Glissement

Le premier tour des élections cantonales a rendu son verdict : il exige de notre part une analyse approfondie.

Vendredi, je vous livrais mon analyse de la campagne : elle est confirmée par ses résultats. Elle tenait en quatre points, tous vérifiés. Le premier est la force de l’abstention – qui prive ce scrutin de valeur prédictive absolue en vue d’une élection nationale. Les Français n’ont pas été passionnés par ces élections, qui se sont de plus tenues dans un contexte international tendu, dont l’impact psychologique a sans doute pesé sur les consciences : la portée du scrutin est loin d’être négligeable, mais ce n’est pas le premier tour de la présidentielle. Le deuxième enseignement est, sans aucun doute, la poussée du Front national, qui dépasse les prévisions par son ampleur. Avec près de 15 % des voix, qui plus est en étant absent dans 400 cantons, le FN réalise son meilleur score historique dans un scrutin local – peu favorable à ses couleurs, tant il privilégie les « notables » bien implantés – il est présent au second tour dans 399 cantons et talonne l’UMP. Je le vois dans le pays de Montbéliard, où il retrouve son score de 2002 – entre 25 et 31 % – et où il est le seul parti présent dans les 4 cantons renouvelables – 2 duels PS/FN, 1 triangulaire, 1 duel FN/droite. La menace d’un nouveau 21 avril – « à l’endroit », avec l’élimination du PS, ou « à l’envers », au détriment du Président sortant, n’est plus un fantasme – elle est sérieuse, nous devons l’avoir en tête.

Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements

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