Interview dans l’Est Républicain

Au lendemain du premier tour des élections municipales, j’ai présenté dans l’Est Républicain mon analyse des enjeux de cette élection. J’en appelle à la mobilisation des forces de gauche pour le second tour ce dimanche.

A lire ci-dessous, mon interview parue aujourd’hui dans l’Est Républicain :

 

Quels enseignements tirez-vous de ce 1er tour?

C’est un résultat qui, pour la gauche, appelle un ressaisissement, un rassemblement de nos électeurs.

C’est un résultat qui, pour la gauche, appelle un ressaisissement, un rassemblement de nos électeurs.  L’abstention a été très forte, à l’évidence plus forte de notre côté et nous avons manifestement des réserves pour le second tour. Rien n’est joué.

Tout de même, la politique du gouvernement auquel vous appartenez a été durement sanctionnée.

Toute notre énergie doit être consacrée à la mobilisation des électeurs de gauche pour qu’ils continuent à faire confiance à leurs maires, aux équipes qui, dans les communes et les agglomérations, mènent des politiques de progrès et de justice sociale.

Des leçons politiques pourront, devront être tirées d’un scrutin aussi important que celui-ci mais à l’issue du 2nd tour. Nous sommes dans l’entre-deux tours et, je le redis, toute notre énergie doit être consacrée à la mobilisation des électeurs de gauche pour qu’ils continuent à faire confiance à leurs maires, aux équipes qui, dans les communes et les agglomérations, mènent des politiques de progrès et de justice sociale. Nous devons leur expliquer que la droite n’a pas changé, qu’elle ne mérite pas de chèque en blanc. J’entends, depuis dimanche, un certain nombre de leaders de l’opposition nous donner des leçons. Je suis bien placé, comme ministre de l’Économie et des Finances, pour mesurer la situation particulièrement dégradée que nos prédécesseurs nous ont laissée en matière de chômage, de finances publiques, d’endettement. La politique de redressement courageuse et difficile que nous menons commence à porter ses fruits avec le retour de la croissance. Pour réussir, nous avons besoin de davantage de forces, de confiance envers les maires de gauche. C’est tout l’enjeu du 2nd tour qui sera, je l’espère, un 2nd tour de correction positive.

Un remaniement s’imposera-t-il après l’élection?

Vraiment, il y a un temps pour tout! Il reste un 2nd tour et pour l’heure, il n’y a aucune fatalité à une amplification des résultats du premier. Je crois au contraire à une inflexion, à une correction possible de ces résultats.

Et en Franche-Comté?

Le retour de la droite aux affaires constituerait une sévère régression.

Le message est le même : rassemblement, mobilisation, ressaisissement. Nous avons pâti des divisions de la gauche en certains endroits, Dole a basculé, c’est la déception à Belfort et Montbéliard où nos équipes doivent se battre jusqu’au bout car la droite n’a aucun projet pour l’Aire urbaine. Mais il reste un 2nd tour pour une belle victoire à Besançon et le maintien à gauche de la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard. Le retour de la droite aux affaires constituerait une sévère régression. Qui, pour parler de manière crédible avec PSA? Qui, pour conduire une politique économique crédible et défendre les emplois? Les citoyens ont livré au 1er tour un vote politique. J’entends leur message, l’inquiétude, le doute exprimés. Mais dimanche, leur vote devra prendre en considération les enjeux locaux, décisifs, du scrutin municipal. […]

La suite de cette interview est à retrouver dans l’Est Républicain de ce jour et en suivant ce lien : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/03/25/pierre-moscovici

Mon discours lors du 19ème Rassemblement national des secrétaires de section à Paris ce samedi

J’ai participé ce samedi 1er février au 19ème Rassemblement national des secrétaires de section du Parti socialiste à la Maison de la Mutualité à Paris. L’occasion de présenter notre vision d’une France qui va de l’avant, d’un pays qui se redresse, avec un gouvernement volontaire et porteur de réformes, au sein d’une Europe réorientée vers la croissance et l’emploi, au Europe au service de ses peuples.

Voici le discours que j’ai prononcé en conclusion de ce rassemblement :

Discours lors du 19ème rassemblement national des secrétaires de section

Samedi 1er février 2014

 

 

Cher Harlem,

Chers camarades, Chers amis,

C’est en ministre de l’Economie et des Finances, mais surtout en militant socialiste, en élu local, en candidat aux élections municipales dans un territoire durement marqué par la désindustrialisation et le Front national, en européen convaincu que je veux vous parler.

Harlem m’a demandé de m’exprimer devant vous et de clôturer notre journée. Je l’en remercie. Car nous sommes ici aujourd’hui, pour ce rassemblement annuel des secrétaires de section, à l’entrée de la dernière ligne droite qui nous mène aux élections municipales puis aux élections européennes. C’est en ministre de l’Economie et des Finances, mais surtout en militant socialiste, en élu local, en candidat aux élections municipales dans un territoire durement marqué par la désindustrialisation et le Front national, en européen convaincu que je veux vous parler.

Dans mes fonctions, je me déplace, souvent, autant que je le peux, pour parcourir la France, parler à nos salariés, à nos entreprises, à nos forces vives. A chaque fois, je prends le temps, le soin de rencontrer les militants de la fédération. Je sais, plus que tout autre, la difficulté de votre tâche, celle de vous battre sur le terrain, alors que la situation économique est si difficile et les Français, si impatients. Je sais aussi les questions qui se posent parmi les militants, les doutes qui les assaillent – parfois même sur l’action de notre gouvernement. Paris qui paraît bien loin, Bruxelles plus encore. Je vois le temps qui passe, les attentes qui demeurent, les résultats qui arrivent, mais trop lentement. C’est à cela que je veux répondre.

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les dix années de droite au pouvoir, c’est 612 milliards d’augmentation de la dette publique. C’est 75 milliards de cadeaux fiscaux pour les plus riches et 24 taxes supplémentaires pour tout le monde.

Je veux vous dire d’abord et toujours – il faudra le dire pendant 5 ans, parce que c’est le temps qu’il faudra pour redresser notre pays ! – à quel point la droite a affaibli la France. Nicolas Sarkozy, dans son « teasing » un peu indécent pour préparer son retour, ose nous dire « je n’ai jamais menti ». Mais nous n’avons aucune leçon à recevoir de lui, à recevoir de l’UMP, qui prend chaque semaine des accents plus agressifs ! Si la situation est difficile, si les efforts demandés aux Français sont importants, c’est parce que leur échec pèse encore sur notre pays. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les dix années de droite au pouvoir, c’est 612 milliards d’augmentation de la dette publique. C’est 75 milliards de cadeaux fiscaux pour les plus riches et 24 taxes supplémentaires pour tout le monde. Et tout le reste : les 80 000 postes de professeurs supprimés en 5 ans ; l’augmentation de 8,7 milliards du déficit de la sécurité sociale. C’est 1 million de chômeurs en plus. Et, cerise sur le gâteau, un chiffre désespérément rond : 0 point de croissance supplémentaire sur l’ensemble de son quinquennat ! Alors ne nous laissons pas faire, Chers camarades !

La vérité, elle est là : c’est parce que la droite a rabaissé notre pays, abîmé notre industrie, fragilisé notre vivre-ensemble, que notre tâche est à la fois si lourde et si importante. Lorsque je les entends dauber sur notre action, je ne peux m’empêcher d’y songer : c’est notre responsabilité, c’est notre honneur que d’être aujourd’hui à la barre, pour réparer ce qu’ils ont détruit !

Je sais aussi pertinemment que certains de nos militants rêvaient d’autre chose, que tout serait plus facile si la situation économique et sociale était meilleure. Moi-même, j’ai parfois le souvenir, jeune ministre dans le gouvernement de la gauche plurielle, de ces 4% de croissance, de cette France à la tête de l’Europe rose, des 35 heures et des emplois jeunes. Mais ne nous y trompons pas mes camarades : l’objectif des socialistes, l’objectif du gouvernement, c’est bien de replacer la France dans cette dynamique, c’est bien de mobiliser toutes les énergies qui doivent nous permettre de poursuivre notre but historique, qui est celui de l’égalité et de la justice sociale, par le progrès et la croissance économique. Et c’est notre responsabilité de parti de gouvernement, notre responsabilité de cadres de ce parti que d’accepter ce défi, – y compris dans la difficulté –, de le relever sans douter et de garder la tête haute.

 

Je ne suis pas dupe : je sais, mes amis, les questions qui se posent dans nos rangs. Je les connais, parce que je nous connais. Elles reviennent à chaque fois que nous exerçons le pouvoir. Avons-nous changé ? La politique que nous menons est-elle socialiste ? Ne sommes nous pas tentés par le libéralisme, menacés par le renoncement ? Ces doutes, ces questions mes camarades, je les entends. Et le ministre de l’Economie et des Finances que je suis les entend sans doute plus fort encore que les autres ! Je ne veux pas les éviter, je ne veux pas les fuir. Mais je veux y répondre et je veux les éteindre.

L’emploi, c’est la première priorité de François Hollande, le président de la République, notre Président, l’objectif de toutes nos politiques économiques.

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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : « L’âme de la France, c’est l’égalité » (9/15)

« L’âme de la France, c’est l’égalité » : cette conviction guide l’ensemble de mes actions de responsable politique. Dans l’extrait ci-dessous, je reviens sur le discours du Bourget prononcé par François Hollande le 22 janvier 2012, et sur cette notion d’égalité qui m’est chère et qui est fondement des valeurs de la gauche.

 

 

Extrait 9 : « L’âme de la France, c’est l’égalité »

 

Je tiens à repartir un instant du discours du Bourget, le 22 janvier 2012. On en a surtout retenu la charge du futur président de la République contre « la finance », en oubliant à mon sens que son principal enjeu était de porter une vision politique et historique de la France et de l’apport de la gauche à cette histoire.

 

« Je tiens à repartir un instant du discours du Bourget, le 22 janvier 2012. On en a surtout retenu la charge du futur président de la République contre « la finance », en oubliant à mon sens que son principal enjeu était de porter une vision politique et historique de la France et de l’apport de la gauche à cette histoire. Répétons encore une fois les mots prononcés alors : « L’âme de la France c’est l’égalité. » Sans doute y a-t-il sur ce sujet une « sursensibilité » française. Les comparaisons internationales en font clairement état : la France a conservé sa « passion pour l’égalité », pour reprendre la belle expression de Tocqueville. Et sans doute a-t elle une aversion particulière pour la cruelle vérité que rappelle l’économiste Pierre Lemieux : « La liberté individuelle est aussi la liberté de mourir de faim. »

 

Le candidat socialiste remit en tout cas sur le devant de la scène politique le fondement même de l’idéal socialiste depuis Jaurès : la démocratie française est fondée sur un principe d’égalité qui ne saurait être entièrement mis en œuvre que par un gouvernement socialiste.

 

Le candidat socialiste remit en tout cas sur le devant de la scène politique le fondement même de l’idéal socialiste depuis Jaurès : la démocratie française est fondée sur un principe d’égalité qui ne saurait être entièrement mis en œuvre que par un gouvernement socialiste. La réaffirmation du primat de l’égalité dans le discours politique, ce n’était rien moins que rappeler que la gauche est et demeure avant tout porteuse d’un idéal de perfectibilité des individus et des citoyens, perfectibilité dont l’horizon est justement l’égalité. C’est une noble poursuite, aux antipodes de la conception cynique qui fait des politiques sociales rien de plus qu’un instrument de régulation étatique de l’accumulation capitaliste.

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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : face au FN (5/15)

Je m’oppose fondamentalement, depuis tant d’années au plan national et dans le Pays de Montbéliard, à l’offre politique du Front national. Cette opposition, je l’explique dans mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte », dans l’extrait suivant :

 

Extrait 5 : Face au FN

Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine.

« La gauche, elle, depuis toujours, est une internationale. Aujourd’hui, cela ne la place pas spontanément en position de force pour répondre aux angoisses diffuses de la France des villages. Le monde ouvrier, déstructuré notamment par le recul des syndicats et le lent déclin du Parti communiste, a oublié la solidarité de classe qui en avait fait le cœur de l’internationalisme. Cette perte de repères, le sentiment que la gauche ne répondrait plus à leurs aspirations, d’ailleurs devenues complexes et contradictoires, et la promotion des individualismes de la société du spectacle ont achevé de faire des ouvriers du XXIe siècle des hommes seuls. Chez ces hommes seuls, le Front national frappe désormais à la porte et leur propose une culture du chef, de l’autorité, de la contestation qu’ils ne trouvent plus à l’usine. Toute l’offre politique du Front national est là.

Ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va.

Tout son mensonge aussi. Car ce qui définit largement ce parti, à savoir une forme de nationalisme obsessionnel, n’a probablement jamais été autant en décalage avec la réalité du monde qui va. Le capitalisme, lui, change constamment, mais tel qu’en lui même : dès le XIXe siècle, il avait compris que le cadre des nations devait être dépassé, y compris pour mieux mettre à bas les solidarités collectives. De mondialisation en mondialisation, aidé par l’essor des technologies, il a façonné une économie ouverte, hypermobile, ultracompétitive. Face à cela, les défilés bleu marine seront bien peu de chose.

Ce Front national, je le connais bien et je le combats depuis deux décennies maintenant dans le Pays de Montbéliard.

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Invité du 7/9 de France Inter ce matin

Invité de la matinale de France Inter, j’ai répondu à partir de 8h20 aux questions de Patrick Cohen et des auditeurs. J’ai présenté mes convictions sur la politique économique de la France, sur mes missions de Ministre de l’Economie et des Finances, sur le redressement de notre pays, sur le budget pour 2014. Je l’ai assuré, notre économie repart et va mieux.

 

La politique que mène le gouvernement permet à l’investissement de repartir et au pouvoir d’achat de se développer : cette politique produit ses résultats.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette interview :

Mes réponses aux auditeurs dans « Interactiv’ » :

Le sens d’une décision – Billet de blog

 

Le sens d’une décision

 

Je souhaite expliquer le sens de la décision, majeure, de la Commission européenne de laisser deux ans à la France pour revenir en dessous des 3% du PIB en terme de déficit.

Je me suis peu exprimé ces dernières semaines sur ce blog, entièrement pris par une actualité multiple, nationale et internationale, qui ne m’a pas laissé de répit. Et je n’ai pas souhaité saisir l’occasion du premier anniversaire de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République pour me livrer seul à l’exercice du bilan ou du dessin des perspectives : ce fut fait le 6 mai collectivement, lors d’un séminaire du gouvernement autour du Président de la République et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et c’est mieux ainsi. Aujourd’hui, je souhaite revenir brièvement sur ce moment fort, et surtout expliquer le sens de la décision, majeure, de la Commission européenne de laisser deux ans à la France pour revenir en dessous des 3% du PIB en terme de déficit.

Le Président l’a dit : nous avons trouvé un pays miné par le chômage, rongé par les déficits et la dette, affaibli par l’absence de croissance, taraudé par les inégalités. Nous avons dû agir, appeler à l’effort, réformer en sachant qu’il fallait du temps pour en cueillir les fruits.

« Un an c’est court, quatre ans ce n’est pas long ». C’est ainsi que François Hollande a jalonné le temps de son quinquennat. L’année qui s’est écoulée fut, pour les membres du gouvernement, d’une incroyable intensité. Le retour d’un Président de gauche à l’Elysée, 17 ans après le départ de François Mitterrand, fut tout sauf un évènement banal. D’abord parce que c’est rare sous la Vème République, qui a vu l’élection de nombreux chefs d’Etat issus des rangs de la droite, deux seulement venant de la gauche. Ensuite, et c’est lié, parce que la droite elle-même n’a jamais accepté sa défaite. Pour elle, perdre le pouvoir suprême n’est pas seulement un épisode électoral, un échec dans les urnes, c’est une tragédie, et surtout c’est contraire à l’ordre naturel des choses. L’UMP, aujourd’hui, n’est pas seulement un parti d’opposition, celle-ci fût-elle rude voire frontale. Traversée par ses propres divisions et ses haines, secouée par la surenchère avec le Front national, surplombée par la perspective du retouréventuel de Nicolas Sarkozy, qui la rend fébrile – à l’image de François Fillon précipitant sa candidature depuis le Japon – elle a fait de la destruction de la gauche le substitut à sa propre reconstruction idéologique et politique. Elle entretient, comme Jean-François Copé qui a fait de l’invective son mode d’expression unique, un climat de violence politique peu respirable, qui nourrit surtout l’extrême droite. Enfin, et surtout, nous sommes arrivés aux responsabilités dans une crise sans précédent par sa longueur et sa dureté, dont les conséquences pour les Français sont aggravées par l’impéritie de la gestion de la droite pendant dix ans. Le Président l’a dit : nous avons trouvé un pays miné par le chômage, rongé par les déficits et la dette, affaibli par l’absence de croissance, taraudé par les inégalités. Nous avons dû agir, appeler à l’effort, réformer en sachant qu’il fallait du temps pour en cueillir les fruits.

La première année du quinquennat a été celle des fondations. Notre objectif est bel et bien de redresser le pays, dont la situation s’est dégradée de façon spectaculaire en dix ans, et d’abord de rendre notre économie plus forte, plus productive, plus compétitive.

La première année du quinquennat a donc été celle des fondations. Notre objectif est bel et bien de redresser le pays, dont la situation s’est dégradée de façon spectaculaire en dix ans, et d’abord de rendre notre économie plus forte, plus productive, plus compétitive. Dans le même temps, nous sommes dans l’ardente obligation de réduire nos déficits pour nous désendetter, retrouver de la sorte des marges de manœuvre pour la croissance, les services publics, la solidarité, et de ce fait recouvrer notre souveraineté. Enfin, nous avons voulu agir dans la justice, en imprimant aussi une impulsion nouvelle à l’égalité entre les citoyens, dont la loi sur le mariage pour tous, si violemment contestée par la droite réactionnaire, est le symbole. Sur tous ces points, dans toutes ces dimensions, nous avons fortement avancé. En un an, nous avons réformé, transformé, davantage que la droite en dix ans – pour le dire autrement nous avons entrepris, en si peu de temps, de réparer tout ce qu’ils avaient abimé ou défait. Notre politique, j’en suis conscient, peut susciter une forme d’impopularité, que je ressens plutôt comme une attente, légitime, de résultats, comme l’expression d’une inquiétude de la part des Français, qui se sentent menacés de déclassement, que comme un rejet ou une antipathie. Notre devoir est d’être à la hauteur de leurs aspirations.

L ’an II du gouvernement sera celui des résultats, celui de la mobilisation, de l’accélération, de la concentration autour de trois priorités : l’emploi et la croissance, la jeunesse, la préparation de l’avenir.

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Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

La fin d’année approche, et c’est toujours un moment privilégié pour retrouver les siens, reprendre des forces, former des résolutions pour les temps qui viennent, se retourner aussi sur l’année écoulée pour en tirer des leçons. 2012 aura été pour le pays, pour la gauche, pour les hommes et les femmes désormais en charge du gouvernement de la France, un cru particulier. Au moment où cette année s’achève, je veux partager quelques analyses avec vous, en distinguant, comme le faisait jadis mon cher Léon Blum, la conquête du pouvoir et son exercice.

François Hollande était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Je reviens, tout d’abord, sur le temps qui a précédé le 6 mai, jour de l’élection présidentielle. Ce fut celui de la campagne, de cette bataille rude, tendue, que nous avons conduite avec la conviction qu’après tant d’années dans l’opposition, après tant de défaites dans la confrontation suprême, nous avions le devoir de tout faire, de donner le meilleur de nous-mêmes pour que les Français fassent confiance, après François Mitterrand, à un deuxième Président socialiste. Cette élection n’était pas gagnée d’avance. Certes, le sortant était affaibli par un bilan pauvre et par le rejet d’une politique erratique et souvent brutale. Pour autant, la France n’est pas structurellement à gauche – le premier tour l’a montré – et Nicolas Sarkozy, malgré sa lassitude et ses hésitations, voire les contradictions de son camp, n’était pas un adversaire facile. J’ai vécu cette campagne au premier rang, puisque je l’ai dirigée aux côtés de François Hollande. Elle fut, je crois pouvoir le dire, exemplaire – avec une équipe légère et cohérente, alimentée par un vivier d’experts nombreux et compétents, un rassemblement de tout le Parti socialiste derrière son candidat, une réactivité constante, une organisation et une mobilisation réussie. Le mérite en revient d’abord au candidat lui-même – combattant pugnace, orateur talentueux, travailleur inlassable et concentré – qu’une vie politique entière avait préparé à cette rencontre avec les Français. L’esprit de courtisanerie ne m’a jamais caractérisé, je garde ma liberté de pensée, mais je répète ce que j’ai déjà dit à l’époque : François Hollande, que je connais depuis 30 ans maintenant, m’a impressionné tout au long de ces mois, il était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

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