Quelle semaine !

Quelle semaine ! Elle m’a inspiré, à une semaine du premier tour des primaires, trois réflexions.

Cette Bastille est à son tour tombée, et c’est dire l’ampleur du séisme politique que représente cette victoire inédite.

Je veux tout d’abord dire ma joie de la victoire, historique, de la gauche au Sénat. La Vème République n’avait jamais vécu cette situation. Le Sénat, que Lionel Jospin avait qualifié, brutalement mais non sans raison, d’ « anomalie démocratique », résistait à l’alternance, et semblait pour l’éternité être une chasse gardée de la droite, protégée par un mode de scrutin privilégiant à l’excès les élus des petites communes, réputés plus conservateurs. Cette Bastille est à son tour tombée, et c’est dire l’ampleur du séisme politique que représente cette victoire inédite. La droite, dans un premier temps a voulu nier, en tout cas minimiser sa cinglante défaite, qu’elle n’avait en vérité pas vu venir. Elle a présenté la victoire de la gauche comme la simple traduction « arithmétique » de nos succès aux élections locales depuis 2004. En réalité, elle est tout autant victime d’un désaveu des élus modérés, qui ont longtemps été son socle électoral, révulsés par la politique injuste et inefficace suivie depuis 2007, révoltés contre la stupide réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy.

Elle exprime à sa façon le rejet sans précédent du pouvoir, la volonté de changement qui monte dans le pays, la vague qui pousse, en 2012, à l’élection d’un autre Président, à l’avènement d’une autre majorité.

Cette rébellion des territoires n’est pas un épiphénomène, mais bel et bien la traduction d’un ébranlement politique d’ampleur. Elle exprime à sa façon le rejet sans précédent du pouvoir, la volonté de changement qui monte dans le pays, la vague qui pousse, en 2012, à l’élection d’un autre Président, à l’avènement d’une autre majorité. En ce sens, comme François Hollande l’a dit, ce vote est sans doute prémonitoire. Demain matin, je l’espère, j’en suis même sûr, le Sénat élira son nouveau Président, Jean-Pierre Bel, architecte patient, à la tête du groupe socialiste, de cette reconquête. La nouvelle majorité qui l’entoure sera, jusqu’en 2012, une force de résistance, sans être – c’est le Sénat, tout de même ! – une opposition radicale et stérile. Elle ne laissera pas avancer davantage l’oeuvre de destruction du modèle économique et social français qui est en marche, elle votera notamment contre le Projet de loi de finances et le PLFSS. Après 2012, si la gauche l’emporte, elle sera un soutien précieux pour l’action, permettant par exemple, enfin, l’adoption des grandes réformes institutionnelles et sociétales – l’évolution du Sénat lui-même, le droit de vote des étrangers aux élections locales, une décentralisation plus affirmée et plus démocratique… – bloquées depuis si longtemps par les Conservateurs. L’équilibre de nos institutions est donc – subtilement – modifié : je m’en réjouis.

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La dissolution, improbable et pourtant logique

La rumeur court Paris, encore doucement. Certains l’évoquent, d’autres comme Julien Dray ou Jérôme Cahuzac la demandent : Nicolas Sarkozy pourrait, voire devrait dissoudre l’Assemblée nationale. Je sais, de bonne source, qu’il s’agit effectivement d’un des scénarios étudiés à l’Elysée. Pour ma part, je ne le crois pas solide, mais je comprends qu’il existe. Il mérite, en tout cas, avant la trêve estivale qui précédera une rentrée politique complexe – pour le pouvoir, d’abord, pour la gauche aussi – une analyse un peu fouillée. Continuer la lecture