Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15)

Je m’oppose fondamentalement, depuis tant d’années au plan national et dans le Pays de Montbéliard, à l’offre politique du Front national. Cette opposition, je l’explique dans mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans l’extrait suivant :

 

Extrait 5 : Face au FN

Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine.

« La gauche, elle, depuis toujours, est une internationale. Aujourd’hui, cela ne la place pas spontanément en position de force pour répondre aux angoisses diffuses de la France des villages. Le monde ouvrier, déstructuré notamment par le recul des syndicats et le lent déclin du Parti communiste, a oublié la solidarité de classe qui en avait fait le cœur de l’internationalisme. Cette perte de repères, le sentiment que la gauche ne répondrait plus à leurs aspirations, d’ailleurs devenues complexes et contradictoires, et la promotion des individualismes de la société du spectacle ont achevé de faire des ouvriers du XXIe siècle des hommes seuls. Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine. Toute l’offre politique du Front national est là.

Ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va.

Tout son mensonge aussi. Car ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va. Le capitalisme, lui, change constamment, mais tel qu’en lui même : dès le XIXe siècle, il avait compris que le cadre des nations devait être dépassé, y compris pour mieux mettre à bas les solidarités collectives. De mondialisation en mondialisation, aidé par l’essor des technologies, il a façonné une économie ouverte, hypermobile, ultracompétitive. Face à cela, les défilés bleu marine seront bien peu de chose.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard.

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Pierre Moscovici invité du « Grand Journal »

Pierre Moscovici était lundi l’invité du « Grand Journal » de Canal +. Il a participé à un débat qui l’a opposé à Nathalie Kosciusko-Morizet.

Partie 1:

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Partie 2:

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La fracture

La campagne du deuxième tour s’achève. Elle a été, comme toujours, différente de celle du premier. Il s’agit, en effet, en peu de jours, de rassembler les camps dispersés, de convaincre les abstentionnistes, bref de mobiliser. Les argumentations politiques se simplifient, les campagnes se localisent, pendant que se déroule un débat national sur le sens du vote. De manière logique, j’ai moins bougé, me contentant d’aller soutenir, comme je l’avais promis, nos candidats à Pau, au coeur d’un des départements, les Pyrénées-Atlantiques, que nous pouvons conquérir, et mon ami Vincent Fuster à Besançon. Pour le reste, je me suis concentré sur mon territoire, le Pays de Montbéliard, dont les confrontations de second tour – 2 duels PS/FN, 1 duel FN/UMP, 1 triangulaire – résument les difficultés politiques de l’heure.

Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes

A 48 heures d’un second tour, on est toujours dans l’incertitude, et de nombreuses questions se posent. L’abstention baissera-t-elle ? Pour être franc – mais je souhaite être démenti – je ne sens pas un retour massif vers les urnes. La mobilisation sera sans doute supérieure dans les cantons à « enjeu », où se déroulent des affrontements serrés entre la droite et la gauche ou bien des triangulaires. Elle sera probablement plus faible, dans les duels atypiques – droite/FN, gauche/FN – où le camp éliminé choisira largement… de ne pas choisir. La gauche progressera-t-elle ? Je le pense. Bien sûr, l’unité n’a pas été parfaite entre les deux tours, et le comportement des écologistes, qui ont décidé le report sur les candidats de gauche les mieux placés au plan national, mais s’y dérobent parfois localement – c’est le cas dans le Doubs – quand ils ne se maintiennent pas dans des cantons où ils sont opposés à des candidats d’autres partis progressistes, aurait pu être plus clair. Mais je veux croire que les électeurs, eux, ne s’y tromperont pas, et ne confondront pas la droite et la gauche. J’espère donc – ce n’est pas une certitude – que nous pourrons, dimanche soir, constater quelques beaux sursauts, d’heureuses surprises et la prise de nouveaux départements.

Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont défini ensemble une posture, le « ni-ni » – ni FN, ni PS – qui rompt avec toutes les traditions de la droite française

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Le Front national, identique et différent

Je reviens, avec un peu de retard – je passe beaucoup de temps, je l’avoue, dans l’écriture d’un livre, j’en ai du coup moins pour ce blog… – sur le Congrès du Front national, à Tours, qui a vu l’élection de Marine Le Pen à la présidence de ce parti, occupé depuis sa fondation par son père. Il existe, dans le pays, une curieuse complaisance à l’égard de Marine Le Pen : ses sondages sont élevés, très élevés – beaucoup plus que ceux de son père un an avant la présidentielle de 2002 – elle talonne dans les intentions de vote de premier tour les candidats socialistes, à l’exception notable de Dominique Strauss-Kahn, les commentaires qui l’entourent sont parfois aimables, on lui prête une « normalité » qui la sert, des qualités qui l’encouragent. Je suis pour ma part plus réservé, à l’examen des ressemblances et des différences entre le père et la fille Le Pen. Continuer la lecture