Cette fois, c’est parti ! Avec le dépôt des candidatures aux primaires, le grand débat des socialistes va pouvoir enfin démarrer. Bien sûr, la compétition était en vérité lancée depuis des mois, les prétendants préparaient leurs équipes, montraient leurs muscles, labouraient le terrain. Mais cette pré-campagne était à bien des égards virtuelle. Parce qu’on n’en connaissait pas la véritable configuration – l’hypothèse de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, dominait le paysage jusqu’au 15 mai, elle l’aurait bouleversé. Parce que la résolution des acteurs n’était pas définitive – l’enjeu est de taille. Désormais nous connaissons la donne. Six candidats brigueront les suffrages des sympathisants socialistes et de gauche : Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et pour nos amis Radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet. Il y a là de quoi permettre une compétition de qualité. Je veux analyser les conditions de sa réussite.
Une primaire réussie sera une primaire ouverte et nombreuse. Les sondages montrent l’intérêt des français de gauche pour cette consultation inédite. En théorie, 4 à 5 millions de citoyens se sentent concernés. Chacun sait bien, en réalité, que ce chiffre risque d’être inférieur : si les primaires attiraient 1 à 1,5 millions d’électeurs, ce serait déjà, pour cette grande première, un succès formidable. Une telle participation donnerait au candidat socialiste un formidable élan, une forte capacité de conviction. Ce résultat n’est pas acquis. Il suppose de la part du Parti socialiste – dont l’appareil, dans cette période particulière, doit rester neutre et préserver l’équité entre les candidats – une solide campagne d’information. Cela implique aussi, du côté des candidats, une campagne de mobilisation : la maîtrise des réseaux, physiques et sociaux, sera une des clés du succès.
Nous avons tous voté le même projet, qui a au demeurant des qualités réelles – engagement à gauche, mutation sociale – écologique au premier chef. Celui-ci constitue notre socle commun, il doit être respecté comme tel. Cela n’interdit pas des visions contrastées, des hiérarchies différentes, des propositions supplémentaires.
Une primaire réussie sera une primaire de débat. Nous sommes confrontés à une difficulté objective. Le Parti socialiste, échaudé par ses divisions passées, a depuis le Congrès de Reims privilégié l’unité, cachant les divergences ou les nuances pourtant réelles. Pour ma part, à titre d’exemple, j’ai adopté toutes les conclusions de nos conventions nationales, même si j’éprouvais, sur le texte proposé par Laurent Fabius sur l’international et l’Europe comme sur les propositions de Benoît Hamon sur l’égalité réelle, de vraies réserves. Nous avons tous voté le même projet, qui a au demeurant des qualités réelles – engagement à gauche, mutation sociale – écologique au premier chef. Celui-ci constitue notre socle commun, il doit être respecté comme tel. Cela n’interdit pas des visions contrastées, des hiérarchies différentes, des propositions supplémentaires.








