Séminaire sur le fédéralisme budgétaire à Bercy : mon discours d’ouverture

J’ai ouvert ce matin, avec Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds Monétaire International, le séminaire organisé à Bercy sur le fédéralisme budgétaire. Ce séminaire conjoint de la Direction générale du Trésor et du FMI permet d’échanger sur une intégration budgétaire plus forte en Europe et au sein de la zone euro, ainsi qu’une meilleure gouvernance de l’Union économique et monétaire.

Pour un budget propre à la zone euro, nous devons développer trois axes : la constitution d’un socle de fédéralisme budgétaire, le renforcement des institutions européennes, et le renforcement équilibré de la surveillance budgétaire à court terme.

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Retrouvez ci-dessous mon discours prononcé ce matin :

Séminaire du Ministère de l’Economie et des Finances
et du Fonds Monétaire International

Propos introductif

– Mardi 10 Septembre 2013 –

 

Madame la Directrice générale,

Monsieur le Directeur,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Bienvenue à tous, et merci de votre participation à ce séminaire commun du Ministère de l’Economie et des Finances et du Fonds Monétaire International. C’est avec un réel plaisir que nous accueillons aujourd’hui, avec Christine Lagarde, les meilleurs experts en matière de fédéralisme budgétaire pour une réflexion et un débat aussi ouverts que possible.

Le fédéralisme budgétaire européen n’est pas, à mes yeux, un débat théorique.

Le fédéralisme budgétaire européen n’est pas, à mes yeux, un débat théorique. Si nous réfléchissons aujourd’hui à ses contours, si nous nous interrogeons sur les niveaux de transferts adéquats, les modalités de leur organisation, sur l’émission en commun de dette ou sur les éléments minimaux d’un budget pour la zone euro, ce n’est pas une réflexion « hors sol », désincarnée ou abstraite. C’est parce que la crise a mis en lumière certaines faiblesses de la zone euro auxquelles nous devons, collectivement, apporter des solutions.

Ce que la crise a révélé si crûment, en effet, c’est que l’Union Monétaire est une grande entreprise fondamentalement inachevée. Les architectes inspirés de la zone euro n’ont pas sous-estimé, à l’époque, le renforcement des interdépendances lié à l’unification monétaire ; mais l’équilibre des forces en présence lorsque la monnaie unique a vu le jour a donné naissance à ce qu’il faut voir comme une première ébauche plutôt que comme un projet abouti, aux contours définitifs.

L’euro, c’est un changement fondamental dans la façon de faire de la politique économique, une responsabilité commune, des interdépendances, un symbole, une identité, de la politique, du vouloir-vivre ensemble, de la citoyenneté.

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