Mon discours de ce matin au Parlement européen « Failed austerity in Europe », Progressive Economy Initiative.

J’étais ce matin invité à ouvrir la conférence « Failed austerity in Europe », à l’invitation de la Progressive Economy Initiative, au Parlement européen à Bruxelles.

Retrouvez ci-dessous le discours que j’ai prononcé à cette occasion :

Progressive Economy Initiative – « Failed austerity in Europe »

Keynote address

Parlement européen – Jeudi 7 mars 2013

Mesdames et Messieurs les eurodéputés, chers amis progressistes,

Aujourd’hui, je suis ministre de l’Economie et des Finances en France, et l’Europe, bien sûr, est au cœur de ma fonction.

C’est toujours avec un vrai plaisir que je reviens au Parlement européen, dans cette institution que je connais bien, pour en avoir été moi-même l’un de ses membres par deux fois, en 1994 puis en 2004, et l’un de ses vice-présidents. C’était il y a quelques années déjà, mais on ne quitte jamais vraiment la sphère communautaire une fois qu’on y est entré : l’Europe est le fil directeur de ma vie politique, puisqu’après avoir siégé parmi vous, j’ai été ministre des Affaires européennes, membre de la Convention européenne, chargé des relations internationales et européennes dans mon parti. Aujourd’hui, je suis ministre de l’Economie et des Finances en France, et l’Europe, bien sûr, est au cœur de ma fonction. Ainsi, avant de vous retrouver, j’ai déjà passé deux jours à Bruxelles, pour l’Eurogroupe et le Conseil Ecofin. Cela prouve bien que faire une distinction marquée entre le niveau national et le niveau européen n’a, aujourd’hui, pas tellement de sens.

Je voudrais vous livrer quelques réflexions sur la situation actuelle de l’Europe, et plus particulièrement de la zone euro. Elles sont inspirées à la fois par la pratique des négociations communautaires et la participation active à ses institutions, mais aussi par l’engagement profondément européen qui m’a toujours animé, que je sais partagé par cette Assemblée et dont nous avons tout particulièrement besoin aujourd’hui.

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La crise existentielle s’éloigne, les doutes sur l’avenir de la monnaie unique se dissipent. C’est une avancée majeure, et je m’en félicite.

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L’Europe est un combat

L’Europe est un combat

CC MPD01605

Quelques mots, après deux réunions importantes, que je n’hésite pas à qualifier d’historiques, des ministres de l’économie et des finances européens : dans la nuit d’hier, le Conseil Ecofin – qui regroupe les 27 ministres de l’Union européenne – a adopté un mécanisme de supervision bancaire intégré, première pierre vers une Union bancaire achevée, hier matin l’Eurogroupe – où siègent les 17 ministres de la zone euro – a décidé de débourser une aide de 52,3 milliards d’euros pour financer le programme en faveur de la Grèce. Ces résultats sont le fruit d’un long et délicat processus, dont je veux vous parler.

Je sais à quel point l’euro est une chance pour les pays qui l’ont en partage, mais aussi qu’il s’agit d’une construction inachevée.

Je connais bien l’Europe, ses arcanes, ses difficultés et ses mérites. Par conviction d’abord, par les hasards de l’existence aussi, j’y ai consacré l’essentiel de ma vie publique. J’ai été dans le passé, par deux fois député européen, vice-Président du Parlement européen, ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, membre de la Convention européenne qui a écrit le projet de constitution européenne bloqué par le peuple français en 2005. Dans toutes ces fonctions, j’ai pu vérifier à la fois à quel point l’union fait la force, la chance unique qu’a notre continent de disposer d’une forme d’intégration politique et économique qui lui assure la stabilité, le prix et la démocratie, et expérimenter l’extraordinaire complexité, la lenteur, la lourdeur de nos processus de décision. Je sais à quel point l’euro, qui nous conduit à rapprocher encore nos économies et nous protège, est une chance pour les pays qui l’ont en partage, mais aussi qu’il s’agit d’une construction inachevée. Après 10 ans dans l’opposition, j’ai retrouvé les instances européennes, en siégeant désormais parmi les « grands argentiers » européens, qui ont la lourde tâche, aux côtés des Chefs d’Etat et de Gouvernement, de tirer l’Europe et la zone euro de l’ornière dans laquelle elles se trouvent.

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L’avenir nous appartient

Ce texte, rédigé par un collectif à partir des travaux de « Besoin de gauche », est une contribution à la discussion sur le texte du projet socialiste.

Vous pouvez télécharger ce texte en version PDF, en cliquant ici.


En quelques mots…

Ce texte de contribution à la discussion sur notre projet donne une lecture du texte actuellement proposé aux militants du Parti socialiste, voté à l’unanimité par le Conseil national du 9 avril, et dont nous approuvons les orientations. Nous voulons ainsi dessiner une voie réformiste pour 2012, qui fait de l’investissement dans les facteurs d’avenir la clef de la sortie de crise et, partant, d’une élection dont nous pensons qu’elle se jouera d’abord sur les enjeux économiques.

Nous voulons redonner aux Français l’envie de croire en un avenir meilleur. Les perspectives de la France sont aujourd’hui minées par des performances économiques mitigées, mais surtout par une perte de confiance qui grève la sortie de crise et fragilise le vivre-ensemble : une population qui ne se projette plus dans l’avenir se replie sur elle-même. La droite a su jouer de ces peurs et ces incertitudes pour imposer une vision libérale et stigmatisante.

Pour renverser la tendance, nous proposons que la France et l’Europe reprenne la main sur leur dynamique de long terme, par une politique d’investissement sans précédent dans les facteurs d’avenir. Education, industrie du développement durable et de la santé, grands projets d’infrastructure, nouvelles technologies… les pistes existent, qui feront de notre économie l’une des plus productive et compétitive de la planète, à rebours de la stratégie de récession et de rigueur portée par les droites européennes. Cette nouvelle croissance que nous appelons de nos vœux, plus juste et plus équilibrée, doit être le socle de nouveaux emplois, de nouvelles perspectives pour notre jeunesse et d’un modèle social garantit durablement.

Pour mener à bien cette entreprise, nous avons besoin d’une puissance publique stratège et visionnaire, mais aussi exemplaire. L’individualisation de notre société et la perception sarkozyste très personnelle de l’intérêt général ont mis sous pression la puissance publique et ses représentants. Réaffirmant la responsabilité de l’Etat, nous devons être les premiers partisans de son efficacité et de son exemplarité. Juste contribution de chacun à l’effort collectif, action en direction des plus démunis, sécurité des citoyens, démocratie plus proche… la puissance publique sera jugée sur son action et ses méthodes. Nous souhaitons tracer ici la voie d’un nouveau contrat social entre l’Etat et les Français.

L’Europe enfin. Celle qui nous est proposée par les conservateurs cristallise les erreurs qui ont fait de la plus belle construction démocratique du XXème siècle une bureaucratie lointaine et déshumanisée. Et pourtant, si l’on conçoit que l’enjeu de 2012, c’est de redonner confiance en l’avenir aux citoyens français, alors la vérité est que ce futur ne sera pas possible sans une Europe plus forte, plus unie et plus démocratique. Aux socialistes de porter haut les couleurs européennes, de proposer une autre voie vers la croissance, la régulation des marchés financiers et la proximité avec les européens.

Les pays qui réussissent bénéficient certes de conditions économiques meilleures ou d’une dynamique de rattrapage. Ils se caractérisent surtout par la confiance de leur population et par un consensus autour du vivre-ensemble moins fragilisé. Cette dynamique, c’est ce qu’il nous faut retrouver ; ce consensus, c’est celui qu’il nous faut refonder.

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