L’Europe est un combat

L’Europe est un combat

CC MPD01605

Quelques mots, après deux réunions importantes, que je n’hésite pas à qualifier d’historiques, des ministres de l’économie et des finances européens : dans la nuit d’hier, le Conseil Ecofin – qui regroupe les 27 ministres de l’Union européenne – a adopté un mécanisme de supervision bancaire intégré, première pierre vers une Union bancaire achevée, hier matin l’Eurogroupe – où siègent les 17 ministres de la zone euro – a décidé de débourser une aide de 52,3 milliards d’euros pour financer le programme en faveur de la Grèce. Ces résultats sont le fruit d’un long et délicat processus, dont je veux vous parler.

Je sais à quel point l’euro est une chance pour les pays qui l’ont en partage, mais aussi qu’il s’agit d’une construction inachevée.

Je connais bien l’Europe, ses arcanes, ses difficultés et ses mérites. Par conviction d’abord, par les hasards de l’existence aussi, j’y ai consacré l’essentiel de ma vie publique. J’ai été dans le passé, par deux fois député européen, vice-Président du Parlement européen, ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, membre de la Convention européenne qui a écrit le projet de constitution européenne bloqué par le peuple français en 2005. Dans toutes ces fonctions, j’ai pu vérifier à la fois à quel point l’union fait la force, la chance unique qu’a notre continent de disposer d’une forme d’intégration politique et économique qui lui assure la stabilité, le prix et la démocratie, et expérimenter l’extraordinaire complexité, la lenteur, la lourdeur de nos processus de décision. Je sais à quel point l’euro, qui nous conduit à rapprocher encore nos économies et nous protège, est une chance pour les pays qui l’ont en partage, mais aussi qu’il s’agit d’une construction inachevée. Après 10 ans dans l’opposition, j’ai retrouvé les instances européennes, en siégeant désormais parmi les « grands argentiers » européens, qui ont la lourde tâche, aux côtés des Chefs d’Etat et de Gouvernement, de tirer l’Europe et la zone euro de l’ornière dans laquelle elles se trouvent.

Continuer la lecture

« Un tournant, non, une nouvelle phase, oui » – Mon interview dans L’Express

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview parue dans L’Express ce mercredi 28 novembre.

Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne.

Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, dit de la politique économique de François Hollande : tout était écrit, mais, comme dans les contrats d’assurance, les choses désagréables l’étaient en petit. Approuvez-vous?

La formulation de Jean-Louis, qui est un ami, est amusante, mais laisse penser qu’il y aurait eu une dissimulation light de notre part, ce qui n’est pas vrai. Notre politique est dans la droite ligne de nos engagements de campagne. J’en prendrai deux exemples. D’abord, le choix du sérieux budgétaire. A aucun moment, ni en 2011 ni en 2012, François Hollande ne s’en est écarté. C’est sur ce mandat qu’il a gagné la primaire, puis la présidentielle. Ensuite, le pacte productif. C’était le premier chapitre de son projet présidentiel, la création d’une banque publique d’investissement étant la mesure no 1. Le pacte de compétitivité reprend à la fois la lettre et l’esprit de ces engagements. Mais il est vrai que nous avons trouvé une situation plus dégradée que prévu, et que nous avons dû réagir plus fort et mettre notre démarche en œuvre à un rythme soutenu.

Vous avez tout de même parlé d’une « révolution copernicienne » : qu’est-ce à dire?

La révolution copernicienne, ce n’est pas un reniement, ce n’est pas un virage, ce n’est pas un tournant par rapport à la campagne de François Hollande, mais un changement profond par rapport aux traditions des politiques économiques en France, y compris celles des socialistes. La gauche, ce n’est pas l’augmentation systématique de la dépense. Etre de gauche, ce n’est pas d’emblée redistribuer, mais c’est penser d’abord à produire. Nous sommes en train de sortir du vieux débat entre socialisme de la production et socialisme de la redistribution, en inventant une politique économique qui marche sur ses deux jambes. La demande, car le pouvoir d’achat et la consommation intérieure sont une composante majeure de la croissance française, mais aussi l’offre, sur laquelle nous mettons clairement l’accent. En affirmant le triptyque de notre politique économique – le sérieux budgétaire, l’engagement européen vers une intégration solidaire, la compétitivité -, ce gouvernement, avec son style, aura en six mois imprimé plus de changements que n’importe quel autre de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Nous avons une méthode, elle est sociale-démocrate, c’est celle du dialogue.

Continuer la lecture

« Notre révolution copernicienne » – Ma tribune dans « Libération »

Retrouvez ci-dessous ma tribune publiée dans le quotidien « Libération » daté du mardi 27 novembre :

Notre révolution copernicienne

Par Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances

Le dispositif gouvernemental pour la compétitivité, la croissance et l’emploi illustre à la fois cohérence stratégique, audace et ambition progressiste.

Avant même que le pacte pour la compétitivité ne révèle son contenu, les oracles avaient déjà livré leur verdict : le plan Gallois serait forcément «enterré» et les décisions réduites à l’état de «demi-mesures». La France poursuivrait son «déni» et resterait «l’homme malade de l’Europe». Aux antipodes d’un tableau aussi caricatural, le dispositif gouvernemental pour la compétitivité, la croissance et l’emploi illustre à la fois cohérence stratégique, audace et ambition progressiste.

Ce pacte, c’est d’abord la cohérence stratégique. Sérieux de gauche, intégration solidaire, pacte pour la compétitivité : tels sont les trois piliers de notre nouvelle approche qui, en six mois, a bouleversé le paysage économique. Oui, après dix ans d’errements qui avaient mis à mal la crédibilité de notre pays, il a d’abord fallu affirmer le sérieux budgétaire de gauche. Nous menons une action résolue pour nous désendetter et retrouver des marges de manœuvre dédiées à la construction d’une société revivifiée. Dès l’été, nous avons présenté un collectif budgétaire indispensable pour enrayer la dérive des finances publiques léguée par nos prédécesseurs. Puis nous avons élaboré un projet de loi de finances pour 2013 exigeant un effort d’une ampleur sans précédent : 30 milliards d’euros pour stopper, enfin, l’hémorragie de la dette. Nous l’avons fait dans la justice et en veillant à soulager le pouvoir d’achat des Français par des mesures ciblées : revalorisation du Smic, baisse du prix des carburants, encadrement des loyers, hausse de l’allocation de rentrée scolaire. Le changement est là.

Je suis persuadé que l’Europe reste notre avenir, et l’union politique l’horizon de sa refondation.

Continuer la lecture

Situation économique, compétitivité, croissance, Europe : Bourdin direct [BFM TV – RMC]

J’étais ce matin l’invité de Bourdin direct, sur BFM TV et RMC.

Situation économique en France et en Europe, compétitivité et croissance ont été les sujets au cœur de cette interview.

http://www.dailymotion.com/video/xuqdpv_bourdin-direct-pierre-moscovici_news