Le Blog de Pierre Moscovici

Député à l’Assemblée Nationale, élu de la 4ème circonscription du Doubs
 
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Pour réussir les primaires

Catégorie : Actualité, Le Parti socialiste, Politique | Par pierre.moscovici | 13/07/2011 à 15:34

Cette fois, c’est parti ! Avec le dépôt des candidatures aux primaires, le grand débat des socialistes va pouvoir enfin démarrer. Bien sûr, la compétition était en vérité lancée depuis des mois, les prétendants préparaient leurs équipes, montraient leurs muscles, labouraient le terrain. Mais cette pré-campagne était à bien des égards virtuelle. Parce qu’on n’en connaissait pas la véritable configuration – l’hypothèse de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, dominait le paysage jusqu’au 15 mai, elle l’aurait bouleversé. Parce que la résolution des acteurs n’était pas définitive – l’enjeu est de taille. Désormais nous connaissons la donne. Six candidats brigueront les suffrages des sympathisants socialistes et de gauche : Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et pour nos amis Radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet. Il y a là de quoi permettre une compétition de qualité. Je veux analyser les conditions de sa réussite.

Une primaire réussie sera une primaire ouverte et nombreuse. Les sondages montrent l’intérêt des français de gauche pour cette consultation inédite. En théorie, 4 à 5 millions de citoyens se sentent concernés. Chacun sait bien, en réalité, que ce chiffre risque d’être inférieur : si les primaires attiraient 1 à 1,5 millions d’électeurs, ce serait déjà, pour cette grande première, un succès formidable. Une telle participation donnerait au candidat socialiste un formidable élan, une forte capacité de conviction. Ce résultat n’est pas acquis. Il suppose de la part du Parti socialiste – dont l’appareil, dans cette période particulière, doit rester neutre et préserver l’équité entre les candidats – une solide campagne d’information. Cela implique aussi, du côté des candidats, une campagne de mobilisation : la maîtrise des réseaux, physiques et sociaux, sera une des clés du succès.

Nous avons tous voté le même projet, qui a au demeurant des qualités réelles – engagement à gauche, mutation sociale – écologique au premier chef. Celui-ci constitue notre socle commun, il doit être respecté comme tel. Cela n’interdit pas des visions contrastées, des hiérarchies différentes, des propositions supplémentaires.

Une primaire réussie sera une primaire de débat. Nous sommes confrontés à une difficulté objective. Le Parti socialiste, échaudé par ses divisions passées, a depuis le Congrès de Reims privilégié l’unité, cachant les divergences ou les nuances pourtant réelles. Pour ma part, à titre d’exemple, j’ai adopté toutes les conclusions de nos conventions nationales, même si j’éprouvais, sur le texte proposé par Laurent Fabius sur l’international et l’Europe comme sur les propositions de Benoît Hamon sur l’égalité réelle, de vraies réserves. Nous avons tous voté le même projet, qui a au demeurant des qualités réelles – engagement à gauche, mutation sociale – écologique au premier chef. Celui-ci constitue notre socle commun, il doit être respecté comme tel. Cela n’interdit pas des visions contrastées, des hiérarchies différentes, des propositions supplémentaires.

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Intervention au Comité d’Orientation Scientifique de Terra Nova

Catégorie : Politique, Projet contre projet | Par pierre.moscovici | 15/03/2011 à 18:34

Pierre Moscovici intervenait le 12 mars 2011 au Comité d’Orientation Scientifique (COS) de Terra Nova pour y exposer sa vision de 2012.

Pour télécharger l’intervention, cliquez ici.

The issue is not the issues

Le premier point qui me vient à l’esprit, à l’orée d’une journée comme celle-ci où de nombreux sujets vont être débattus, approfondis, c’est que « the issue is not the issues » – comme le disent nos amis anglo-saxons.

Bien sur, le travail du parti, celui des think tank – de Terra Nova ou de la Fondation Jean Jaurès – est important, indispensable même. Nous aurons besoin de cette boite à outil pour construire notre discours et surtout, le cas échéant, assumer l’alternance.

Mais mon expérience m’apprend que celui qui remporte une élection est d’abord celui qui impose ses thèmes et sa vision de l’élection. C’était l’union de la gauche en 1981, la France unie en 1988, et nous avons gagné. Ce fut la fracture sociale en 1995, la sécurité en 2002, la réhabilitation du travail en 2007 et nous avons perdu. Toute la question est de répondre aux attentes et aux besoins de la France de 2012.

Le PS accumule depuis deux ans les matériaux pour son projet. Les idées existent, elles sont là. La boîte à outil est bien garnie. Des intellectuels qui ne travaillaient pas auparavant avec nous le font. En revanche, ce qui nous manque, c’est la mise en cohérence. C’est de dégager de tout cela une vision, de dire comment dans ce pays nous voulons répondre aux questions économiques et sociales qui taraudent les Français. Je pense notamment aux couches populaires et moyennes. Tout l’enjeu du projet, c’est cette mise en cohérence, c’est cette mise en tension.



Séminaire du Conseil d'orientation scientifique… par terranova
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Le Front national, identique et différent

Catégorie : Actualité, Politique, Projet contre projet | Par pierre.moscovici | 20/01/2011 à 16:44

Je reviens, avec un peu de retard – je passe beaucoup de temps, je l’avoue, dans l’écriture d’un livre, j’en ai du coup moins pour ce blog… – sur le Congrès du Front national, à Tours, qui a vu l’élection de Marine Le Pen à la présidence de ce parti, occupé depuis sa fondation par son père. Il existe, dans le pays, une curieuse complaisance à l’égard de Marine Le Pen : ses sondages sont élevés, très élevés – beaucoup plus que ceux de son père un an avant la présidentielle de 2002 – elle talonne dans les intentions de vote de premier tour les candidats socialistes, à l’exception notable de Dominique Strauss-Kahn, les commentaires qui l’entourent sont parfois aimables, on lui prête une « normalité » qui la sert, des qualités qui l’encouragent. Je suis pour ma part plus réservé, à l’examen des ressemblances et des différences entre le père et la fille Le Pen. Lire la suite


Mitterrandisme et nostalgie

Catégorie : Actualité, Politique, Projet contre projet | Par pierre.moscovici | 10/01/2011 à 11:55

La France a un goût, une dilection même pour les commémorations, elle cultive aussi le culte des grands hommes. La semaine dernière, la droite républicaine se rassemblait autour du souvenir d’un des meilleurs parmi les siens, Philippe Séguin, personnalité attachante et ombrageuse, homme de convictions et d’emportements, grand serviteur de l’Etat. Vendredi, les socialistes – beaucoup d’entre eux en tout cas – se sont rendus à Jarnac, comme en pélerinage, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de François Mitterrand, prélude à une célébration, que chacun devine importante, du 30ème anniversaire de la victoire de la gauche unie, le 10 mai 1981. Je n’y suis pas allé, parce que ce n’était pas ma place – cette cérémonie, me semble-t-il, appartenait surtout aux proches de l’ancien Président, dont je n’étais pas. Je veux toutefois vous livrer quelques libres réflexions sur le mitterrandisme et sur la nostalgie qu’il suscite. Lire la suite


Vers 2012 (2) : la gauche entre espoir et doute

Catégorie : Politique, Projet contre projet | Par pierre.moscovici | 29/12/2010 à 15:29

La défaite annoncée de la droite est-elle pour autant une victoire promise à la gauche ? Tout le laisserait penser, à commencer par la formulation même de la question, qui ressemble à une lapalissade : quand les uns perdent, les autres gagnent. Pourtant, chacun peut le constater, le climat à gauche n’est pas euphorique, la prudence – une prudence qui n’est pas que diplomatique – est de mise. La gauche, en vérité, est partagée entre l’espoir et le doute. Lire la suite


Vers 2012 (1) : les tourments de la droite

Catégorie : Politique, Projet contre projet | Par pierre.moscovici | 27/12/2010 à 11:14

2011 sera, dans la marche vers l’élection présidentielle, une année décisive, celle des dernières consultations électorales – les cantonales en mars, les sénatoriales fin septembre – de la préparation des programmes, de la décantation, tant attendue, des candidatures, bref celle de la disposition des forces, de part et d’autre de l’échiquier politique. Je vais logiquement consacrer deux posts à l’analyse de celles-ci, à l’orée de cette année nouvelle, en commençant par la droite, au pouvoir, et poursuivant par la gauche, ma famille.

La droite française, en cette fin 2010, est tourmentée. Le pamphlétaire italien Rafaele Simone, dans un essai commenté et controversé, a tenté de montrer en quoi et comment la « droite nouvelle », le « monstre doux », avait affirmé son hégémonie culturelle et politique en Europe, et plus généralement dans les pays occidentaux. La gauche, toujours porteuse de valeurs de justice et de progrès, serait selon lui condamnée à la relégation, victime de son inaptitude à répondre aux demandes de sécurité et de bien-être individuel des sociétés modernes, alors que la droite, elle, s’adapterait aux exigences de la société de consommation. Je n’ai pas approuvé en tout, loin s’en faut, cette thèse, qui faisait en creux, sans avoir l’air d’y toucher, l’éloge du berlusconisme ou du sarkozisme, et validait en tout cas leur réussite. Force est toutefois de constater qu’elle a sa force, et surtout qu’elle n’a pas été démentie par les élections récentes, qui ont largement été défavorables aux gauches européennes. La droite, aujourd’hui, dirige 21 des 27 pays de l’Union européenne, dont 5 des 6 plus peuplés. Au cours des dernières années, la gauche a été défaite en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, en Slovaquie, en Hongrie, en République tchèque, ne l’emportant qu’en Autriche – laborieusement – au Portugal – difficilement – et en Grèce – douloureusement – elle est très menacée en Espagne. Et les élections européennes de juin 2009 ont été, pour le Parti socialiste européen (PSE) une déroute que rien ne laissait présager, tant la crise économique et financière semblait devoir pénaliser les conservateurs au pouvoir. Je me suis inscrit dans cette discussion, par plusieurs contributions – dans les Revues « le débat » et « Cités » – refusant aussi bien la fatalité de la défaite de la gauche que l’inéluctabilité de sa victoire. Lire la suite


Le malaise français

Catégorie : Actualité, Politique | Par pierre.moscovici | 21/12/2010 à 10:58

Comme chaque année à cette époque je vais, à l’image de beaucoup d’entre vous, suspendre mes activités quelques jours, après un dernier séjour à Montbéliard – la vie politique a ses rythmes imposés, la vie privée a ses exigences et ses plaisirs. Je m’attelerai aussi, dans les prochains jours, à la rédaction d’un livre, plus personnel qu’à l’accoutumée peut-être, sur la gauche, la décennie d’impasse qu’elle traverse, son devoir de victoire. Comme chaque année, j’en profite pour vous livrer quelques impressions sur la période écoulée et des analyses sur le temps qui vient.

Pour résumer le climat du pays, un mot me vient à l’esprit : malaise… La France, en effet, me paraît flotter entre deux eaux. L’économie, incontestablement, connait une légère embellie – ou plutôt les entreprises se portent mieux. Leurs carnets de commande – je le vois par exemple dans le secteur de l’automobile, décisif pour le pays de Montbéliard dont je suis l’élu, stratégique aussi pour la nation – sont nourris par la reprise de la demande mondiale, plus forte que prévue. L’exportation est donc le moteur d’une croissance française qui reste médiocre, car ses dynamiques internes sont atones : la consommation est minée par la stagnation du pouvoir d’achat, l’investissement privé reste prudent, l’investissement public est laminé par la politique de rigueur rigide et à contretemps menée par l’Etat et imposée aux collectivités locales. L’emploi, dans ces conditions, apparaît comme en solde, le chômage demeure très élevé, la précarité s’étend. La France est toujours un magnifique pays, dotée d’atouts indéniables, une terre d’innovation et de savoir-faire, un territoire attractif pour les investissements étrangers, mais elle doute d’elle-même, elle est inquiète, elle ne voit pas s’ouvrir des perspectives claires et mobilisatrices, le pessimisme sur l’avenir s’étend. Lire la suite


Pour une sécurité juste

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 17/12/2010 à 18:03

Particulièrement pris ces derniers jours, très chargés avant la coupure des fêtes, je n’ai eu que peu de temps pour commenter l’actualité judiciaire du week-end dernier. Je souhaite ici revenir sur la controverse au sein du gouvernement au sujet de la décision des juges du siège du tribunal correctionnel de Bobigny de condamner à une peine de prison ferme les sept policiers rendus coupables de violences et fausses accusations de tentative d’homicide. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a jugé cette sanction excessive, le garde des sceaux, Michel Mercier l’a soutenue, François Fillon a joué les Ponce-Pilate. Lire la suite