Pierre Moscovici était hier l’invité de l’émission « Les 4 vérités », à 7h50 sur France 2.
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La campagne du deuxième tour s’achève. Elle a été, comme toujours, différente de celle du premier. Il s’agit, en effet, en peu de jours, de rassembler les camps dispersés, de convaincre les abstentionnistes, bref de mobiliser. Les argumentations politiques se simplifient, les campagnes se localisent, pendant que se déroule un débat national sur le sens du vote. De manière logique, j’ai moins bougé, me contentant d’aller soutenir, comme je l’avais promis, nos candidats à Pau, au coeur d’un des départements, les Pyrénées-Atlantiques, que nous pouvons conquérir, et mon ami Vincent Fuster à Besançon. Pour le reste, je me suis concentré sur mon territoire, le Pays de Montbéliard, dont les confrontations de second tour – 2 duels PS/FN, 1 duel FN/UMP, 1 triangulaire – résument les difficultés politiques de l’heure.
Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes
A 48 heures d’un second tour, on est toujours dans l’incertitude, et de nombreuses questions se posent. L’abstention baissera-t-elle ? Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes. La mobilisation sera sans doute supérieure dans les cantons à « enjeu », où se déroulent des affrontements serrés entre la droite et la gauche ou bien des triangulaires. Elle sera probablement plus faible, dans les duels atypiques – droite/FN, gauche/FN – où le camp éliminé choisira largement… de ne pas choisir. La gauche progressera-t-elle ? Je le pense. Bien sûr, l’unité n’a pas été parfaite entre les deux tours, et le comportement des écologistes, qui ont décidé le report sur les candidats de gauche les mieux placés au plan national, mais s’y dérobent parfois localement – c’est le cas dans le Doubs – quand ils ne se maintiennent pas dans des cantons où ils sont opposés à des candidats d’autres partis progressistes, aurait pu être plus clair. Mais je veux croire que les électeurs, eux, ne s’y tromperont pas, et ne confondront pas la droite et la gauche. J’espère donc – ce n’est pas une certitude – que nous pourrons, dimanche soir, constater quelques beaux sursauts, d’heureuses surprises et la prise de nouveaux départements.
Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont défini ensemble une posture, le « ni-ni » – ni FN, ni PS – qui rompt avec toutes les traditions de la droite française
Le premier tour des élections cantonales a rendu son verdict : il exige de notre part une analyse approfondie.
Vendredi, je vous livrais mon analyse de la campagne : elle est confirmée par ses résultats. Elle tenait en quatre points, tous vérifiés. Le premier est la force de l’abstention – qui prive ce scrutin de valeur prédictive absolue en vue d’une élection nationale. Les Français n’ont pas été passionnés par ces élections, qui se sont de plus tenues dans un contexte international tendu, dont l’impact psychologique a sans doute pesé sur les consciences : la portée du scrutin est loin d’être négligeable, mais ce n’est pas le premier tour de la présidentielle. Le deuxième enseignement est, sans aucun doute, la poussée du Front national, qui dépasse les prévisions par son ampleur. Avec près de 15 % des voix, qui plus est en étant absent dans 400 cantons, le FN réalise son meilleur score historique dans un scrutin local – peu favorable à ses couleurs, tant il privilégie les « notables » bien implantés – il est présent au second tour dans 399 cantons et talonne l’UMP. Je le vois dans le pays de Montbéliard, où il retrouve son score de 2002 – entre 25 et 31 % – et où il est le seul parti présent dans les 4 cantons renouvelables – 2 duels PS/FN, 1 triangulaire, 1 duel FN/droite. La menace d’un nouveau 21 avril – « à l’endroit », avec l’élimination du PS, ou « à l’envers », au détriment du Président sortant, n’est plus un fantasme – elle est sérieuse, nous devons l’avoir en tête.
Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements