Mon interview vidéo hier lors du Salon des Entrepreneurs à Paris par Les Echos, BFM Business et L’Entreprise

Hier au Salon des Entrepreneurs à Paris, j’ai exposé ma vision du rôle des entreprises et des entrepreneurs dans la croissance de notre pays, dans une interview pour Les Echos, BFM Business et L’entreprise. J’en suis convaincu, Bercy doit être la maison des entreprises, partenaire attentif de leurs évolutions et force de proposition pour répondre à leurs besoins en matière de financement, de développement, et de simplification.

Pour plus de détails, je vous invite à visionner la vidéo ci-dessous :


P. Moscovici : « Je conçois Bercy comme la… par lesechos

« Taxe sur les transactions financières : c’est maintenant » : tribune parue dans Les Echos

Je vous invite à lire ci-dessous la tribune co-écrite avec Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, parue dans Les Echos.

Taxe sur les transactions financières : c’est maintenant

PIERRE MOSCOVICI et PASCAL CANFIN

La mise en oeuvre rapide de la taxe sur les transactions financières (TTF) est une de nos priorités pour 2014.

La mise en oeuvre rapide de la taxe sur les transactions financières (TTF) est une de nos priorités pour 2014. Avec l’Allemagne, la France a oeuvré avec détermination depuis mai 2012 pour qu’une coopération renforcée voie le jour sur ce sujet où l’unanimité des Européens paraissait impossible à réunir. L’enjeu est majeur.

La France et l’Allemagne se sont accordées pour obtenir rapidement un compromis sur un dispositif de taxation des transactions financières.

A l’occasion du conseil économique et financier franco-allemand qui s’est tenu à Paris le 27 janvier, la France et l’Allemagne se sont accordées pour dire qu’elles feront des propositions communes en vue d’obtenir rapidement un compromis sur un dispositif de taxation des transactions financières avec l’ensemble de nos partenaires de la coopération renforcée.

La TTF doit en effet contribuer à la fois à la régulation financière, au redressement des finances publiques et à la solidarité internationale.

Cette taxe permettra d’abord de mettre à contribution des acteurs financiers qui ont bénéficié de la déréglementation financière dans l’espace européen. Elle introduira un « grain de sable » dans les transactions les moins utiles à l’économie réelle.

En matière de solidarité internationale, ces ressources additionnelles pourraient financer la lutte contre les grandes pandémies comme le sida ou le paludisme et la lutte contre le changement climatique. La mise en place d’une TTF européenne pourrait même – c’est notre conviction – être l’une des clefs pour réussir l’accord international sur le climat à Paris en décembre 2015, qui ne pourra se dénouer sans financement public additionnel pour les pays les plus vulnérables. L’Europe contribuerait ainsi à un monde plus stable, plus juste et plus soutenable.

La France a été le premier pays au monde à affecter au développement une partie des recettes de sa taxe sur les transactions financières (TTF).

La France a d’ailleurs été le premier pays au monde à affecter au développement une partie des recettes de sa taxe sur les transactions financières (TTF). Ainsi ce sont 10 % en 2013, puis 15 % en 2014 des recettes de la TTF qui permettront de financer des projets au Sud en matière de santé et de préservation de l’environnement et du climat.

Aujourd’hui, il est essentiel de prolonger cet élan en concrétisant une taxe sur les transactions financières au niveau européen.

Aujourd’hui, il est essentiel de prolonger cet élan en concrétisant une taxe sur les transactions financières au niveau européen. Nous avançons maintenant de façon rapide avec nos partenaires, notamment le nouveau gouvernement allemand, pour mettre en place, dans les prochains mois, une taxe robuste, limitant les possibilités de contournement et le risque de délocalisation des activités financières hors d’Europe continentale, ce qui n’entraînerait aucun gain pour la stabilité de l’économie. Le nouveau contrat de coalition entre la CDU-CSU et le SPD affirme la volonté du nouveau gouvernement allemand d’aboutir à un accord sur une taxe ambitieuse dont l’assiette aille au-delà des actions et inclue certains produits financiers, notamment dérivés, propices à la spéculation. Cette ambition, nous la partageons.

Nous travaillons aujourd’hui avec les dix autres Etats européens engagés dans la coopération renforcée. Le chemin est étroit, bien sûr, car il nous faut prendre en compte les aspirations diverses des Etats participant à la coopération renforcée – chacun ayant aussi des intérêts à défendre – mais notre volonté politique est claire.

Après plus d’une décennie de mobilisation de la société civile pour défendre le bien-fondé d’une taxe sur les transactions financières, nous sommes maintenant au moment de la décision politique.

Les élections européennes auront lieu en mai 2014. Après la victoire contre le dumping social obtenue par la France avec la révision de la directive sur les travailleurs détachés, nous pouvons continuer à montrer avec la TTF toute la valeur ajoutée de l’Europe et d’un gouvernement de gauche actif à faire bouger les lignes dans l’Union européenne. Après plus d’une décennie de mobilisation de la société civile pour défendre le bien-fondé d’une taxe sur les transactions financières, nous sommes maintenant au moment de la décision politique. La France sera au rendez-vous.

Mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos

 Conférence économique Afrique-France aujourd’hui à Bercy

La croissance de l’Afrique et celle de la France sont indissociablement liées : cette conviction, je l’ai détaillée dans l’interview publiée aujourd’hui dans le quotidien Les Echos. Cet entretien s’inscrit dans la journée de conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France que j’ai accueillie aujourd’hui à Bercy.

 

Pierre Moscovici : « Nous voulons doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique d’ici à cinq ans »

 

Le déclin des positions économiques françaises en Afrique est-il inéluctable ?

Nos parts de marché se sont réduites mais la France conserve une position très forte en Afrique. Nous devons refonder notre relation avec ce continent pour prendre en compte une nouvelle réalité : l’Afrique est en pleine émergence économique.

Nos parts de marché se sont réduites mais la France conserve une position très forte en Afrique. Nous devons refonder notre relation avec ce continent pour prendre en compte une nouvelle réalité : l’Afrique est en pleine émergence économique. C’est la deuxième destination citée par les investisseurs après l’Asie. Voilà une opportunité formidable pour notre pays, qui dispose d’atouts essentiels : 85 % des francophones dans le monde seront africains d’ici à 2050 et la France accueille encore aujourd’hui trois fois plus d’étudiants africains que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Je crois aussi que les Africains sont sensibles au courage de la France, quand le président de la République décide d’intervenir au Mali ou en République centrafricaine.

Quel est votre objectif ?

Nous voulons, avec Nicole Bricq, doubler nos échanges commerciaux d’ici à cinq ans. Ce qui pourrait permettre tout simplement la création de 200.000 emplois en France !

Nous voulons, avec Nicole Bricq, doubler nos échanges commerciaux d’ici à cinq ans. Ce qui pourrait permettre tout simplement la création de 200.000 emplois en France ! Chaque année, l’Afrique contribue déjà pour 0,1 point à la croissance de l’économie française et on peut faire beaucoup mieux encore. Pour cela, il nous faut passer d’une logique de rente, de stock, marquée par des positions acquises, parfois exclusives, à une logique de projets, une logique de flux. D’où l’organisation de ce sommet pas comme les autres, qui répond à un triple objectif : la paix et la sécurité, le climat, l’économie.

 

Les Africains ont le choix de leurs partenaires, ­comment leur faire privilégier la France ?

Nous devons être à l’offensive comme nos concurrents, pas en retrait. La frilosité est absurde. La croissance de l’Afrique et la croissance de la France sont indissociablement liées.

Mon entretien paru aujourd’hui dans Les Echos et mes précisions en vidéos

J’ai tenu à apporter des explications sur nos réformes et sur notre cap dans un long entretien paru aujourd’hui dans le quotidien Les Echos.

Financement de l’économie, compétitivité, fiscalité de l’épargne et des entreprises, contrats « euro-croissance » : autant de sujets sur lesquels je m’exprime dans cette interview par Dominique Seux, Marie Bellan, Edouard Lederer, Etienne Lefebvre et Hélène Dupuy, à lire ci-dessous.

 

Les Echos : Ecotaxe poids lourds, fiscalité des produits de l’épargne, taxe à 75 % : un an après le lancement du plan compétitivité et les allégements de prélèvements l’accompagnant, le climat reste marqué par le ras-le-bol fiscal. Comment comptez-vous en sortir ?

Nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015.

L’inflexion souhaitée par le président de la République est déjà largement engagée. Rappelons d’où nous venons. La France n’avait pas fait, depuis dix ans, les réformes nécessaires pour muscler sa compétitivité et pour redresser ses finances publiques. Pour ce faire, nous avons dû, dès le budget 2013, réaliser un gigantesque effort budgétaire, de 1,7 point de PIB. En raison de l’urgence, et pour limiter les effets régressifs sur la croissance, les deux tiers de cet effort ont reposé sur les prélèvements, qui avaient été massivement augmentés par la droite. Continuer ainsi aurait été inefficace économiquement et insupportable socialement. Voilà pourquoi nous avons lancé le Pacte pour la compétitivité et l’emploi, et nous sommes engagés dans la voie de la stabilisation des prélèvements obligatoires : 80 % de l’effort budgétaire en 2014 portent sur des économies, et ce sera 100 % en 2015. Les appels compréhensibles à la modération fiscale ont donc été entendus. Mais attention à ne pas délégitimer l’impôt, qui est à la racine de notre modèle social et républicain.

Vous n’avez pas apprécié de recevoir un carton jaune du Medef…

La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi.

Je croyais qu’au football on recevait un carton jaune quand on commettait une faute grave. Là, que nous ont reproché le Medef et la CGPME ? D’avoir consenti à retirer une mesure intelligente, mais qui n’était pas totalement mûre – la taxe sur l’excédent brut d’exploitation – pour la remplacer par une solution qui avait leur préférence… Ce n’est pas très sport ! Et surtout, ce n’est pas la bonne démarche. La France est sortie de la récession, tout doit maintenant être fait pour retrouver le chemin de l’expansion, toute notre action tend vers la croissance et l’emploi. Ma conviction profonde, c’est que nous y parviendrons à la fois grâce à un soutien déterminé au pouvoir d’achat et par un compromis historique avec les entreprises de ce pays, en leur assurant les meilleures conditions pour investir, sur le plan fiscal comme dans le financement de l’économie. Mais pour y parvenir, il faut sortir de la surenchère et des caricatures, qui appauvrissent le débat et compliquent le dialogue. Je suis dans une démarche sincère. J’attends la même sincérité en retour.

Etes-vous prêt à vous engager à ce que les Assises de la fiscalité des entreprises aboutissent à une baisse des prélèvements, comme le réclame le président de l’Afep, Pierre Pringuet ?

Je respecte Pierre Pringuet, qui est un partenaire fiable. Mais on ne peut pas poser de tels préalables avant des assises dont l’objectif doit être de construire une fiscalité des entreprises qui soit économiquement plus pertinente. Chacun doit, en outre, être conscient de nos marges de manœuvre. Je ne peux laisser dire que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne ferait pas d’économies ou augmenterait les prélèvements de 25 milliards l’an prochain. C’est faux, c’est même exactement l’inverse que nous faisons ! Il y aura bel et bien 15 milliards d’économies en 2014 et le taux de prélèvements obligatoires sera presque stabilisé. C’est sans précédent.

Vous avez abandonné ce week-end la taxation rétroactive des PEA et des PEL. Pourquoi pas l’assurance-vie ?

Savoir écouter les inquiétudes et décider en pensant à la situation des épargnants les plus modestes est une vertu.

Mon entretien publié aujourd’hui dans Les Echos

J’ai été interviewé par le quotidien Les Echos, interview au cours de laquelle je me suis exprimé sur la rémunération des dirigeants d’entreprise, sur le financement, l’épargne, et la simplification  en faveur des entreprises.

Retrouvez ci-dessous cette interview et un extrait vidéo :

 

Des voix se sont élevées au PS pour considérer que 7 ministres à Bercy, c’est trop et qu’il manque « un patron ». Pensez-vous pouvoir être ce patron ?

La question de la structure de Bercy est sans doute importante pour l’efficacité de l’action, mais je ne la crois pas déterminante pour les Français. Pour le dire franchement, j’ai le sentiment qu’on en a un peu trop parlé dans le microcosme et que les choses ont été présentées de manière un peu biaisée.

Je fais en sorte que l’action du ministère soit utile aux Français. Je me sens tout simplement à ma place !

Les missions du ministre de l’Economie et des Finances ont beaucoup évolué avec l’euro et dans la crise. En particulier, l’Eurogroupe et le G20 sont montés en puissance et je consacre un temps important à l’international. Je ne m’attache donc pas à savoir qui est le « patron », mais à faire en sorte que l’action du ministère soit utile aux Français. Je me sens tout simplement à ma place !

Le président de la République a répondu de manière très claire, et pointé le seul sujet essentiel : être tous sur la même ligne. Nous ne sommes pas des clones, nous avons des complémentarités intéressantes, à condition de les mettre au service d’une même orientation. Je veillerai donc, dans mon rôle, à ce qu’il y ait à Bercy une unité dans la conduite, sous l’autorité du Premier ministre, de la politique économique définie par le président. Sur ma proposition, les sept directeurs de cabinet du pôle Bercy vont se rencontrer ce vendredi, et cette réunion est appelée à être régulière pour améliorer notre coordination.

Le chef de l’Etat a salué vos résultats à l’international. Il est resté silencieux sur votre action nationale…

Le ministère des Finances a énormément travaillé depuis un an, sous mon impulsion, et pris de nombreuses décisions, très importantes.

Je lui suis reconnaissant d’avoir souligné le travail accompli. Le ministère des Finances a énormément travaillé depuis un an, sous mon impulsion, et pris de nombreuses décisions, très importantes : dans le désordre, je citerai la réduction des déficits, la réforme bancaire, la BPI, le financement des collectivités locales, le Pacte de compétitivité, les solutions trouvées pour Dexia, PSA finance, STX, la baisse du prix des carburants, la solution de la crise de l’euro et l’ouverture d’une nouvelle phase dans la construction européenne, les avancées dans la lutte contre la fraude fiscale et le secret bancaire…

Mais nous pouvons faire mieux, bien sûr : nous le devons ! J’ai assez d’expérience et de lucidité pour faire l’inventaire de ce qui a bien fonctionné ou a été moins convaincant, et pour en tirer les leçons. Pendant l’an I du quinquennat, nous avons posé les fondations du redressement. Pour l’an II, je souhaite que mon ministère soit un acteur essentiel du changement, qu’il soit davantage encore tourné vers les Français et le soutien aux entreprises, bref qu’il soit à l’offensive. Je veux aussi faire un peu moins de macroéconomie et plus de microéconomie, si l’on peut dire ! Je libérerai davantage de temps pour le terrain, l’explication, les relations avec les entreprises.

Les entreprises sont au cœur de notre politique économique : nous voulons les aider à créer de la richesse et des emplois, à investir et à embaucher.

Comment va se matérialiser cet appui aux entreprises ?

Les entreprises sont au cœur de notre politique économique : nous voulons les aider à créer de la richesse et des emplois, à investir et à embaucher. Il faut d’abord que les dispositifs lancés fonctionnent à plein régime. La mise en place du crédit d’impôt compétitivité, qui est très bien parti contrairement à ce que prétend François Fillon, doit s’accélérer. Les banques commerciales vont se mettre en ordre de bataille pour contribuer à son préfinancement, pour l’instant essentiellement proposé par la BPI.

Je signe vendredi avec la Fédération bancaire française, le Medef, la CGPME et les experts comptables une charte pour que chacun se mobilise. Les banques s’engagent à faire la promotion du préfinancement du CICE, à des conditions suffisamment attractives, pendant tout le quinquennat.

Notre objectif de préfinancement de 2 milliards d’euros dès 2013 sera atteint. Et j’insiste auprès des entreprises : il n’y a pas de risque accru de contrôle fiscal, contrairement à ce que j’entends ici ou là ! J’ai donné des instructions très nettes à cet effet : le bénéfice d’un crédit d’impôt ne saurait constituer un axe de contrôle.

Nous poursuivons nos réflexions sur la fiscalité de l’épargne financière, et notamment de l’assurance-vie.

Comptez-vous proposer des mesures de financement ?

Nous allons diversifier le financement des PME et des ETI dès 2014, avec le lancement du PEA/PME, dont les plafonds seront relevés jusqu’à 225.000 euros. Nous aborderons ce point avec les banques, afin qu’elles promeuvent bien ce produit dans leurs réseaux. Nous allons ensuite mobiliser l’argent des assureurs. Notre pays ne manque pas d’épargne, et il y a de gros besoins de financement des entreprises, en dette et en capital. Le code des assurances sera réformé en juin par décret pour permettre aux assureurs de financer massivement les entreprises. Ceci devrait permettre de dégager 90 milliards d’euros de prêts.

En parallèle, nous poursuivons nos réflexions sur la fiscalité de l’épargne financière, et notamment de l’assurance-vie.

Pour lire la suite de cette interview et retrouver d’autres extraits vidéo, vous pouvez suivre ce lien : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202781775010-pierre-moscovici-je-veillerai-a-ce-qu-il-y-ait-une-unite-a-bercy-568874.php

« Mon plan pour réduire les délais de paiement » : tribune publiée dans Les Echos

Mon plan pour réduire les délais de paiement

Retrouvez ci-dessous ma tribune parue aujourd’hui dans le quotidien Les Echos au sujet des délais de paiement.

J’ai été récemment interpellé dans ces colonnes à propos des délais de paiement (« Les Echos » du 27 février) : « Encore un effort, Monsieur Moscovici », me disait-on. Je veux dire en quoi le plan que j’ai annoncé au Salon des Entrepreneurs est une réponse forte et cohérente à la question soulevée.

Derrière les délais de paiement se cache un enjeu macroéconomique, tellement important que le Premier ministre l’a mis au troisième rang des décisions du pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi.

Pourquoi, d’abord, s’intéresser à ce qui peut apparaître comme un simple sujet de relations commerciales ? Parce que derrière les délais de paiement se cache un enjeu macroéconomique, tellement important que le Premier ministre l’a mis au troisième rang des décisions du pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi. On oublie trop souvent qu’à court terme les banques des entreprises… ce sont surtout les entreprises elles-mêmes. Comme le précise le rapport de Jean-Michel Charpin, que j’ai récemment rendu public, les délais de paiement que s’octroient les entreprises entre elles sont à l’origine d’un crédit implicite de court terme qui représentait en 2012 plus de 600 milliards d’euros, soit… 30 % du PIB.

J’ai proposé, il y a trois semaines, un plan de renforcement de la trésorerie des entreprises.

« Maîtriser la finance, financer l’économie » : ma tribune parue aujourd’hui dans Les Echos sur la réforme bancaire

Cette tribune est à retrouver dans le quotidien Les Echos ou sur son site internet.

Maîtriser la finance, financer l’économie

Avec ce texte précurseur, la France s’attaque aux racines de la crise financière.

Le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires est actuellement examiné au Parlement. La promesse de François Hollande de « séparer les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs activités spéculatives » se matérialise. Avec ce texte précurseur, la France s’attaque aux racines de la crise financière. S’il est vrai que les causes profondes de nos difficultés économiques sont d’abord à chercher du côté d’un endettement excessif, ce sont bien les dérives de la finance qui ont servi d’allumette dans la poudrière. Plus précisément, la cupidité d’un système financier attaché à la recherche effrénée du profit, le sentiment d’impunité et les défaillances de la régulation ont ouvert des brèches dans lesquelles certains se sont empressés de s’engouffrer.

Tirer les leçons de la crise implique donc de rompre avec la « garantie implicite » que l’Etat accorde au secteur bancaire. L’Histoire montre en effet que – quels que soient les torts des banques – les pouvoirs publics sont forcés de voler à leur secours en cas de difficulté pour protéger les dépôts ou éviter des faillites en chaîne.

Amorale, puisqu’elle conduit à socialiser les pertes quand les profits sont quant à eux privatisés, cette garantie implicite nourrit également la spéculation. C’est bien parce qu’ils savent qu’ils ont la quasi-certitude de récupérer in fine leur mise via les deniers publics que certains acteurs financiers prennent impunément des risques excessifs et parient en quelque sorte avec l’argent du contribuable.

Cette réforme cantonne les activités spéculatives menées pour compte propre par les banques dans une filiale strictement isolée.

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Mon interview dans Les Echos : « 75%, Livret A, budget : Moscovici dévoile ses choix »

Retrouvez ci-dessous mon interview parue aujourd’hui dans Les Echos.


La sanction de la taxe à 75 % était-elle due à une erreur grossière ?

Non, il n’y a eu aucun machiavélisme consistant à introduire des mesures si grossières qu’elles ne pouvaient qu’être censurées ! Cela aurait été du masochisme. Nous n’avons pas non plus fait preuve de l’« amateurisme confondant » dont la droite nous accuse. Nos analyses juridiques montraient que le texte pouvait être validé. Je ne conteste pas la décision du Conseil, le juge constitutionnel dit le droit et il faut en tenir compte. Mais une autre lecture était possible. Le Conseil d’Etat ne nous avait d’ailleurs pas particulièrement mis en garde. Au-delà de cet épisode, la loi de Finances a été globalement validée. La décision du Conseil n’entrave pas notre stratégie économique, à l’instar du crédit d’impôt compétitivité, qui est conforté.

Nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil.

Un taux de taxation de 75 % est-il toujours possible ?

Le président de la République s’est exprimé à l’occasion de ses vœux aux Français. Nous réaménagerons cette contribution pour faire en sorte qu’il y ait bien un effort exceptionnel consenti par les plus riches, et nous n’allons pas abandonner l’esprit de la taxe. Je ne suis pas en mesure, aujourd’hui, à la lecture de la décision du Conseil, de dire si un taux de 75 % serait confiscatoire ou pas. Mais une chose est sûre, nous calibrerons la contribution pour qu’elle soit compatible avec la décision du Conseil et nous tiendrons compte de l’ensemble des paramètres et principes qu’il a fixés. Il n’est pas question de s’exposer à une nouvelle censure.

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