Mon interview d’aujourd’hui dans Nice matin

Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview dans Nice matin parue aujourd’hui :

Après l’intervention télévisée de François Hollande, vous êtes plutôt convaincu ou plutôt rassuré ?

Le président de la République a délivré, hier, un discours de vérité, de redressement et d’entraînement. François Hollande s’est montré mobilisé, engagé et déterminé pour impulser la création d’emploi et pour mener la bataille économique.

Il était très attendu…

Jeudi soir, le chef de l’État a réaffirmé le cap de la croissance pour réduire le chômage. François Hollande sait que la situation est difficile et que les réformes sont nécessaires. Il sait qu’elles prendront du temps pour produire tous leurs effets. Mais il y a une conviction, une volonté et un chemin. Sa méthode n’a pas changé. Il veut rassembler pour entraîner.

A-t-il dit toute la vérité aux Français ?

Bien sûr ! Le président a dit toute la vérité sur la crise, dont nous n’ignorions pas la profondeur. Il a dit également toute la vérité sur la situation économique, qui s’est dégradée ces dernières années avec des déficits accumulés par l’ancienne majorité, une dette à la hausse, un chômage en nette augmentation, une compétitivité à redresser et une désindustrialisation préoccupante.

Ça, c’est le passé. Et la vérité sur ses intentions ?

François Hollande a été clair sur la politique que nous menons. Une politique de redressement des comptes publics et de l’appareil productif, une politique de redressement dans la justice sociale. Car la justice est la valeur qui nous anime. Enfin, le chef de l’État n’a pas caché les difficultés auxquelles nous devons faire face, en insistant sur nos perspectives : l’inversion de la courbe du chômage durant le cours de l’année 2013 et le retour ensuite à la croissance en 2014. Avec l’espoir pour les Français de voir ce redressement les concerner tous.

Les Français attendaient des mesures très concrètes pour leur pouvoir d’achat. Il n’a rien annoncé…

Les mesures existent, et elles sont nombreuses. Le président a parlé d’une boîte à outils. Il s’agit d’aller chercher dans le moteur de l’économie française comment réparer les pièces défectueuses, comment débrider les énergies. Déjà, prenez le crédit d’impôt compétitivité emploi, c’est un vrai plus pour toutes les entreprises qui investissent et embauchent. Il faut savoir que cela représente cette année une baisse de la masse salariale de 4 %. C’est considérable. Je pense bien sûr à la Banque publique d’investissement. C’est la banque des territoires, des régions, des PME. Elle va jouer un rôle fondamental dans la relance de la croissance.

A quoi servira vraiment le choc de simplification administrative annoncé par François Hollande ?

Notre volonté est simple et forte : mettre l’entreprise au cœur de notre politique économique. Car c’est elle qui crée la richesse et les emplois. Le choc de simplification annoncé hier est tout à fait décisif. Les chefs d’entreprise savent qu’il y a aujourd’hui trop de normes, trop de règles, trop d’informations à fournir, et tout cela fait perdre du temps et de l’énergie. Le président de la République veut à la fois déverrouiller et accélérer.

ça veut dire quoi ?

Déverrouiller la croissance française et lui permettre de progresser dans des conditions optimales. Accélérer, c’est éviter toute forme de rigidité qui empêche celui qui veut entreprendre de le faire.

François Hollande a cajolé les entrepreneurs. C’est un changement de ton…

C’est l’entreprise France qu’il faut aider. Il y a les salariés, les employeurs et tous ceux qui veulent et doivent retrouver du travail. Tout passe par l’entreprise. Le chef de l’État leur a adressé un message de confiance.

La taxe à 75 % sera désormais payée par les entreprises. C’est une bonne idée ?

De quoi s’agit-il ? Cette taxe à 75 % a été présentée pendant la présidentielle comme une mesure exceptionnelle, pour deux ans, dans une situation exceptionnelle, la crise que nous traversons, pour ceux qui ont des revenus exceptionnels. Le Conseil constitutionnel puis le Conseil d’État ont montré les obstacles juridiques. Dont acte. Passer par l’imposition des revenus dans ce contexte aboutirait à des résultats trop limités. Ce qui est envisagé, c’est de passer par les entreprises. Toujours pour une durée de deux ans. Cette mesure ne touchera pas les 99 % des entreprises qui ne versent pas des salaires supérieurs à un million d’euros.

Pour lire la suite de cet entretien, vous pouvez cliquer sur le lien suivant : www.nicematin.com/france/moscovici-il-n%E2%80%99y-aura-pas-d%E2%80%99impots-supplementaires.1195420.html

L’indignité

L’indignité

J’ai envie de pousser aujourd’hui un « coup de gueule » contre l’opposition – contre l’UMP et ses pseudo-ténors plus précisément.

Il n’y a qu’une attitude qui soit à la hauteur des responsabilités que nous ont confiées les Français : travailler sans relâche au redressement du pays, pour retrouver des perspectives de croissance et d’emploi.

La France et les Français traversent une période difficile. La croissance a été nulle en 2011, elle sera encore très faible en 2013, même si j’espère que la prévision de la Commission – 0,1% – sera in fine dépassée. Le chômage ne cesse d’augmenter – nous en sommes au 21ème mois consécutif de hausse, et chacun sait que les prochains chiffres ne pourront pas être bons. Dans cette situation, il n’y a qu’une attitude qui soit à la hauteur des responsabilités que nous ont confiées les Français : travailler sans relâche au redressement du pays, pour retrouver des perspectives de croissance et d’emploi. C’est ce que fait le Gouvernement, autour du Président de la République, à travers une politique économique et sociale que j’ai déjà eu l’occasion de dépeindre comme une véritable « révolution copernicienne » : consolidation de la zone euro, réduction des déficits, soutien à la compétitivité, réformes structurelles, à commencer par celle du marché du travail.

Notre action au service des Français est à la fois essentielle et terriblement ardue : nous l’assumons.

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Mon interview dans Les Echos : « 75%, Livret A, budget : Moscovici dévoile ses choix »

Retrouvez ci-dessous mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos.


La sanction de la taxe à 75 % était-elle due à une erreur grossière ?

Non, il n’y a eu aucun machiavélisme consistant à introduire des mesures si grossières qu’elles ne pouvaient qu’être censurées ! Cela aurait été du masochisme. Nous n’avons pas non plus fait preuve de l’« amateurisme confondant » dont la droite nous accuse. Nos analyses juridiques montraient que le texte pouvait être validé. Je ne conteste pas la décision du Conseil, le juge constitutionnel dit le droit et il faut en tenir compte. Mais une autre lecture était possible. Le Conseil d’Etat ne nous avait d’ailleurs pas particulièrement mis en garde. Au-delà de cet épisode, la loi de Finances a été globalement validée. La décision du Conseil n’entrave pas notre stratégie économique, à l’instar du crédit d’impôt compétitivité, qui est conforté.

Nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil.

Un taux de taxation de 75 % est-il toujours possible ?

Le président de la République s’est exprimé à l’occasion de ses vœux aux Français. Nous réaménagerons cette contribution pour faire en sorte qu’il y ait bien un effort exceptionnel consenti par les plus riches, et nous n’allons pas abandonner l’esprit de la taxe. Je ne suis pas en mesure, aujourd’hui, à la lecture de la décision du Conseil, de dire si un taux de 75 % serait confiscatoire ou pas. Mais une chose est sûre, nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil et nous tiendrons compte de l’ensemble des paramètres et principes qu’il a fixés. Il n’est pas question de s’exposer à une nouvelle censure.

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Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

Gouverner (1/3) : la conquête du pouvoir

La fin d’année approche, et c’est toujours un moment privilégié pour retrouver les siens, reprendre des forces, former des résolutions pour les temps qui viennent, se retourner aussi sur l’année écoulée pour en tirer des leçons. 2012 aura été pour le pays, pour la gauche, pour les hommes et les femmes désormais en charge du gouvernement de la France, un cru particulier. Au moment où cette année s’achève, je veux partager quelques analyses avec vous, en distinguant, comme le faisait jadis mon cher Léon Blum, la conquête du pouvoir et son exercice.

François Hollande était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

Je reviens, tout d’abord, sur le temps qui a précédé le 6 mai, jour de l’élection présidentielle. Ce fut celui de la campagne, de cette bataille rude, tendue, que nous avons conduite avec la conviction qu’après tant d’années dans l’opposition, après tant de défaites dans la confrontation suprême, nous avions le devoir de tout faire, de donner le meilleur de nous-mêmes pour que les Français fassent confiance, après François Mitterrand, à un deuxième Président socialiste. Cette élection n’était pas gagnée d’avance. Certes, le sortant était affaibli par un bilan pauvre et par le rejet d’une politique erratique et souvent brutale. Pour autant, la France n’est pas structurellement à gauche – le premier tour l’a montré – et Nicolas Sarkozy, malgré sa lassitude et ses hésitations, voire les contradictions de son camp, n’était pas un adversaire facile. J’ai vécu cette campagne au premier rang, puisque je l’ai dirigée aux côtés de François Hollande. Elle fut, je crois pouvoir le dire, exemplaire – avec une équipe légère et cohérente, alimentée par un vivier d’experts nombreux et compétents, un rassemblement de tout le Parti socialiste derrière son candidat, une réactivité constante, une organisation et une mobilisation réussie. Le mérite en revient d’abord au candidat lui-même – combattant pugnace, orateur talentueux, travailleur inlassable et concentré – qu’une vie politique entière avait préparé à cette rencontre avec les Français. L’esprit de courtisanerie ne m’a jamais caractérisé, je garde ma liberté de pensée, mais je répète ce que j’ai déjà dit à l’époque : François Hollande, que je connais depuis 30 ans maintenant, m’a impressionné tout au long de ces mois, il était le candidat qu’il fallait, au moment qu’il fallait, pour emporter cette élection décisive et difficile.

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Invité du Grand Journal sur BFM Business

J’étais hier l’invité du Grand Journal sur BFM Business, présenté par Hedwige Chevrillon.

Retrouvez ci-dessous les différentes séquences de cette émission :

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

Partie 4 :

Questions au Gouvernement – Pierre Moscovici répond à Hervé Mariton

Lors de la séance de questions au Gouvernement de l’Assemblée nationale, Pierre Moscovici a répondu mercredi 3 octobre 2012 à la question d’Hervé Mariton, député UMP, sur le PLF 2013.

Questions au Gouvernement – Pierre Moscovici répond à Christian Eckert

Lors de la séance de questions au Gouvernement de l’Assemblée nationale, Pierre Moscovici a répondu mardi 2 octobre 2012 à la question de Christian Eckert, député SRC, sur l’architecture globale du PLF 2013.