un préalable inquiétant, signe que le temps politique est rarement celui du long terme, alors que les difficultés économiques, les problèmes monétaires et la contestation sociale accaparent les agendas nationaux et internationaux.

Le Parti socialiste ne fait pas exception à la règle : après « l’embellie environnementale » des régionales – consécutive il est vrai d’une réelle percée électorale de nos partenaires d’Europe Ecologie – et de la convention pour un nouveau modèle de développement que j’ai animée au printemps, nous avons eu tôt fait de revenir à des priorités plus « classiques », aussitôt que ces questions ont cessé d’être en tête des préoccupations médiatiques. C’est une erreur. D’abord, parce que l’urgence climatique n’a pas changé. Ensuite, parce que ces questions seront un enjeu central des prochaines échéances électorales.

Plus que jamais, il est donc urgent de définir une véritable écologie socialiste qui soit précise et clairement identifiable. La convention nationale sur le nouveau modèle de développement, en avril dernier, fut l’occasion d’un pas décisif : pour la première fois, le Parti socialiste reconnaissait que sa clé de lecture du monde ne devait plus seulement être économique et sociale mais économique, sociale et écologique. Evidemment, je m’en félicite. Mais je veux dire immédiatement que ce n’est pas assez : nous devons, en tant que formation politique, dire clairement quelles sont les bases de notre doctrine en la matière.

Quelles pistes poursuivre pour fonder cette nouvelle identité écologique, propre à la social-démocratie ? J’en vois trois. Continuer la lecture