Mon interview dans Les Echos : « 75%, Livret A, budget : Moscovici dévoile ses choix »

Retrouvez ci-dessous mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos.


La sanction de la taxe à 75 % était-elle due à une erreur grossière ?

Non, il n’y a eu aucun machiavélisme consistant à introduire des mesures si grossières qu’elles ne pouvaient qu’être censurées ! Cela aurait été du masochisme. Nous n’avons pas non plus fait preuve de l’« amateurisme confondant » dont la droite nous accuse. Nos analyses juridiques montraient que le texte pouvait être validé. Je ne conteste pas la décision du Conseil, le juge constitutionnel dit le droit et il faut en tenir compte. Mais une autre lecture était possible. Le Conseil d’Etat ne nous avait d’ailleurs pas particulièrement mis en garde. Au-delà de cet épisode, la loi de Finances a été globalement validée. La décision du Conseil n’entrave pas notre stratégie économique, à l’instar du crédit d’impôt compétitivité, qui est conforté.

Nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil.

Un taux de taxation de 75 % est-il toujours possible ?

Le président de la République s’est exprimé à l’occasion de ses vœux aux Français. Nous réaménagerons cette contribution pour faire en sorte qu’il y ait bien un effort exceptionnel consenti par les plus riches, et nous n’allons pas abandonner l’esprit de la taxe. Je ne suis pas en mesure, aujourd’hui, à la lecture de la décision du Conseil, de dire si un taux de 75 % serait confiscatoire ou pas. Mais une chose est sûre, nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil et nous tiendrons compte de l’ensemble des paramètres et principes qu’il a fixés. Il n’est pas question de s’exposer à une nouvelle censure.

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Mon interview à Sud Ouest : « Il y a en France un problème de compétitivité »

CC Parti socialiste

J’ai accordé hier un entretien au quotidien régional Sud Ouest. J’y ai notamment abordé les enjeux de la compétitivité et de l’emploi.

Retrouvez-ci dessous le texte de cet entretien :

Ce vendredi, Pierre Moscovici, Ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Ayrault, est en visite dans le Lot-et-Garonne. À Marmande, chez Creuset Aéronautique.

Pourquoi une telle visite ?
Pierre Moscovici : Je veux être le ministre des entreprises. Ce genre de visite, c’est pour moi l’occasion de mener ce dialogue continu que j’ai noué avec les chefs d’entreprises et les salariés. C’est pour ça que j’irai d’abord dans une entreprise, Creuzet Aéronautique à Marmande aux côtés du député Matthias Fekl. Elle fait partie de ces entreprises de taille intermédiaire qui sont en France le chainon manquant, si on compare avec l’Allemagne. Nous manquons d’entreprises moyennes, innovantes et exportatrices.

Ce gouvernement est aux côtés des entreprises, en particulier des PME.

Celles-ci ont besoin d’être encouragés. Je veux aussi valoriser les entreprises qui marchent. Je rencontrerai ensuite à Agen des chefs d’entreprise pour une libre discussion, parce que je n’ignore pas qu’il y a chez eux des interrogations et des inquiétudes. Je veux leur dire que ce gouvernement est aux côtés des entreprises, en particulier des PME.

Ces chefs d’entreprises, s’ils vous demandent de revenir sur les 35 heures, quelle sera votre réponse ?
Ni le rapport Gallois ni le gouvernement ne préconisent la remise en cause des 35 heures. C’est une grande réforme du gouvernement Jospin à laquelle la gauche est attachée, parce que la conquête du temps libre constitue un progrès social qui va de pair avec l’évolution de notre société. Avec les assouplissements intervenus depuis 1997, nous sommes parvenus à un équilibre. Je note d’ailleurs que M. Sarkozy n’a pas supprimé les 35 heures, et que ni le Medef ni la CGPME ne demandent leur suppression.

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