Pour une sécurité juste

Particulièrement pris ces derniers jours, très chargés avant la coupure des fêtes, je n’ai eu que peu de temps pour commenter l’actualité judiciaire du week-end dernier. Je souhaite ici revenir sur la controverse au sein du gouvernement au sujet de la décision des juges du siège du tribunal correctionnel de Bobigny de condamner à une peine de prison ferme les sept policiers rendus coupables de violences et fausses accusations de tentative d’homicide. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a jugé cette sanction excessive, le garde des sceaux, Michel Mercier l’a soutenue, François Fillon a joué les Ponce-Pilate. Continuer la lecture

Trois adjectifs

Pour aujourd’hui, trois adjectifs me semblent bien qualifier l’actualité politique : conservateur, bizarre et scandaleux.

Conservateur. Tel est apparu François Fillon lors de sa déclaration de politique générale d’hier. Certains attendaient un « hyper Premier ministre », un nouveau Fillon, rempli de la force donnée par sa campagne victorieuse – contre Nicolas Sarkozy – pour rester à Matignon, voire un candidat alternatif à droite pour remplacer un Président victime d’un rejet sans précédent dans l’opinion. On annonçait un discours court et entraînant, propre à galvaniser une droite requinquée et rassemblée autour de son champion. En réalité on a vu arriver un Premier ministre des années 60, une sorte de réincarnation de Georges Pompidou ou Pierre Messmer, auteur d’une prestation brève, c’est vrai, mais sans flamme, sans souffle, plutôt terne, applaudie assez timidement par une UMP qui attendait mieux. François Fillon est certes, aujourd’hui, plus libre qu’hier, son gouvernement lui ressemble davantage, il est prêt à monter désormais plus souvent en première ligne, en somme il n’est plus le « collaborateur » de 2007. Mais il s’en tient, sans brio ni ambition, à sa fonction. De surcroît, il reste fidèle à son personnage, celui d’un homme de droite classique, incapable de se dépasser et d’accélérer.

Jusqu’au bout, ce Président baroque restera un problème pour le pays… et pour son camp. Continuer la lecture

Pierre Moscovici : Sarkozy « n’a pas de vision » – Bourdin Direct (RMC/BFM TV)

Pierre Moscovici, interviewé par Jean-Jacques Bourdin réagissait ce matin à la prestation du président de la République, Nicolas Sarkozy suite à sa longue interview télévisée.


Pierre Moscovici
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Diversion


Partant au Chili à l’invitation d’une fondation progressiste pour débattre de l’avenir de l’Amérique latine et en Europe, je serai absent de ce blog jusqu’à la semaine prochaine. Je vous dirai alors ma conviction que nous devons réfléchir à ce qui se passe sur ce continent, que nous négligeons trop, où les forces de progrès l’ont progressivement emporté sur les conservatismes et les dictatures pour développer des modèles de transformation économique et sociale résistant aux idées néo-libérales, alors que notre vieille Europe, berceau de la social-démocratie et de l’Etat-providence, s’est livrée aux droites réactionnaires. Pour l’heure, avant mon départ, je veux traiter de l’actualité politique qui tympanise les Français sans les passionner : le fameux remaniement ministériel, le « combat des titans » pour Matignon entre François Fillon et Jean-Louis Borloo. Continuer la lecture

La longue marche

Je sors d’une rude semaine, qui ne m’a pas laissé le temps d’écrire ici : débat à « Mots croisés » face à Jean-François Copé, manifestation à Montbéliard contre le projet de loi sur les retraites, visites dans ma circonscription du Président de la SNCF, mon vieil ami Guillaume Pépy, venu préparer le lancement du TGV Rhin-Rhône en décembre 2011, puis du Premier ministre François Fillon, enfin fête de la Rose dans la Creuse, à la Souterraine autour de Michel Vergnier et Jean-Jacques Lozach. La semaine qui vient est aussi très chargée : demain, j’irai à Londres, notamment pour rencontrer des membres du « New Labour », à la veille du choix de leur leader, et les socialistes français qui y vivent, mercredi, je voterai contre la « réforme » Sarkozy-Woerth, jeudi, j’irai à Montbéliard, vendredi et samedi à Bordeaux et Pau avec mes amis socialistes. Bref, vous le constatez, le rythme est soutenu. De passage, donc, je vous livre trois réflexions sur la semaine écoulée. Continuer la lecture

« Sarkozy traîne une équipe démotivée » – Libération

Interview de Pierre Moscovici parue dans Libération du 6 août 2010

Changer tout ou partie de l’équipe gouvernementale peut-il inverser la vapeur pour Nicolas Sarkozy ?

Ce remaniement interviendra de toute façon trop tardivement pour provoquer un choc salutaire. Nicolas Sarkozy n’a pas choisi le moment opportun pour changer de dispositif. Il aurait pu le faire avant le 14 juillet. Là, il se traîne une équipe totalement démotivée, conduite par un Premier ministre qui pense surtout à son propre avenir. Continuer ainsi, avec un gouvernement au bout du rouleau, est désastreux. A sa décharge, il dispose d’assez peu de ressources pour constituer une nouvelle équipe

Et changer de Premier ministre ?

Nicolas Sarkozy, par son mode de fonctionnement, s’est piégé lui-même. Continuer avec François Fillon, c’est s’interdire un changement devenu indispensable. S’en séparer, c’est se priver d’un homme sympathique aux yeux des électeurs de droite et qui assume la tâche qui lui est assignée.

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