Mon entretien paru aujourd’hui dans Les Echos et mes précisions en vidéos

J’ai tenu à apporter des explications sur nos réformes et sur notre cap dans un long entretien paru aujourd’hui dans le quotidien Les Echos.

Financement de l’économie, compétitivité, fiscalité de l’épargne et des entreprises, contrats « euro-croissance » : autant de sujets sur lesquels je m’exprime dans cette interview par Dominique Seux, Marie Bellan, Edouard Lederer, Etienne Lefebvre et Hélène Dupuy, à lire ci-dessous.

 

Les Echos : Ecotaxe poids lourds, fiscalité des produits de l’épargne, taxe à 75 % : un an après le lancement du plan compétitivité et les allégements de prélèvements l’accompagnant, le climat reste marqué par le ras-le-bol fiscal. Comment comptez-vous en sortir ?

Nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015.

L’inflexion souhaitée par le président de la République est déjà largement engagée. Rappelons d’où nous venons. La France n’avait pas fait, depuis dix ans, les réformes nécessaires pour muscler sa compétitivité et pour redresser ses finances publiques. Pour ce faire, nous avons dû, dès le budget 2013, réaliser un gigantesque effort budgétaire, de 1,7 point de PIB. En raison de l’urgence, et pour limiter les effets régressifs sur la croissance, les deux tiers de cet effort ont reposé sur les prélèvements, qui avaient été massivement augmentés par la droite. Continuer ainsi aurait été inefficace économiquement et insupportable socialement. Voilà pourquoi nous avons lancé le Pacte pour la compétitivité et l’emploi, et nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015. Les appels compréhensibles à la modération fiscale ont donc été entendus. Mais attention à ne pas délégitimer l’impôt, qui est à la racine de notre modèle social et républicain.

Vous n’avez pas apprécié de recevoir un carton jaune du Medef…

La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi.

Je croyais qu’au football on recevait un carton jaune quand on commettait une faute grave. Là, que nous ont reproché le Medef et la CGPME ? D’avoir consenti à retirer une mesure intelligente, mais qui n’était pas totalement mûre – la taxe sur l’excédent brut d’exploitation – pour la remplacer par une solution qui avait leur préférence… Ce n’est pas très sport ! Et surtout, ce n’est pas la bonne démarche. La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi. Ma conviction profonde, c’est que nous y parviendrons à la fois grâce à un soutien déterminé au pouvoir d’achat et par un compromis historique avec les entreprises de ce pays, en leur assurant les meilleures conditions pour investir, sur le plan fiscal comme dans le financement de l’économie. Mais pour y parvenir, il faut sortir de la surenchère et des caricatures, qui appauvrissent le débat et compliquent le dialogue. Je suis dans une démarche sincère. J’attends la même sincérité en retour.

Etes-vous prêt à vous engager à ce que les Assises de la fiscalité des entreprises aboutissent à une baisse des prélèvements, comme le réclame le président de l’Afep, Pierre Pringuet ?

Je respecte Pierre Pringuet, qui est un partenaire fiable. Mais on ne peut pas poser de tels préalables avant des assises dont l’objectif doit être de construire une fiscalité des entreprises qui soit économiquement plus pertinente. Chacun doit, en outre, être conscient de nos marges de manœuvre. Je ne peux laisser dire que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne ferait pas d’économies ou augmenterait les prélèvements de 25 milliards l’an prochain. C’est faux, c’est même exactement l’inverse que nous faisons ! Il y aura bel et bien 15 milliards d’économies en 2014 et le taux de prélèvements obligatoires sera presque stabilisé. C’est sans précédent.

Vous avez abandonné ce week-end la taxation rétroactive des PEA et des PEL. Pourquoi pas l’assurance-vie ?

Savoir écouter les inquiétudes et décider en pensant à la situation des épargnants les plus modestes est une vertu.